mardi 7 mai 2024
| Juridiction | cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL02843 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2103528 du 10 février 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2023, M. A, représenté par Me Bachet, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 du préfet de la Haute-Garonne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission à l'aide juridictionnelle ou à lui verser la même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance du titre de séjour :
- la décision ne répond pas aux exigences de motivation imposées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et révèle un défaut d'examen réel et sérieux et de sa situation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle ne prend pas en compte la situation individuelle de son enfant en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice de procédure faute de saisine de la commission du titre de séjour en méconnaissance des dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- alors qu'il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en sa qualité de parent d'enfant français, la décision méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le rejet de sa demande est également entaché d'une erreur de droit au regard du 7° de ce même article ;
- il n'a pas été tenu compte de l'intérêt supérieur de son enfant en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision ne répond pas aux exigences de motivation imposées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et révèle un défaut d'examen réel et sérieux et de sa situation ;
- la décision est dépourvue de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'irrégularités d'ordre externe ;
- alors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article L. 511-4 6° du même code fait obstacle à ce qu'il fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision est insuffisamment motivée et révèle l'absence d'examen de sa situation ;
- en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, cette décision est dépourvue de base légale.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant congolais, né le 19 août 1987, est entré sur le territoire français le 21 septembre 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour de type C valable du 16 septembre 2019 au 30 décembre 2019. Par un arrêté du 9 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A fait appel du jugement du 10 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. L'arrêté du 9 avril 2021 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire françait et fixant le pays de destination vise les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale des droits de l'enfant et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Haute-Garonne a mentionné de façon suffisamment circonstanciée pour permettre à M. A de les discuter, les motifs de droit et les circonstances de fait qui constituent le fondement des décisions en litige. Il a notamment précisé les éléments de fait propres à la situation personnelle et administrative de M. A, notamment le fait que l'intéressé est entré en France le 21 septembre 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour et qu'il est séparé d'une ressortissante française qui est la mère d'une enfant née en France le 21 avril 2018 qu'il a reconnue le 13 décembre 2018. Le préfet a également relevé que l'intéressé ne produisait pas d'éléments probants établissant qu'il participait à la contribution à l'entretien et à l'éducation de cet enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil. Il est également précisé que M. A n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi l'arrêté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la situation de l'appelant, est suffisamment motivé. Par suite, les moyens tirés du caractère insuffisant de la motivation des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination doivent être écartés.
5. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle et familiale de M. A. En particulier, il ressort des termes de l'arrêté litigieux que la situation de l'enfant de l'intéressé a été prise en compte par le préfet de la Haute-Garonne. Le moyen tiré du défaut d'examen ne peut ainsi qu'être écarté.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a reconnu le 13 décembre 2018 être le père d'une enfant de nationalité française née en France le 21 avril 2018, issue d'une relation avec une ressortissante française dont il est séparé. Si l'intéressé soutient qu'il contribue à l'entretien et l'éducation de son enfant et qu'il est venu en France, à la demande de la mère de sa fille, pour la rejoindre, il est constant qu'il n'est entré sur le territoire français que le 21 septembre 2019, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 16 septembre 2019 au 30 décembre 2019. A l'appui de ses allégations, M. A produit, d'une part, une attestation sur l'honneur établie par la mère de sa fille le 22 janvier 2020 faisant état de leur vie maritale à une adresse commune. Toutefois, il ressort des pièces du dossiers ainsi que de ses déclarations, que l'appelant est séparé de son ancienne compagne à la date de la décision attaquée et hébergé au sein d'un centre d'hébergement de la commune de Toulouse depuis le 4 août 2020. Il ressort par ailleurs d'un courrier non daté versé par le préfet à l'appui de ses écritures en défense de première instance, que son ancienne compagne relève l'absence de participation de M. A à l'entretien de l'enfant depuis son arrivée sur le territoire français et " son implication mitigée ". D'autre part, l'intéressé justifie de six opérations de virements bancaires effectués à l'attention de son ancienne compagne à partir du mois d'août 2020, dont le dernier pour un montant de 100 euros est postérieur à la date de la décision attaquée et par suite sans incidence sur sa légalité. Par ailleurs, M. A produit la copie de dix prélèvements bancaires relatifs aux frais de crèche de l'enfant à compter du mois d'octobre 2020, dont quatre concernent des périodes postérieures à la date de la décision attaquée. Au surplus le requérant fait état de quatre factures d'achats divers pour son enfant entre décembre 2020 et le 8 avril 2021, de neuf messages téléphoniques envoyés à son ancienne compagne entre décembre 2020 et la date de la décision attaquée, ainsi qu'un courriel reçu de la direction de l'école de l'enfant postérieur à l'arrêté en litige. En outre, si M. A se prévaut d'un jugement en date du 9 décembre 2021 par lequel le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse constate que l'autorité parentale s'exerce de manière commune et que l'intéressé a un droit de visite médiatisé pendant six mois, ce dernier, qui est également postérieur à la date de l'arrêté en litige, est sans incidence sur sa légalité. Enfin, si l'appelant fait valoir qu'il justifie de nombreuses photographies avec son enfant, il ne verse aucun élément de cette nature à l'appui de ses allégations, tant en première instance qu'en appel. Dans ces conditions, les seuls éléments produits par l'appelant ne suffisent pas à établir que ce dernier contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant ni depuis sa naissance, ni depuis au moins deux ans à la date de la décision en litige. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français.
