mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02429 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GREGONE-MBOMBO |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 11 mai 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de destination.
Mme A a également demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a prononcé une interdiction de retour en France pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence dans le département des Pyrénées-Orientales pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2302984 du 14 septembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 11 mai 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales.
Par un jugement n° 2306958 du 12 décembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 29 novembre 2023.
Procédures devant la cour :
I - Sous le n° 23TL02429, par une requête, enregistrée le 12 octobre 2023, Mme A, représentée par Me Gregone-Mbombo, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2302984 du 14 septembre 2023 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 11 mai 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer à titre principal, une carte de séjour portant la mention " étudiant ", à titre subsidiaire une carte de séjour de dix ans ou à titre très subsidiaire une carte de séjour " vie privée et familiale ", sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé que l'arrêté était suffisamment motivé ;
- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1966 ;
- le préfet a commis une erreur de droit en lui refusant la délivrance du titre de séjour au regard de l'article 9 de la même convention au motif de l'absence de caractère réel et sérieux de ses études ;
- le préfet a commis une erreur de droit au regard de l'article 11 de cette même convention dès lors qu'en résidant régulièrement en France depuis le 15 septembre 2017, elle remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour au regard de ces stipulations ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- en raison de la durée et des conditions de son séjour en France, l'arrêté en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
II - Sous le n° 24TL00069, par une requête, enregistrée le 8 janvier 2024, Mme A, représentée par Me Gregone-Mbombo, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 12 décembre 2023 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui restituer sa carte d'identité dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'interdiction de retour en France méconnaît les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France ;
- en raison de la durée et des conditions de son séjour en France, les décisions en litige portent une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'assignant à résidence porte également atteinte à sa liberté d'aller et venir.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République togolaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Lomé le 13 juin 1996 et publiée par décret n° 2001-1268 du 20 décembre 2001 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A, ressortissante togolaise née le 19 novembre 1992, a sollicité auprès des services de la préfecture des Pyrénées-Orientales le 15 novembre 2022 le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 11 mai 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un arrêté du 29 novembre 2023, cette même autorité lui a interdit un retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par les requêtes susvisées nos 23TL02429 et 24TL00069, l'intéressée relève appel des jugements des 14 septembre 2023 et 12 décembre 2023 par lesquels le tribunal administratif de Montpellier a rejeté ses demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés. Ces requêtes concernent la situation d'une même personne et présentent à juger des questions semblables. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête n° 23TL02429 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet des Pyrénées-Orientales a visé les textes dont il a été fait application, en particulier les stipulations de l'accord franco-togolais du 13 juin 1996, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cet arrêté mentionne également les éléments de fait propres à la situation administrative et personnelle de Mme A, en particulier le fait qu'elle est entrée en France le 15 septembre 2017 munie d'un visa portant la mention " étudiant ", valable du 4 septembre 2017 au 4 septembre 2018, et qu'elle a obtenu une carte de séjour temporaire régulièrement renouvelée jusqu'au 30 novembre 2022. Le préfet a également indiqué, après avoir rappelé que sa demande de renouvellement de titre de séjour s'inscrivait notamment dans le cadre des dispositions de l'article 9 de la convention franco-togolaise précitée, que l'appelante n'a validé qu'une seule année de formation en master lors de l'année universitaire 2016-2017 sur cinq années consécutives d'études supérieures en France, qu'ayant échoué aux trois tentatives autorisées d'entrée aux centres régionaux de formation professionnelle d'avocats, elle ne peut plus s'y inscrire, et que la formation pour laquelle elle produit un certificat de scolarité au titre de l'année 2022-2023 est d'un niveau inférieur au cursus dans lequel elle s'était initialement inscrite. L'arrêté précise que Mme A est célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. Enfin, le préfet a indiqué que l'appelante ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé et qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la motivation de l'arrêté attaqué revêt ainsi un caractère suffisant au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation dans des disciplines spécialisées qui n'existent pas dans l'État d'origine sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études, en appréciant la réalité, le sérieux et la progression.
