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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00161

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00161

mardi 3 décembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00161
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantBELAID CELYA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 du préfet de la Charente-Maritime en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, qu'il fixe le pays de renvoi et qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2306626 du 3 novembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté cette demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en régularisation, enregistrés sous le n° 24TL00161 respectivement le 17 janvier 2024, le 11 juin 2024 et le 11 octobre 2024, M. B, représenté par Me Belaid, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 3 novembre 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Charente-Maritime portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

-cette décision est insuffisamment motivée ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

-elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

-cette décision est entachée d'un défaut de motivation en fait en violation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

-cette décision est insuffisamment motivée en fait ;

-elle est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

-elle est privée de base légale ;

-elle est insuffisamment motivée en fait ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

-elle est privée de base légale ;

-elle est insuffisamment motivée en fait ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

-elle méconnaît le droit au procès équitable tel que garanti par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 31 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

Le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. Coutier, président du pôle étrangers, pour signer les ordonnances mentionnées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, (), par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant ivoirien, est entré en France le 17 septembre 2017 muni d'un passeport revêtu d'un visa long séjour portant la mention " étudiant ". Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", délivrée le 11 octobre 2018 et régulièrement renouvelée jusqu'au 30 septembre 2020. Par un arrêté du 1er octobre 2020, le préfet de la Charente-Maritime a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 1er avril 2021. Par décision du 1er mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande, rejet confirmé par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 31 août 2022. Par un courrier daté du 21 octobre 2022, l'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par un arrêté du 30 octobre 2023, le préfet de la Charente-Maritime a rejeté cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de trois ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet a décidé du placement en rétention administrative de M. B. L'intéressé a saisi le tribunal administratif de Toulouse le 31 octobre 2024 d'une demande tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français contenues dans cet arrêté. Par jugement du 3 novembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté cette demande. Par la présente requête, M. B relève appel de ce jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. M. B n'ayant pas saisi le tribunal administratif de Toulouse de conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 30 octobre 2023 du préfet de la Charente-Maritime et le magistrat désigné par la présidente de ce tribunal n'ayant lui-même pas statué sur de telles conclusions, l'intéressé n'est pas recevable à demander à la cour d'annuler cette décision, les conclusions en ce sens étant nouvelles en appel.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision litigieuse vise les textes dont il a été fait application et précise les éléments de faits propres à la situation personnelle et administrative de M. B en France, en particulier la condamnation pénale prononcée à son encontre par le tribunal correctionnel de La Rochelle le 1er octobre 2020 ainsi que les faits de violence dont il s'est rendu coupable le 28 octobre 2023. Cette décision, qui ne présente ainsi pas un caractère stéréotypé, est suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'appelant.

6. En dernier lieu, si M. B se prévaut d'être entré régulièrement sur le territoire français en 2017 et d'y avoir séjourné en étant détenteur d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " renouvelé jusqu'au 30 septembre 2020, il ressort des pièces du dossier de première instance que l'intéressé a perdu la qualité d'étudiant après que la section disciplinaire du conseil académique de l'université de la Rochelle, saisie de poursuites pour des faits de plagiat dans son mémoire de recherche, a prononcé à son encontre par une décision du 27 novembre 2019 une sanction d'exclusion temporaire pour une durée de six mois. Il ressort également des pièces du dossier que, alors qu'il a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Charente-Maritime du 1er octobre 2020 portant notamment obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pour une durée de deux ans, il n'a pas déféré à cette mesure d'éloignement. Il n'a ensuite été de nouveau autorisé à séjourner sur le territoire français que le temps de l'examen de sa demande d'asile déposée le 1er avril 2021, demande qui a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 31 août 2022. En outre, l'intéressé ne justifie d'aucune attache ni d'aucune intégration particulière en France et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par ailleurs, M. B a été condamné par jugement du tribunal correctionnel de La Rochelle du 1er octobre 2020 pour des faits de violence ayant entrainé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours à une peine d'emprisonnement de six mois avec sursis probatoire de deux ans, révoqué à hauteur de six mois par un jugement du juge d'application des peines du tribunal judiciaire de La Rochelle du 7 décembre 2020, et qu'il est convoqué devant le tribunal correctionnel de La Rochelle le 3 juin 2024 pour être jugé pour des faits de violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours et pour des faits de port d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, commis le 28 octobre 2023. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la décision litigieuse ne peut être regardée comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de de M. B une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Elle ne méconnaît dès lors pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est entachée ni d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, ni d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation.

Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté dès lors que la présente ordonnance rejette les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette dernière.

8. En deuxième lieu, l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ". Et selon l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

9. Il ressort des énonciations de l'arrêté contesté que le préfet de la Charente-Maritime a fondé la décision par laquelle il a refusé d'octroyer un délai de départ volontaire à M. B sur les 1° et 3° de l'article L. 612-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a expressément indiqué, dans cet arrêté, que le comportement de l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public en faisant état de la condamnation dont il a fait l'objet en 2020 ainsi que des faits qu'il a commis en octobre 2023 et qui lui valent une convocation devant le tribunal correctionnel de La Rochelle le 3 juin 2024, également qu'il existait des risques qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement prise à son encontre dès lors qu'il a déjà fait échec à une précédente mesure. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.

10. Eu égard à ce qui a été dit au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B. Pour les mêmes motifs, le préfet a pu légalement refuser d'octroyer un délai de départ volontaire à M. B et n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence en décidant de ce refus. Enfin, la décision contestée n'apparaît pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

11. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté dès lors que la présente ordonnance rejette les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette dernière.

12. M. B reprend en appel le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit au par le tribunal au point 9 de ce jugement.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté dès lors que la présente ordonnance rejette les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette dernière.

14. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

15. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français, une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

16. D'une part, il ressort des énonciations mêmes de l'arrêté contesté, qui vise notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de la Charente-Maritime a expressément examiné la situation de M. B au regard de ces dispositions et des critères qu'elles comportent. La motivation de cette décision répond ainsi aux exigences posées au point précédent.

17. D'autre part, ainsi qu'il a été exposé précédemment, l'appelant ne démontre pas avoir établi de liens personnels ou familiaux en France, sa présence sur le territoire français depuis 2017 résulte en partie du fait qu'il n'a pas déféré à la mesure d'éloignement prise à son encontre en 2020. Enfin, il apparait que la présence de M. B sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public pour les motifs exposés au point 6 ci-dessus. Les éléments qui précèdent sont de nature à justifier légalement, dans son principe et sa durée, l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an prononcée à son encontre par le préfet de la Haute-Garonne.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle () / 3. Tout accusé a droit notamment à () / c. se défendre lui-même ou avoir l'assistance d'un défenseur de son choix et, s'il n'a pas les moyens de rémunérer un défenseur, pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d'office, lorsque les intérêts de la justice l'exigent () ".

19. Si M. B a reçu convocation du procureur de la République près le tribunal judiciaire de La Rochelle afin d'être jugé le 3 juin 2024, la décision attaquée n'a pas pour effet de le priver de son droit d'accès à un tribunal, ni de son droit à un procès équitable, dès lors qu'il ressort des termes mêmes de cette convocation qu'il pouvait demander à être jugé en son absence et à se faire représenter par un avocat au cours de l'audience. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit dès lors être écarté. Pour les mêmes motifs, il n'apparaît pas que la décision en cause serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation de l'intéressé.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Belaid et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Charente-Maritime.

Fait à Toulouse, le 3 décembre 2024.

Le président désigné,

signé

B. COUTIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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