lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00253 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HERDEIRO CARLA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Par un jugement n° 2305527 du 15 décembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2024, M. A, représenté par Me Herdeiro, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; la commission des faits de détention et usage de stupéfiants ou de conduite de véhicule sans permis est ancienne ; sa volonté d'intégration a été reconnue par la commission du titre de séjour ;
- n'ayant pas résidé entre le 6 juin 2014 et le 22 septembre 2016 dans son pays d'origine, la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;
- eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, l'arrêté méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; l'appréciation portée par le tribunal administratif de Montpellier dans son jugement du 15 décembre 2023 entre en contradiction avec celle retenue dans le jugement du 27 septembre 2023 annulant l'obligation de quitter le territoire français dont il faisait l'objet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, de nationalité tunisienne né le 8 octobre 1991, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " et la délivrance d'une carte de résident. Par un premier arrêté du 10 mars 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Melun du 6 décembre 2022 qui a enjoint à l'autorité préfectorale de procéder au réexamen de la demande de l'intéressé après avoir saisi la commission du titre de séjour. Par un arrêté du 31 mai 2023, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 27 septembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a annulé l'arrêté du 31 mai 2023 en tant qu'il oblige M. A à quitter le territoire français. Par la présente requête, l'intéressé relève appel du jugement du 15 décembre 2023 par lequel ce même tribunal a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Lorsque l'administration oppose ce motif pour refuser de faire droit à une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. La menace pour l'ordre public s'apprécie au regard de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l'étranger en cause. Il n'est donc ni nécessaire, ni suffisant que le demandeur ait fait l'objet de condamnations pénales. L'existence de celles-ci constitue cependant un élément d'appréciation au même titre que d'autres éléments tels que la nature, l'ancienneté ou la gravité des faits reprochés à la personne ou encore son comportement habituel.
4. M. A reprend en appel le moyen, qu'il avait soulevé devant le tribunal administratif de Montpellier, tiré de l'erreur d'appréciation commise par la préfète du Val-de-Marne quant à l'existence d'une menace à l'ordre public. Il n'apporte aucun élément de droit et de fait de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges au point 4 du jugement attaqué. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoptions des motifs retenus à bon droit par le tribunal.
5. En deuxième lieu, M. A soutient que la préfète du Val-de-Marne a commis une erreur de fait en indiquant à tort dans l'arrêté attaqué qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine où il a résidé entre le 6 juin 2014 et le 22 septembre 2016, alors qu'il a obtenu le 10 avril 2015 un certificat de formation générale délivré par l'académie de Lyon. Toutefois, comme l'ont retenu à bon droit les premiers juges, si l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait relative à la période pendant laquelle l'intéressé était présent en France, la préfète du Val-de-Marne, en appréciant la situation personnelle de l'intéressé, aurait pris la même décision si elle n'avait pas commis cette erreur de fait sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, n'étant pas de nature à entraîner l'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
7. D'une part, si M. A déclare être entré le 9 juin 2004 à l'âge de douze ans et se prévaut de la présence sur le territoire français de ses quatre frères et sœurs, en situation régulière ou de nationalité française, il ne démontre pas que sa présence auprès d'eux serait indispensable. Par ailleurs, la seule production d'une attestation rédigée par une ressortissante française faisant état d'un projet de mariage et d'emménagement ne peut suffire à caractériser l'intensité et la stabilité de la relation de couple dont il se prévaut. En outre, si M. A produit un certificat de travail établi 19 janvier 2024 pour l'emploi de chauffeur livreur qu'il a occupé du 29 novembre 2021 au 20 septembre 2023, ce seul élément ne permet pas d'établir une insertion professionnelle particulière en France.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet le 19 septembre 2023 d'un arrêté préfectoral portant placement en rétention administrative. En outre, ainsi qu'il a été exposé au point 4 de la présente ordonnance, l'intéressé a commis plusieurs infractions, dont la dernière a fait l'objet d'une condamnation le 27 mars 2022. Dans ces conditions, le refus opposé par la préfète du Val-de-Marne à sa demande de titre de séjour ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Toulouse, le 15 juillet 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026