6. Il ressort des points 4 à 6 du jugement contesté, que les premiers juges ont fait droit à la demande de substitution de base légale présentée par le préfet des Pyrénées-Orientales, sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile initialement visées dans l'arrêté contesté. Si l'appelante soutient qu'au regard de sa situation, elle remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante au regard des stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise précitées, il ressort des pièces du dossier que Mme A est venue en 2017 en France poursuivre ses études de droit à l'université de Perpignan. Si l'intéressée a validé au terme de l'année universitaire 2017-2018 une première année de master mention droit, économie et gestion mention droit comparé, elle a par la suite été inscrite au sein de cette université au titre des années 2018-2019, 2020-2021 et 2021-2022 à la préparation à l'examen d'accès aux centres régionaux de formation professionnelle des avocats mais ajournée à trois reprises. Si elle s'est par ailleurs inscrite au sein de l'université de Franche-Comté au titre de l'année 2019-2020 en master 2 mention justice, procès et procédures-contentieux, il ressort des pièces versées, qu'avec une moyenne de 9,76 au terme d'un premier semestre et un second trimestre marqué par l'attente de stage, elle ne justifie pas avoir validé ce diplôme à la date de l'arrêté attaqué. Au surplus, si Mme A se prévaut de sa réussite au titre de l'année 2022-2023 d'un diplôme universitaire " modes alternatifs de règlement des différends " dispensé par l'université de Perpignan, ce dernier est d'un niveau inférieur au cursus dans lequel elle s'était initialement inscrite dans le cadre d'une poursuite d'études en France et révèle une absence de progression dans son cursus. Enfin, si l'intéressée se prévaut d'une inscription dans un centre de formation en vue de préparer un " major manager des ressources humaines " à compter du 6 septembre 2023 jusqu'au 4 juillet 2025, cette circonstance est postérieure à la date de l'arrêté attaqué, et par suite sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, les seules circonstances dont se prévaut l'appelante tenant à la sélectivité de l'examen d'accès aux centres régionaux de formation professionnelle des avocats et à la pandémie du covid, ne sauraient, à elles seules, expliquer le manque de progression dans ses études, alors que l'intéressée avait validé une première année de master en droit dès l'année 2017-2018. Dans ces conditions, le préfet des Pyrénées-Orientales a pu estimer que Mme A ne justifiait pas de la poursuite effective de ses études et refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité sans méconnaître les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-togolais ni commettre d'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations.
7. En troisième lieu, Mme A soulève à nouveau en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 11 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996. En l'absence de toute critique utile du jugement sur la réponse apportée par le tribunal à ce moyen, il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit aux points 8 à 9 du jugement attaqué.
8. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Orientales, qui n'était pas tenu de reprendre de manière exhaustive la situation de Mme A, se serait abstenu de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France le 15 septembre 2017 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa D portant la mention " étudiant " valable du 4 septembre 2017 au 4 septembre 2018, et a séjourné régulièrement en France entre 2018 et le 30 novembre 2022 pour suivre des études. Suite au refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante par l'arrêté en litige, Mme A se prévaut d'une part de sa durée de résidence. Toutefois et d'une part, elle n'avait vocation à résider en France qu'en vue d'y suivre des études et non de s'y installer durablement. D'autre part, si l'intéressée fait valoir qu'elle a bénéficié de contrats en qualité d'assistante d'éducation depuis le 4 septembre 2022 qui lui permettent d'avoir des ressources tout en étant compatibles avec sa nouvelle formation dans le secteur des ressources humaines, il résulte de ce qui a été exposé au point 6 de la présente ordonnance que cette nouvelle formation est postérieure à la date de l'arrêté attaqué et, par suite, sans incidence sur sa légalité. Par ailleurs, si elle se prévaut de sa parfaite intégration en France et des " liens intenses " développés, les pièces produites ne sont pas des éléments suffisants permettant de démontrer une intégration sociale particulière en France. Au surplus, si Mme A se prévaut d'un pacte civil de solidarité le 6 octobre 2023 avec un ressortissant centrafricain en situation régulière, sans verser de justificatifs laissant apparaître un début de relation antérieurement à l'arrêté en litige, cette circonstance, postérieure à la date de l'arrêté attaqué, est par suite sans incidence sur sa légalité. En outre, si l'intéressée fait valoir qu'elle a déposé une demande d'admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant également de la circulaire n° NOR INTK1229185C du 28 novembre 2012, cette circonstance, au demeurant postérieure à l'arrêté en litige, est également sans incidence. En outre, l'appelante, âgée de 30 ans à la date de l'arrêté en litige, est sans charge de famille en France et n'établit pas être dépourvue de toutes attaches dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Compte tenu des conditions de son séjour, le refus de renouvellement de son titre de séjour et la mesure d'éloignement prise à l'encontre de Mme A ne portent pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête n° 24TL00069 :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / () ".
12. Eu égard à la situation de Mme A telle qu'exposée au point 10 de la présente ordonnance, et au caractère récent du pacte civil de solidarité qu'elle a conclu le 6 octobre 2023 avec un ressortissant centrafricain en situation régulière, celle-ci ne peut être regardée comme se caractérisant par des circonstances humanitaires s'opposant à une interdiction de retour sur le territoire français. En prononçant à son encontre une telle interdiction d'une durée d'un an, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa situation personnelle.
13. En second lieu, alors qu'il ressort des déclarations de Mme A lors de son audition du 29 novembre 2023 que ses parents résident dans son pays d'origine, et qu'elle n'avait conclu un pacte civil de solidarité que depuis deux mois à la date de l'arrêté attaqué avec un ressortissant centrafricain en situation régulière, l'intéressée n'établit pas, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 de la présente ordonnance, que l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué portant interdiction de retour en France pour une durée d'un an n'a pas été pris en violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En troisième et dernier lieu, Mme A reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les moyens tirés de la méconnaissance par la décision portant assignation à résidence des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'atteinte à sa liberté d'aller et venir. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge au point 6 du jugement attaqué.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel présentées par Mme A sont manifestement dépourvues de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et doivent être rejetées, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes nos 23TL02429 et 24TL00069 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Gregone-Mbombo.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Toulouse, le 3 avril 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Nos 23TL02429, 24TL00069
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026