8. En deuxième lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date de la décision en litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () 7° À l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. () ".
9. D'une part, M. A soutient qu'il est entré en France le 21 septembre 2019, où il réside habituellement et y est particulièrement bien intégré professionnellement. Le requérant fait valoir qu'il a en effet exercé un emploi en qualité d'agent polyvalent mais qu'il est désormais " privé du droit de travailler ". L'appelant verse à l'appui de ses allégations un justificatif d'adhésion au parcours du nouveau salarié au sein de l'association La Passerelle sur la commune de Colomiers. Toutefois, ce document ne fait état d'une adhésion qu'à compter du 25 août 2020. Si l'intéressé produit un certificat de travail établi par ladite association pour les heures effectuées en tant qu'agent polyvalent entre le 9 septembre 2020 et le premier avril 2021 ainsi qu'une attestation établie par une conseillère en insertion professionnelle mentionnant sa motivation dans sa " démarche d'insertion socio-professionnelle " durant la période précitée, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir une insertion sociale ou professionnelle particulière en France.
10. D'autre part, M. A fait valoir que sa vie privée et familiale se caractérise en France par la présence de sa fille née d'une mère ressortissante française pour laquelle il contribue effectivement à l'éducation. Cependant, ainsi qu'il a été dit au point 7 de la présente ordonnance, M. A, qui est séparé de la mère de sa fille, n'établit pas qu'il participerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Par ailleurs, il ne justifie pas être dénué d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident ses sept frères et sœurs. Dans ces conditions, le refus opposé par le préfet de la Haute-Garonne à sa demande de titre de séjour ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.
11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points précédents, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la décision portant refus de séjour aurait sur la situation personnelle et familiale de l'appelant des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle doit être écarté.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour () " et aux termes de l'article L. 312-2 du même code : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 () ".
13. Le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à l'article L. 313-11 alors en vigueur du code précité auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Ainsi qu'il a été dit aux points 7, 9 et 10 de la présente ordonnance, M. A ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations des 6° et 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande. Le moyen tiré du vice de procédure invoqué ne peut donc qu'être écarté.
14. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ".
15. Si le requérant soutient qu'il est dans l'intérêt supérieur de sa fille qu'il demeure sur le territoire français afin que ce dernier puisse continuer à entretenir des relations avec elle, il est constant que le requérant n'a reconnu son enfant né le 21 avril 2018 que le 13 décembre 2018 et n'est arrivé sur le territoire français que dix-sept mois après sa naissance. Par ailleurs, ainsi qu'il a été indiqué au point 7 de la présente ordonnance, il ne vit pas avec son enfant français, et n'établit pas contribuer effectivement à son entretien et à son éducation. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision lui refusant son admission au séjour, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
17. En deuxième lieu, les conditions du séjour en France de M. A, telles que rappelées aux points 7, 9 et 10 de la présente ordonnance ne permettent pas d'établir que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7, 9 et 10 de la présente ordonnance, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
19. En quatrième lieu, le moyen de l'appelant tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entaché d'irrégularités d'ordre externe est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé. Par suite ce moyen ne peut qu'être écarté.
20. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 6° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
21. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 de la présente ordonnance, que M. A ne peut se prévaloir, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, des dispositions précitées dans la mesure où il n'est pas établi qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille à la date de la décision attaquée depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions du 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7, 9 et 10 de la présente ordonnance, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'appelant aurait sur sa situation des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise sur ce point le préfet de la Haute-Garonne doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
23. Les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant pas illégales, M. A n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception de leur illégalité, à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. B A, à Me Bachet et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 7 mai 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026