LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL02787

cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL02787

mardi 18 juin 2024

Juridictioncour administrative d'appel de Toulouse
Sectioncour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL02787
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDUJARDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le préfet du Tarn a refusé de faire droit à sa demande de changement de statut.

Par un jugement n° 2106942 du 21 septembre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, Mme C, représentée par Me Dujardin, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 du préfet du Tarn ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et, en tout état de cause, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 janvier 1991 contre renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser la même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est entaché d'une erreur de motivation, en ce qu'il ne fait aucune mention de son placement par le juge des tutelles, de sa formation et de son insertion en France ; il ne mentionne également pas l'ensemble des conditions prévues par l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en retenant qu'elle a été prise en charge par l'aide sociale à l'enfance après ses seize ans, les premiers juges ont commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit ;

- les premiers juges ont commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'autorité préfectorale ne pouvait pas faire usage de son pouvoir discrétionnaire pour l'admettre au séjour en estimant qu'elle avait été placée entre ses seize ans et dix-huit ans ;

- eu égard à ses attaches sur le territoire français, les premiers juges ont commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation et ne procède pas d'un examen réellement attentif et particulier de sa situation au regard de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en considérant qu'elle a été placée auprès de l'aide sociale à l'enfance après l'âge de seize ans, l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a été prise en charge par l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans, qu'elle a obtenu son certificat d'aptitude professionnelle en juin 2021 et suit actuellement une formation, et qu'elle n'a plus de liens avec son pays d'origine et a tissé des liens privés en France ;

- il est entaché d'une erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a été prise en charge par l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de dix-huit ans, qu'elle effectue une formation réelle et sérieuse depuis plus de six mois, et qu'elle n'a plus de liens avec son pays d'origine et a tissé des liens privés en France ;

- au vu des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale, l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 29 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme C, de nationalité guinéenne née le 11 juillet 2003, déclare être entrée en France en décembre 2018. Après avoir obtenu une carte de séjour portant la mention " étudiant " valable du 6 août 2021 au 5 août 2022, elle a sollicité le 20 septembre 2021 son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 5 octobre 2021, le préfet du Tarn a refusé de lui accorder le changement de statut sollicité. Par la présente requête, Mme C relève appel du jugement du 21 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, si Mme C soutient qu'en ne faisant pas mention de son placement par le juge des tutelles, de sa formation et de son insertion en France le jugement attaqué serait insuffisamment motivé, le tribunal n'avait pas à se prononcer sur l'ensemble des arguments développés par la requérante. En outre, la circonstance que les premiers juges n'aient pas examiné toutes les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se rattache à la critique du bien-fondé du jugement et non à sa régularité. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En second lieu, Mme C fait grief aux premiers juges d'avoir commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit au regard de l'âge auquel elle a été prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, une erreur manifeste d'appréciation quant au pouvoir discrétionnaire du préfet du Tarn, et une erreur de droit relatif à la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, ces moyens soulevés en ce sens ne se rapportent pas à la régularité du jugement attaqué mais relèvent du contrôle du juge de cassation et non du contrôle du juge d'appel, auquel il appartient seulement, dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel, de se prononcer sur la légalité de l'arrêté préfectoral attaqué.

Sur le bien-fondé du jugement :

5. En premier lieu, l'arrêté en litige mentionne notamment les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les éléments de fait propres à la situation en France de Mme C, en particulier la circonstance qu'elle déclare être entrée sur le territoire français en décembre 2018 et qu'elle a sollicité le 20 septembre 2021 un changement de statut pour obtenir un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " au regard d'une prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans, mais que le jugement en assistance éducative, seul permettant de considérer son placement au service départemental de l'aide sociale à l'enfance, a été rendu par le tribunal pour enfants A le 26 juillet 2019, soit après l'âge de seize ans. Ainsi l'arrêté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la situation de l'appelante, notamment l'ordonnance d'ouverture d'une tutelle d'Etat du 2 octobre 2019, sa formation scolaire et professionnelle ou encore son insertion en France, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision attaquée doit être écarté.

6. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui vient d'être exposé, il ne ressort ni des termes de la décision contestée ni des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme C.

7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ". Aux termes de l'article L. 435-3 du même code : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

8. D'autre part, aux termes de l'article 375-3 du code civil : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance ; / () ". Aux termes de l'article 375-5 du même code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure () ". Aux termes de l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / Si le représentant légal est en mesure de donner son accord mais le refuse, le service saisit l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil. / Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil. / En cas de danger immédiat ou de suspicion de danger immédiat concernant un mineur ayant abandonné le domicile familial, le service peut, dans le cadre des actions de prévention, pendant une durée maximale de soixante-douze heures, accueillir le mineur, sous réserve d'en informer sans délai les parents, toute autre personne exerçant l'autorité parentale ou le tuteur, ainsi que le procureur de la République. Si au terme de ce délai le retour de l'enfant dans sa famille n'a pas pu être organisé, une procédure d'admission à l'aide sociale à l'enfance ou, à défaut d'accord des parents ou du représentant légal, une saisine de l'autorité judiciaire est engagée. / () ".

9. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, pour l'application des articles L. 423-22 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un mineur étranger ne peut être regardé comme ayant été confié au service départemental de l'aide sociale à l'enfance que s'il l'a été en vertu d'un jugement ou d'une ordonnance de l'autorité judiciaire sur le fondement des articles 375-3 ou 375-5 du code civil.

10. Si Mme C a fait l'objet, le 12 décembre 2018, d'une prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département du Tarn dans le cadre du dispositif départemental d'accueil d'évaluation et d'orientation des mineurs non accompagnés dans le but d'évaluer sa minorité et sa situation d'isolement, une telle circonstance ne permet pas d'établir, contrairement à ce que soutient l'intéressée, qu'elle aurait été confiée à cette date par l'autorité judiciaire à ces services. Il ressort des pièces du dossier que le tribunal des enfants A a ordonné le placement de Mme C auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du Tarn à compter de sa décision, datée du 26 juillet 2019. Ainsi que l'ont jugé à bon droit les premiers juges, à cette date, qui doit être retenue pour l'application des dispositions précitées, la requérante, née le 11 juillet 2003, avait plus de seize ans révolus. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait relatif à l'âge de Mme C lors de son placement auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du Tarn doit être écarté.

11. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, dès lors que l'appelante ne remplissait pas une des conditions posées par l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tenant au fait d'avoir été prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans, les moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

12. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que, lors de sa demande d'admission au séjour le 16 septembre 2021, Mme C n'a pas sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance après ses seize ans, et que le préfet du Tarn, qui n'était pas tenu de le faire, n'a pas examiné à titre gracieux la possibilité de régulariser la situation de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir de leur méconnaissance. En tout état de cause, elle n'établit pas avoir introduit une telle demande dans l'année qui a suivi son dix-huitième anniversaire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui déclare être entrée sur le territoire français en décembre 2018, se prévaut de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance et de ce qu'elle a obtenu son certificat d'aptitude professionnelle " assistant technique en milieu familial et collectif " en juin 2021 et suit depuis une formation " services des personnes et des territoires ". Toutefois, alors que l'insertion sociale et professionnelle dont elle se prévaut présente un caractère récent, Mme C ne peut être regardée comme ayant fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux sur le territoire français. Elle ne démontre pas en outre être isolée dans son pays d'origine. Dans ces conditions, l'arrêté en litige n'a pas porté au droit de l'appelante au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressée, et le moyen doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par Mme C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à Me Dujardin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Tarn.

Fait à Toulouse, le 18 juin 2024.

Le président de la 4ème chambre,

D. Chabert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions