mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02637 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B et Mme C B ont demandé au tribunal administratif de Montpellier, d'une part, d'annuler les arrêtés du 13 octobre 2022 par lesquels le préfet de l'Hérault les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre mois et, d'autre part, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement.
Par un jugement n° 2205744, 2205746 du 22 décembre 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2023 sous le n° 23TL02637 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, M. et Mme B, représentés par Me Ruffel, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 22 décembre 2022 et les arrêtés du préfet de l'Hérault ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de l'arrêt à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à leur conseil, au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce versement emportant renonciation à l'indemnité accordée au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
- elles méconnaissent l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de leur situation personnelle ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
- elles sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français ;
- elles méconnaissent l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration
- elles sont entachées d'une erreur de droit en raison du défaut d'examen par le préfet de leur situation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elles sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elles ne sont pas motivées et entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse en date du 18 octobre 2023 alors que M. B n'a pas été admis par une décision du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. et Mme B, ressortissants albanais, sont entrés en France, selon leurs déclarations le 31 juillet 2021. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 21 février 2022 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 29 juillet 2022, à la suite desquelles le préfet de l'Hérault a pris à leur encontre le 13 octobre 2022 des arrêtés portant obligation de quitter le territoire français sous un délai de trente jours, fixant le pays de destination et leur interdisant de retourner sur le territoire français pendant quatre mois. Ils relèvent appel du jugement du 22 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Les décisions attaquées comportent le nom, prénom et qualité de la personne les ayant signées ainsi que sa signature manuscrite. Elles satisfont ainsi aux exigences des dispositions précitées sans qu'y fasse obstacle la circonstance invoquée que cette signature serait illisible.
4. Les mentions des décisions attaquées rappellent les circonstances du rejet de la demande d'asile des requérants, leur situation familiale en France en appréciant les conséquences des mesures prises au regard du droit au respect de la vie privée et familiale et font état de ce que les intéressés n'apportaient pas d'éléments nouveaux sur les risques encourus par rapport à ceux exposés dans le cadre de leur demande d'asile. Ces mentions démontrent, contrairement à ce qui est soutenu, que l'administration a procédé à un examen individuel et complet du dossier.
5. Aux termes de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". Les requérants dont les demandes d'asile avaient été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 février 2022, confirmées le 29 juillet 2022 par des ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile, n'avaient plus le droit de se maintenir sur le territoire français dès la date de ce rejet. Ils pouvaient donc faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français conformément aux dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de l'Hérault n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 542-4 du même code.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
6. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, le moyen tiré du défaut de base légale de celles fixant le pays de destination doit être écarté.
7. Pour les mêmes raisons que celles exposées au point 3 les décisions n'ont pas méconnu l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
8. Il ressort des mentions des décisions attaquées, notamment de leurs visas, que le préfet a examiné la situation des intéressés au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'absence d'examen particulier doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français ne sont pas dépourvues de base légale. Pour les mêmes raisons que celles exposées au point 3 les décisions n'ont pas méconnu l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
10. Compte tenu de la durée du séjour des requérants, de l'absence d'une vie privée suffisamment stable et ancienne en France, et de l'existence d'attaches dans leur pays d'origine, alors même qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, que leur présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de l'Hérault a pu, par des décisions qui sont suffisamment motivées, prononcer une interdiction de retour d'une durée de quatre mois à leur encontre sans commettre d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Toulouse, le 31 janvier 2024.
Le président,
J-F. MOUTTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°23TL02637
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026