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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00099

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00099

jeudi 2 avril 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00099
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCAT MAZAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2023 par lequel le préfet de l’Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2302608 du 6 juillet 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 11 janvier, 26 janvier et 18 décembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Mazas, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 6 juillet 2023 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2023 du préfet de l’Hérault ;

3°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent arrêt ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- elles sont entachées d’erreur d’appréciation au regard des articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que sa présence ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
- elles méconnaissent les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- le préfet s’est abstenu de se prononcer sur les critères de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- cette décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.


Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2024, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens n’est fondé.


Par ordonnance du 18 décembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 28 janvier 2025.

M. A... a été au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 6 décembre 2023 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lafon,
- et les observations de M. A....


Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant albanais né le 28 janvier 1989, déclare être entré en France le 1er août 2015. Après le rejet de sa demande d’asile par décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 juillet 2016, confirmée par la Cour nationale du droit d’asile le 7 décembre 2016, par un arrêté du 14 février 2017, le préfet de l’Aude lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 23 mai 2018, faisant suite au rejet de sa demande de réexamen de son droit à l’asile, le préfet de l’Hérault lui a, de nouveau, fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. En outre, par un nouvel arrêté du 3 octobre 2019, le préfet de l’Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. M. A... a sollicité, le 6 décembre 2022, son admission au séjour, à titre principal, au titre de sa vie privée et familiale, et subsidiairement, à titre exceptionnel. Par un arrêté du 20 janvier 2023, le préfet de l’Hérault a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans. M. A... demande à la cour d’annuler le jugement rendu le 6 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté du 20 janvier 2023.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d’un titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour, qui comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent, notamment des éléments précis concernant la situation personnelle, en particulier familiale, et administrative de M. A..., est suffisamment motivée, alors même qu’elle n’apporte pas d’éléments concrets sur l’état de santé de l’intéressé et les possibilités de prise en charge médicale.

3. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La circonstance que la présence d’un étranger en France constitue une menace pour l’ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire (…) ». Aux termes de l’article L. 432-1 du même code : « La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ». Lorsque l’administration oppose à un étranger le motif tiré de ce que sa présence en France constitue une menace pour l’ordre public pour refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour, il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi d’un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu’elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

4. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A..., le préfet de l’Hérault s’est fondé sur le motif que sa présence en France était constitutive d’une menace à l’ordre public. Il ressort des pièces du dossier que l’intéressé a été condamné, par un jugement du 12 mars 2019 du tribunal correctionnel de Carcassonne, à trente-six mois d’emprisonnement, dont six mois avec sursis, pour des faits vols par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation ou un lieu d’entrepôt aggravé par une autre circonstance, commis entre les 21 janvier et 9 mars 2018, pour des faits de vol aggravé par deux circonstances, commis les 22 février et 2 mars 2018, et pour une tentative, le 2 mars 2018, de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation ou un lieu d’entrepôt aggravé par une autre circonstance. Outre ces vingt-six faits de vol, M. A... ne conteste pas être défavorablement connu des services de police pour conduite sans permis le 24 novembre 2022. Dans ces conditions, eu égard à la gravité, au nombre important de ces faits, qui ne peuvent être regardés comme étant ponctuels, à leur réitération et à leur caractère relativement récent à la date de l’arrêté attaqué, le préfet de l’Hérault n’a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l’espèce en estimant que le séjour en France de M. A..., alors même qu’il aurait eu un bon comportement en détention et participe à des actions de bénévolat, constituait une menace pour l’ordre public.

