mardi 7 mai 2024
| Juridiction | cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02191 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BILLEBEAU - MARINACCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société Dalkia a demandé devant le tribunal administratif de Nîmes, la condamnation du centre hospitalier Alès-Cévennes à lui verser au titre de l'exécution du marché attribué par le centre hospitalier, le 29 juin 2017 , ayant pour objet l'exploitation des installations thermiques, climatiques, de ventilation, de traitement d'eau, des chambres froides, des groupes électrogènes, de la piscine de rééducation et de maintenance multiservices de ses différents sites, la somme totale de 193 707,20 euros, et de condamner le centre hospitalier Alès-Cévennes à lui verser le complément des intérêts moratoires au titre des factures non réglées et mises à sa charge . Par un jugement n° 2002346 du 29 juin 2023, le tribunal administratif de Nîmes a condamné le centre hospitalier Alès-Cévennes à verser à la société Dalkia la somme de 172 105,43 euros assortie des intérêts moratoires à compter du 4 avril 2020, ainsi que la somme de 104 764,98 euros au titre des intérêts moratoires dus sur les factures payées avec retard.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 28 août 2023 sous le n° 23TL02191, le centre hospitalier Alès-Cévennes, qui a fait appel de ce jugement par une requête enregistrée sous le n°23TL02190, demande à la cour sur le fondement de l'article R 811-15 du code de justice administrative, d'en ordonner le sursis à exécution et de mettre à la charge de la société Dalkia la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-les données financières du centre hospitalier pour l'année 2022, font apparaitre un résultat d'exploitation pour l'année 2022, de - 12, 4 millions d'euros, et un résultat d'exploitation cumulé de - 46, 53 millions d'euros, des charges financières et des charges de remboursement d'emprunt de 9, 7 millions d'euros, et des dettes d'investissement au 31 décembre 2022 de 104, 2 millions d'euros ; l'exécution provisoire du jugement de condamnation du tribunal administratif de Nîmes présente donc un impact très important sur le budget du centre hospitalier ; le centre hospitalier ne dispose d'aucune garantie de pouvoir obtenir la restitution des condamnations par la société Dalkia, une fois que le jugement de première instance sera annulé ;
-le jugement dont il est demandé le sursis à exécution est entaché d'irrégularité pour omission à statuer sur les moyens invoqués par le centre hospitalier dans son mémoire du 4 avril 2023 ; par ailleurs la demande présentée en première instance par la société Dalkia était irrecevable car tardive ; le jugement est également infondé, dès lors qu'il fait droit de façon injustifiée à la condamnation du centre hospitalier, au titre de certaines factures produites par la société Dalkia ; la condamnation du centre hospitalier au paiement d'intérêts moratoires, est également injustifiée .
Par un mémoire en défense enregistré le 1er décembre 2023, la société Dalkia, représentée par Me Marinacce, demande à la Cour de rejeter la requête du centre hospitalier Alès-Cévennes et de mettre à sa charge la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par le centre hospitalier Alès-Cévennes ne sont pas sérieux.
Par un courrier du 22 avril 2024, les parties ont été informées sur le fondement de l'article R 611-7 du code de justice administrative de ce que pourrait être relevée d'office l'irrecevabilité des conclusions à fins de sursis à exécution présentées sur le fondement de l'article R 811-15 du code de justice administrative compte tenu de ce que le jugement dont il est demandé le sursis à exécution ne procède pas à une annulation, mais à une condamnation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M.Pierre Bentolila pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par des actes d'engagement des 23 mars 2014 et 29 juin 2017, le centre hospitalier Alès-Cévennes a confié à la société Dalkia un marché ayant pour objet l'exploitation des installations thermiques, climatiques, de ventilation, de traitement d'eau, des chambres froides, des groupes électrogènes, de la piscine de rééducation et de maintenance multiservices de ses différents sites. La société Dalkia a demandé devant le tribunal administratif de Nîmes, la condamnation du centre hospitalier Alès-Cévennes à lui verser au titre de l'exécution du marché attribué par le centre hospitalier, le 29 juin 2017 , ayant pour objet l'exploitation des installations thermiques, climatiques, de ventilation, de traitement d'eau, des chambres froides, des groupes électrogènes, de la piscine de rééducation et de maintenance multiservices de ses différents sites, la somme totale de 193 707,20 euros, et de condamner le centre hospitalier Alès-Cévennes à lui verser le complément des intérêts moratoires au titre des factures non réglées et mises à sa charge .Le centre hospitalier Alès-Cévennes demande à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement n° 2002346 du 29 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a condamné le centre hospitalier Alès-Cévennes à verser à la société Dalkia la somme de 172 105,43 euros assortie des intérêts moratoires à compter du 4 avril 2020, ainsi que la somme de 104 764,98 euros à la société Dalkia au titre des intérêts moratoires dus sur les factures payées avec retard.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel ()".
3. Aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif ". Aux termes de l'article R. 811-15 de ce code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
4. Ainsi que les parties en ont été informées sur le fondement de l'article R 611-7 du code de justice administrative, par le courrier susvisé du 22 avril 2024 , la requête à fins de sursis à exécution présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R 811-15 du code de justice administrative par le centre hospitalier Alès-Cévennes est irrecevable compte tenu de ce que le jugement n° 2002346 du 29 juin 2023 du tribunal administratif de Nîmes dont il est demandé le sursis à exécution ne procède pas à une annulation, mais à une condamnation
5. Il résulte de ce qui précède que la requête du centre hospitalier Alès-Cévennes ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Dalkia, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier Alès-Cévennes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Alès-Cévennes une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Dalkia et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du centre hospitalier Alès-Cévennes est rejetée.
Article 2 : Le centre hospitalier Alès-Cévennes versera la somme de 1500 euros à la société Dalkia, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre hospitalier Alès-Cévennes et à la société Dalkia.
Fait à Toulouse, le 7 mai 2024.
Le président-assesseur de la 3ème chambre,
Pierre Bentolila
La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23TL02191
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026