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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00291

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00291

mardi 18 novembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00291
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCADIOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société par actions simplifiée Compagnie générale d’entreprise moderne de construction a demandé au tribunal administratif de Toulouse de condamner la commune de Saubens à lui verser la somme de 35 458,96 euros au titre du solde du décompte général et définitif des travaux réalisés, assortie des intérêts de retard à compter du 19 mai 2020. Elle a également demandé au tribunal administratif de condamner cette commune à lui verser la somme de 2 000 euros au titre du préjudice économique subi.

Par un jugement n° 2100018 du 30 novembre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, et un mémoire, enregistré le 24 octobre 2024, la société Compagnie générale d’entreprise moderne de construction, représentée par
Me Mathe, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Toulouse du 30 novembre 2023 ;

2°) de condamner la commune de Saubens à lui verser la somme de 35 458,96 euros au titre du solde du décompte général et définitif des travaux réalisés, assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 mai 2020 ;

3°) de condamner cette commune à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice économique subi ;

4°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 4 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la réception des travaux doit être réputée acquise au 6 décembre 2019 dès lors que, d’une part, le maître d’œuvre, en méconnaissance de l’article 41.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, ne lui a pas fait connaître dans le délai de cinq jours s’il avait ou non proposé au représentant du maître de l’ouvrage de prononcer la réception des ouvrages, d’autre part, le maître de l’ouvrage n’a pas procédé à la réception des travaux en méconnaissance de l’article 41.1.3 de ce cahier et enfin, le maître de l’ouvrage ayant pris possession des ouvrages, la réception est tacitement intervenue en application de l’article 41.8 de ce cahier ;

- dès lors que l’ouvrage était en état d’être réceptionné, le refus de la commune de Saubens de procéder à sa réception, le cas échéant assortie de réserves, est abusif ; ce refus est constitutif d’une faute de nature à engager la responsabilité contractuelle du maître de l’ouvrage ; les fissures du béton coulé du sol ne constituent pas un motif légitime de refus de réception avec réserves ;

- dès lors que la commune de Saubens ne lui a pas transmis le décompte général, son projet de décompte général qu’elle lui a transmis, est devenu le décompte général et définitif en application de l’article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux qui lie définitivement les parties ;

- la commune qui a accepté le risque de fissuration du béton ciré mis en œuvre sur une dalle portée, ne peut se prévaloir de ce désordre pour s’exonérer du paiement du solde des travaux ;

- la commune de Saubens ne peut valablement retenir le paiement du solde du marché au titre de la retenue de garantie qui ne peut être utilisée que pour la réparation des malfaçons constatées lors de la réception ou pendant le délai de garantie ; la somme de 35 458,96 euros restant due, dépasse les 5 % de retenue de garantie autorisé par l’article R. 2191-33 de la commande publique ;

- dès lors que la commune de Saubens qui dispose d’une garantie afin de couvrir le montant des désordres allégués, ne l’a pas mise en œuvre, son refus de procéder au paiement du décompte général et définitif depuis le 19 mai 2020 présente un caractère abusif.


Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 septembre 2024 et le 22 janvier 2025, la commune de Saubens, représentée par Me Cadiou, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de la société appelante la somme de 4 000 euros en application de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucune réception expresse ou tacite des travaux en litige n’est intervenue ;

- elle n’a opposé aucun refus de réception à la société appelante qui n’aurait pu être caractérisé que si, conformément à l’article 41.1.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, cette société l’avait informée que la maîtrise d’œuvre refusait de signer le procès-verbal de réception ;

- le document produit à l’instance qui ne comporte pas la signature du maître d’œuvre ne peut être regardé comme le procès-verbal des opérations préalables à la décision de réception prévu à l’article 41.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ; la société appelante s’est abstenue de mettre en œuvre les mesures prévues par l’article 41.1.2 de ce cahier pour tenter d’obtenir la réception des travaux ;

- la réception tacite des travaux n’est pas acquise dès lors qu’elle a manifesté son intention de ne pas y procéder dans ses courriers ou en retenant le solde du marché ;

- en l’absence de réception expresse ou tacite des travaux qui constitue l’événement à compter duquel le projet de décompte final est transmis par le titulaire, ce projet de décompte final présente un caractère précoce et ne peut faire naître le décompte général et définitif du marché ;

- elle n’a jamais accepté que le sol en béton de l’ouvrage supporte des fissures ; le maître d’œuvre a signalé la présence de ces fissures dans le procès-verbal et les réserves n’ont pas été levées ;

- dès lors que l’absence de paiement du solde du marché est justifiée par le défaut de survenance de la réception, l’invocation d’une retenue de garantie ou d’une garantie à première demande ayant pour seul objet de couvrir les réserves formulées à la réception, est inopérante ; ce moyen, fondé sur une cause juridique distincte, est irrecevable ;

- en l’absence de demande indemnitaire préalable, les conclusions indemnitaires de la société appelante au titre desquelles elle sollicite une indemnité de 2 000 euros en réparation du préjudice économique prétendument subi, sont irrecevables.