5. En troisième lieu, si M. A... déclare être présent sur le territoire français depuis le 1er août 2015, il ressort des pièces du dossier qu’il l’a quitté en 2017, après avoir fait l’objet d’une première mesure d’éloignement le 14 février 2017, pour retourner en Albanie. Après être de nouveau entré irrégulièrement sur le territoire français à une date indéterminée, il a fait l’objet de deux nouvelles mesures d’éloignement, les 23 mai 2018 et 3 octobre 2019. En outre, si M. A... se prévaut de la présence sur le territoire national de son épouse, compatriote en situation régulière, avec laquelle il a eu deux enfants, nés les 28 juin 2014 et 10 février 2017, et scolarisés en France, puis un troisième, né en 2026, il résulte des déclarations de cette dernière, qui sont confirmées par la domiciliation de l’intéressé au centre communal d’action sociale « Antenne Mosson » de Montpellier jusqu’au 1er janvier 2026, que la communauté de vie avait cessé avant son incarcération, du 16 mars 2018 au 12 mars 2019, et n’avait pas repris à la date de l’arrêté contesté. Par ailleurs, en se bornant à produire des attestations peu circonstanciées ou établies pour les besoins de la cause et quelques tickets de caisse d’achats vestimentaires, M. A..., s’il apporte des éléments relatifs à l’existence de relations avec ses enfants, ne justifie pas contribuer effectivement, à la date de l’arrêté, à l’entretien et à l’éducation de ces derniers, lesquels ont toujours résidé avec leur mère. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l’intéressé a passé l’essentiel de sa vie en Albanie, qu’il a quitté à l’âge de 26 ans, et ne démontre pas y être dépourvu de liens personnels et familiaux, alors que ses parents et l’un de ses frères y résident. Il résulte, en outre, de ce qui a été dit au point précédent que sa présence en France constitue une menace pour l’ordre public. Dans l’ensemble de ces conditions, alors même que l’intéressé se prévaut de sa volonté de réinsertion, d’une attestation de travail au centre pénitentiaire de Béziers en tant qu’opérateur aux ateliers, d’un contrat de travail saisonnier obtenu en 2022, de sa participation à des activités de bénévolat, la décision attaquée n’a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n’a donc méconnu ni les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

6. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ». Il résulte de ces stipulations que, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que M. A... ne démontre pas contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit être écarté.

7. En cinquième et dernier lieu, aucune des circonstances évoquées précédemment n’est de nature à faire regarder la décision attaquée comme entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A....

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. La motivation du refus de titre de séjour étant, ainsi qu’il a été dit au point 2, suffisante, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de l’obligation de quitter le territoire doit être écarté.

9. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 5, 6 et 7 du présent arrêt, les moyens selon lesquels la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant, et serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A..., doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. Aux termes de l’article L. 612-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l’arrêté attaqué : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ». L’article L. 612-10 du même code dispose que : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (…) ».

11. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l’autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l’encontre de l’étranger soumis à l’obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu’elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l’un ou plusieurs d’entre eux. La décision d’interdiction de retour doit comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Il incombe ainsi à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l’ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace.

12. L’arrêté contesté, s’appuyant sur les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dont il résume la portée, mentionne, d’une part, que M. A... ne justifie pas de circonstances humanitaires, d’autre part, que ce dernier a déjà fait l’objet de plusieurs mesures d’éloignement non exécutées et que sa présence sur le territoire français représente une menace pour l’ordre public. Il ressort, par ailleurs, des termes de l’ensemble de l’arrêté contesté, que la situation de M. A... a été appréciée par le préfet au regard de la durée de sa présence sur le territoire français et de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France. Dans ces conditions, la décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans comporte, d’une manière qui atteste de la prise en compte de l’ensemble des critères prévus par la loi au vu de la situation de M. A..., l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est donc suffisamment motivée et n’est pas entachée d’une erreur de droit dans l’application des dispositions de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

13. Par ailleurs, l’ensemble des circonstances propres à la situation de M. A..., telle que décrite notamment aux points 4 et 5, s’agissant de ses liens avec la France, et qui révèle que sa présence constitue une menace pour l’ordre public, sont, alors d’ailleurs qu’il a fait l’objet de plusieurs mesures d’éloignement antérieures, de nature à justifier légalement, dans son principe et sa durée de deux ans, la décision d’interdiction de retour sur le territoire français en litige.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l’Hérault.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Faïck, président,
M. Lafon, président assesseur,
Mme Lasserre, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.


Le rapporteur,

N. Lafon
Le président,

F. Faïck

La greffière,

E. Ocana





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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