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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL03032

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL03032

vendredi 19 avril 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL03032
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2107502 du 21 mars 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de Mme B.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023, Mme B, représentée par Me Francos demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 21 mars 2023 du tribunal administratif de Toulouse ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt de la cour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.

Elle soutient que :

-le préfet a entaché la décision de refus de délivrance d'un certificat de résidence d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article L 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle était inscrite au titre de l'année universitaire 2020-2021 en licence 2 Mathématiques/Informatique-SHS, à l'université Toulouse II, et que plusieurs membres de sa famille , dont sa mère et son beau-père, sa grand-mère , ses tantes et ses cousines , en situation régulière ou de nationalité française, se trouvent en France ; le centre de ses intérêts personnels et familiaux se trouve donc en France, et il est donc porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

-la décision portant obligation de quitter le territoire français est par ailleurs illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de certificat de résidence et la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par une décision du 22 novembre 2023, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. C D pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme B, ressortissante algérienne née le 27 octobre 1993, est entrée en France le 15 septembre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a sollicité le 9 novembre 2020 son admission exceptionnelle au séjour au titre de ses études. Par un arrêté du 29 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

3.Par un jugement du 21 mars 2023 dont Mme B relève appel, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier , que Mme B, inscrite au titre de l'année universitaire 2020-2021 en licence 2 Mathématiques/Informatique-SHS, à l'université Toulouse II, a présenté une demande de certificat de résidence en qualité d'étudiante, sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et que le préfet a opposé à cette demande l'absence de production d'un visa de long séjour, ce que Mme B ne conteste pas plus en appel qu'en première instance.

5. En deuxième lieu, le préfet a exercé son pouvoir de régularisation, s'étant notamment placé pour répondre à la demande de certificat de résidence présentée par Mme B, sur le fondement de l'article L 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors même que ces dispositions ne sont normalement pas applicables aux ressortissants algériens. Si Mme B allègue l'existence de liens avec plusieurs membres de sa famille dont notamment sa mère, elle n'établit ni la réalité, ni à fortiori, l'intensité de tels liens qui l'uniraient aux membres de sa famille, dont demeurant elle n'établit pas même la présence en France. Dès lors, en considérant que Mme B ne justifiait pas, au soutien de sa demande de régularisation, de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a pas entaché sa décision de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de cet article et n'a pas non plus commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

6. En troisième lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il s'évince de ce qui est indiqué au point 5. et alors que par ailleurs, Mme B ne conteste pas comme il lui est opposé par les décisions attaquées, la présence en Algérie de son père, de ses deux sœurs et de ses deux frères, que les décisions attaquées ne peuvent être regardées comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En quatrième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède, que les moyens soulevés par Mme B à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français par voie d'exception d'illégalité du refus de certificat de résidence, et à l'encontre de la décision fixant le pays de destination par voie d'exception de l'illégalité de la mesure d'éloignement doivent être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède qu'en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête de Mme B doit être rejetée, en ce compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 19 avril 2024.

Le président-assesseur de la 3ème chambre,

C D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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