mardi 7 mai 2024
| Juridiction | cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02349 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BARBOT - LAFITTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son renvoi.
Par un jugement n° 2104400 du 13 juillet 2022, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de Mme A.
Procédure devant la cour :
Par ordonnance n° 23BX02290 du 18 septembre 2023, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis la requête présentée par Mme A à la Cour de céans, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 18 août 2023, Mme A, représentée par Me Barbot-Lafitte, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 ;
3) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur de fait dès lors qu'elle est entrée en France en 2005, à Mayotte, et non en 2019 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle sollicite pour contester cette décision le bénéfice de l'ensemble des moyens précédemment développés ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la cour a désigné M. Haïli, président-assesseur, pour statuer dans les conditions fixées par l'article R. 222-1 du code de justice administrative par une décision du 4 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante comorienne née le 8 septembre 2000 à Mutsamudu Anjouan (Comores), est entrée sur le territoire métropolitain, en provenance de Mayotte, le 15 janvier 2019, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant " valable jusqu'au 8 avril 2019. Elle a bénéficié de titres de séjour portant la mention " étudiant " du 21 février 2019 au 20 novembre 2020. Elle a sollicité, le 3 novembre 2020, un changement de statut et son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination de son renvoi. Par la présente requête, l'intéressée interjette appel du jugement susvisé par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté préfectoral.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. Mme A reprend en appel, dans les mêmes termes et sans critique utile du jugement attaqué, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué, du défaut d'examen sérieux de sa situation et de l'erreur de fait, auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Par conséquent, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 2 à 4 du jugement attaqué.
4. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée sur le territoire métropolitain en janvier 2019 dans le cadre d'un visa " étudiant " puis a bénéficié d'un titre de séjour mention " étudiant ", qui lui a été accordé en vue de poursuivre des études et ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire national. Par ailleurs, il est constant que l'intéressée est célibataire et sans charge de famille. Si elle se prévaut, sans autre explication, de la présence en métropole de deux de ses frères, elle ne démontre pas plus devant la Cour entretenir de liens intenses, anciens et stables avec ces membres de sa famille présents en France métropolitaine. La circonstance, sans davantage de précision sur ses liens et leur situation, que ses parents et deux de ses frères et sœurs résident selon ses dires hors de métropole, en particulier à Mayotte, ne suffit pas pour regarder la décision litigieuse comme portant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France et en l'absence d'autres éléments circonstanciés et étayés, la décision en litige portant refus de titre de séjour n'a pas porté, eu égard aux buts qu'elle poursuit, une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc méconnu ni l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il ne résulte pas des circonstances de fait qui viennent d'être décrites que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Par ailleurs, il résulte de ce qui précède que l'appelante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire.
7. A l'appui de sa contestation de l'obligation de quitter le territoire français, l'appelante " entend solliciter le bénéfice de l'ensemble des moyens précédemment développés ". D'une part, la requérante ne peut utilement soulever le moyen tiré de la violation des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 et 5 du présent arrêt, en l'absence de tout élément particulier invoqué et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, lesdits moyens, en particulier ceux des moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, ne peuvent qu'être écartés.
8. Enfin, pour contester la décision fixant le délai de départ volontaire de trente jours, l'appelante ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, non applicables à la date de l'arrêté attaqué. En tout état de cause, en se bornant à faire état de ce qu'elle est inscrite pour l'année 2020-21 en licence d'AES à l'Université Capitole et qu'elle bénéficiait à ce titre d'un logement étudiant, Mme A n'établit pas l'existence de circonstances particulières impliquant pour le préfet de lui accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, délai de droit commun prévu par les dispositions de l'article L. 511-1 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et en tout état de cause, ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de l'appelante est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et Me Barbot-Lafitte.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Garonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Toulouse, le 07 mai 2024.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
X. Haïli
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026