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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL02822

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL02822

mardi 30 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL02822
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté du 1er juin 2023 par lequel la préfète du Vaucluse a refusé de lui délivrer une autorisation de travail et un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2302486 du 31 octobre 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 1er décembre 2023, M. B, représenté par Me Cetinkaya, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 31 octobre 2023 du tribunal administratif de Nîmes ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2023 de la préfète du Vaucluse ;

3°) d'enjoindre à la préfète, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou mention " salarié " dans le délai d'un mois suivant l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ; et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour prévue par le deuxième alinéa de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'appréciation dès lors qu'il est entré régulièrement en France le 17 août 2002 sous couvert d'un visa Schengen via l'Allemagne ;

-il est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

-l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 10 mai 1976, a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain et en qualité de conjoint de ressortissant français. Par un arrêté du 1er juin 2023, la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine. Par un jugement du 31 octobre 2023 dont M. B relève appel, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la demande d'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

3. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui vise les textes dont il fait application, mentionne les éléments de fait caractérisant la situation de M. B indiquant notamment les motifs pour lesquels la préfète a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par ailleurs, conformément à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français n'ayant pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision lui refusant un titre de séjour, laquelle, en l'espèce, comme il vient d'être dit, est suffisamment motivée, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'appelant, qui n'a présenté aucune demande sur ce fondement, ne peut utilement se prévaloir de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment du deuxième alinéa de ces dispositions, qui prévoit la consultation de la commission de titre de séjour lorsque l'autorité administrative envisage de refuser l'admission exceptionnelle au séjour demandée par un étranger sur ce fondement et qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans. En tout état de cause, en l'absence de nouveaux éléments en appel démontrant sa présence continue sur le territoire français notamment au titre des années 2013, 2014 et 2015, pour lesquelles il produit peu de justificatifs, comme l'a jugé le tribunal, l'appelant ne démontre pas sa présence continue en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêt contesté. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, il résulte des dispositions combinées de l'article 22 de la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 et des articles L. 621-2, L. 621-3 et R. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, en provenance directe d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, doit obligatoirement souscrire une déclaration à l'entrée sur le territoire français, contrairement à ce que soutient M. B. Or, s'il ressort des pièces du dossier et des mentions de l'arrêté contesté qu'il est entré sur le territoire européen via l'Allemagne en août 2002 sous couvert d'un visa Schengen délivré par les autorités consulaires allemandes au Maroc, valable du 6 août 2002 au 15 novembre 2003, il est constant qu'il n'a pas souscrit de déclaration lors de son arrivée sur le territoire français conditionnant la régularité de son entrée en France. Par suite, la préfète de Vaucluse n'a commis aucune erreur de droit en opposant à M. B l'irrégularité de son entrée sur le territoire français.

6. En quatrième lieu, M. B soutient qu'il a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France en faisant notamment valoir qu'il s'est marié le 26 juin 2021 avec une personne de nationalité française. Toutefois, la vie commune avec son épouse était récente à la date de l'arrêté contesté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas s'absenter le temps nécessaire pour retourner dans son pays d'origine afin d'obtenir un visa long séjour lui permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français, conformément aux dispositions combinées des articles L. 423-1 et L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme le mentionne à bon droit l'arrêté en litige. Par ailleurs, si la mère de l'intéressé réside régulièrement sur le territoire français et qu'un de ses frères y est également présent, toutefois, comme l'a jugé le tribunal, il ne justifie pas de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec eux. Par suite, au regard des conditions de son séjour en France, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut ainsi qu'être écarté.

7. En cinquième et dernier lieu, aucune des circonstances évoquées précédemment ne permet de regarder l'arrêté de la préfète de Vaucluse comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.

Fait à Toulouse le 30 juillet 2024.

Le président de la 3ème chambre,

É. Rey-Bèthbéder

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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