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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00200

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00200

mardi 27 août 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00200
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantTOUBOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Toulouse, premièrement, de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, deuxièmement, d'annuler les arrêtés du 9 mars 2023 par lesquels le préfet de la Haute-Garonne leur a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel ils seraient reconduits d'office, et troisièmement, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2301897, 2301898 du 24 mai 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2024 sous le n° 24TL00200, M. et Mme B, représentés par Me Touboul, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement rendu par le tribunal administratif de Toulouse le 24 mai 2023 ;

2°) d'annuler les arrêtés du 9 mars 2023 par lesquels le préfet de la Haute-Garonne leur a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel ils seraient reconduits d'office ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, mettre à la charge de l'Etat cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'un défaut d'examen de leur situation personnelle ;

- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse.

M. B n'a pas a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 6 décembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. et Mme B, ressortissants nigérians, respectivement nés le 12 janvier 1995 et le 26 juin 1996, déclarent être entrés en France le 30 juillet 2021 accompagnés de leurs deux enfants mineurs. Leurs demandes d'asile ainsi que celle de leurs enfants ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 décembre 2021, décisions confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 9 décembre 2022. Par deux arrêtés du 9 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne leur a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel ils seraient reconduits d'office. Par un jugement du 24 mai 2023, dont M. et Mme B relèvent appel, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté leurs demandes tendant notamment à l'annulation de ces décisions.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

3. Les arrêtés attaqués visent les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention relative aux droits de l'enfant et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Haute-Garonne a précisé les éléments de fait propres à la situation personnelle et administrative en France de M. et Mme B, notamment leurs entrées le 30 juillet 2021 selon leurs déclarations. Le préfet de la Haute-Garonne mentionne que les requérants, qui se déclarent mariés, font tous les deux l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Enfin, le représentant de l'Etat mentionne que les intéressés, qui ne démontrent pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine et n'établissent pas être exposés à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Par conséquent, même si les requérants ont porté à la connaissance du préfet de la Haute-Garonne les éléments relatifs à l'état de santé de Mme B et au handicap de leur plus jeune enfant, les arrêté attaqués sont suffisamment motivés et cette motivation révèle, contrairement à ce qui est soutenu, que l'administration a procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant.

4. Aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

5. Il résulte des pièces du dossier que M. et Mme B sont en situation irrégulière en France et que tous les membres de la famille ont vocation à résider au Nigéria où les enfants pourront poursuivre leur scolarité alors que les pièces produites ne démontrent pas que l'aîné, qui fait l'objet d'un accompagnement spécifique pour sa scolarité en maternelle décidé par la commission départementale des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, notamment pour l'accompagnement à la gestion des émotions, ne pourra être pris en charge dans son pays d'origine. Par conséquent, en prenant les arrêtés attaqués, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu l'intérêt supérieur des enfants des requérants. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, les conclusions présentées à fin d'annulation peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 27 août 2024.

Le président,

Signé

J-F. Moutte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef

N°24TL00200

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