jeudi 4 janvier 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02477 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Par un jugement n ° 2302245 du 6 juillet 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2023, M. A, représenté par Me Mazas, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 du préfet de l'Hérault ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le tribunal n'a pas suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en méconnaissance de l'article L. 9 du code de justice administrative ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées en fait dès lors qu'elles ne mentionnent pas la présence de sa fratrie en situation régulière sur le territoire français ;
- elles méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il justifie de liens intenses, stables et anciens sur le territoire français dès lors que la majorité de ses frères et sœurs vivent régulièrement en France ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors que le préfet n'a pas mis en œuvre son pouvoir discrétionnaire et que sa situation professionnelle démontre son intégration en France ;
- la décision fixant le pays de destination est privée de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant marocain né le 4 mars 1995, est entré en France le 31 août 2018 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour mention " conjoint de français " valable du 9 juillet 2018 au 9 juillet 2019. Il a ensuite obtenu une carte de séjour pluriannuelle à ce même titre valable du 10 juillet 2019 au 9 juillet 2021. Le 12 juillet 2021, l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissante française. Par un arrêté du 22 décembre 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de destination. Par la présente requête, M. A relève appel du jugement du 6 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugement sont motivés ".
4. Les premiers juges, après avoir cité au point 3 du jugement attaqué les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ont précisé au point 4 la date d'entrée en France dont se prévalait M. A à l'appui de sa demande et ont relevé que l'intéressé ne justifiait plus d'une communauté de vie avec son épouse depuis novembre 2021 en se fondant sur un rapport administratif des services de gendarmerie du 4 mai 2022. Il ressort également des motifs du jugement attaqué que le tribunal a mentionné que l'intéressé, séparé de son épouse et sans charge de famille, n'établissait pas avoir le centre de ses intérêts privés et familiaux en France dès lors que ses parents résident en Espagne. Alors que les premiers juges n'ont pas à faire état de l'ensemble des arguments avancés par les parties au soutien de leurs moyens, le jugement attaqué est assorti d'une motivation suffisante en ce qui concerne les moyens tirés de la violation par les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français de ces stipulations et de ces dispositions. La circonstance que ne soient pas mentionnée dans ce jugement la présence de membres de sa fratrie sur le territoire français, en situation régulière, ne suffit pas à caractériser une insuffisance de motivation du jugement attaqué. Par suite, le moyen de régularité invoqué par l'appelant doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Hérault a visé les textes dont il a été fait application, en particulier les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cet arrêté mentionne également les éléments de fait propres à la situation administrative de M. A, notamment le fait qu'il est arrivé en France le 31 août 2018 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour " conjoint de français " et qu'il a obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 10 juillet 2019 au 9 juillet 2021. Le représentant de l'Etat a également fait état de la situation personnelle de l'intéressé, en précisant notamment qu'il s'est marié avec une ressortissante française le 5 mai 2018 avec laquelle il s'est séparé en novembre 2021, qu'il n'a pas d'enfant à charge et qu'il n'établit pas avoir établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. L'arrêté, qui n'avait pas à exposer l'ensemble des éléments de la situation de l'appelant, comporte ainsi l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet de l'Hérault s'est fondé. Cette motivation revêt ainsi un caractère suffisant au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'elle a conservés dans son pays d'origine.
8. D'une part, ainsi qu'il a été exposé précédemment, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement sur le territoire français le 31 août 2018 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour " conjoint de français ", et qu'il a obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 10 juillet 2019 au 9 juillet 2021 en vertu des dispositions de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort toutefois du rapport administratif des services de la gendarmerie de Mèze du 4 mai 2022 que la communauté de vie des époux a cessé en novembre 2021, et qu'une procédure de divorce à l'amiable a été engagée. D'autre part, si l'intéressé soutient avoir établi le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire national, il ressort des pièces du dossier que les parents de M. A résident en Espagne. L'appelant, qui se prévaut de plusieurs attestations de témoin peu circonstanciées et soutient que des membres de famille résident régulièrement sur le territoire français, dont certains sont titulaires d'une carte de résident ou ont la nationalité française, n'établit pas, par ces éléments, la réalité et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ces derniers. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, la décision portant refus de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En dernier lieu, les stipulations de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
10. M. A, présent sur le territoire français depuis le 31 août 2018, se prévaut de l'ouverture d'un salon de coiffure en août 2019. Toutefois, ces seules circonstances ne suffisent pas à établir qu'en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation, le préfet de l'Hérault aurait commis une erreur de droit et entaché sa décision refusant son admission au séjour d'une erreur manifeste d'appréciation, alors en particulier que l'intéressé ne se prévaut d'aucune qualification particulière, et qu'il n'est ni établi ni même allégué que le métier qu'il occupe souffrirait d'une pénurie de main d'œuvre. Par suite, c'est à bon droit que le représentant de l'Etat a refusé de faire droit à sa demande.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". Ainsi qu'il a été exposé au point 6 de la présente ordonnance, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 à 10 de la présente ordonnance et en l'absence de précision particulière, la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. A ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance par la mesure d'éloignement en litige des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
13. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'appelant n'établit pas l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait privée de base légale.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Sophie Mazas et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à le préfet de l'Hérault.
Fait à Toulouse, le 4 janvier 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026