Par une ordonnance du 23 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 25 février 2025 à 12 heures.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, dans sa version modifiée par l’arrêté du
3 mars 2014 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de Mme Beltrami, première conseillère,
- les conclusions de M. Jazeron, rapporteur public,
- et les observations de Me Cadiou, représentant la commune de Saubens.


Considérant ce qui suit :

1. En 2018, la commune de Saubens (Haute-Garonne) a attribué un marché public de travaux, relatif notamment à la construction d’une maison des aînés, à la société Compagnie générale d'entreprise moderne construction. A la suite de l’achèvement des travaux en décembre 2019, par un courrier du 27 février 2020, reçu le lendemain, cette société a adressé au maître d’œuvre, un projet de décompte final soldant le marché pour la somme de 391 468,42 euros hors taxes. Par un courrier du 19 mai 2020, cette société a demandé à la commune de régler le solde des travaux, pour un montant de 35 458,96 euros toutes taxes comprises, assorti des intérêts moratoires à compter de cette date. A la suite du courrier du maître d’œuvre du 1er juin 2020 indiquant le refus de la commune de régler ce solde compte tenu des fissures affectant l’ouvrage, elle a adressé à la commune de Saubens, le 10 juin 2020, reçu le 23 juin 2020, une mise en demeure de régler le solde du marché valant mémoire en réclamation. La société Compagnie générale d’entreprise moderne de construction relève appel du jugement du 30 novembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande de condamnation de la commune de Saubens à lui verser d’une part la somme de 35 458,96 euros au titre du solde du décompte général et définitif des travaux réalisés, assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 mai 2020, et d’autre part, la somme de 2 000 euros au titre du préjudice économique subi.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué en ce qui concerne les conclusions tendant au paiement du solde du décompte général et définitif du marché :

2. Aux termes de l’article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, dans sa rédaction issue de l’arrêté du 3 mars 2014 : « Après l’achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d’exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l’exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées (…) ». Selon l’article 13.3.2 : « Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d’œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu’elle est prévue à l’article 41.3 ou, en l’absence d’une telle notification, à la fin de l’un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / (…) »

3. Il résulte de ces stipulations qu’avant la date de notification de la décision de réception des travaux, le projet de décompte final qui serait adressé par le titulaire au pouvoir adjudicateur doit être regardé comme précocement transmis, en application de l’article 13.3.1, et ne peut faire naître le décompte général et définitif du marché.

4. Aux termes de l’article 41.1 du cahier des clauses administratives générales applicables au marché en litige : « Le titulaire avise, à la fois, le maître de l'ouvrage et le maître d'œuvre, par écrit, de la date à laquelle il estime que les travaux ont été achevés ou le seront. Le maître d'œuvre procède, le titulaire ayant été convoqué, aux opérations préalables à la réception des ouvrages dans un délai qui est de vingt jours à compter de la date de réception de l'avis mentionné ci-dessus ou de la date indiquée dans cet avis pour l'achèvement des travaux, si cette dernière date est postérieure. / 41. 1. 1. Le représentant du pouvoir adjudicateur, avisé par le maître d'œuvre de la date de ces opérations, peut y assister ou s'y faire représenter. Le procès-verbal prévu à l'article
41. 2 mentionne soit la présence du représentant du pouvoir adjudicateur, soit, en son absence, le fait que le maître d'œuvre l'avait avisé. / En cas d'absence du titulaire à ces opérations, il en est fait mention au procès-verbal qui lui est notifié. / 41. 1. 2. Dans le cas où le maître d'œuvre n'a pas arrêté la date de ces opérations dans le délai fixé, le titulaire en informe le représentant du pouvoir adjudicateur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Celui-ci fixe la date des opérations préalables à la réception, au plus tard, dans les trente jours qui suivent la réception de la lettre adressée par le titulaire, et la notifie au titulaire et au maître d'œuvre ; il les informe également qu'il sera présent ou représenté à la date des constatations et assisté, s'il le juge utile, d'un expert, afin que puissent être mises en application les dispositions particulières suivantes : / -si le maître d'œuvre dûment convoqué n'est pas présent ou représenté à la date fixée, cette absence est constatée et les opérations préalables à la réception sont effectuées par le représentant du pouvoir adjudicateur et son assistant éventuel ; / -il en est de même si le maître d'œuvre présent ou représenté refuse de procéder à ces opérations. / 41. 1. 3. A défaut de la fixation de cette date par le représentant du pouvoir adjudicateur, la réception des travaux est réputée acquise à l'expiration du délai de trente jours susmentionné. »

5. Aux termes de l’article 41.2 du même cahier : « Les opérations préalables à la réception comportent : - la reconnaissance des ouvrages exécutés ; - les épreuves éventuellement prévues par le cahier des clauses administratives particulières ; - la constatation éventuelle de l’inexécution des prestations prévues au marché ; - la constatation éventuelle d’imperfections ou malfaçons ; - sauf stipulation différente du cahier des clauses administratives particulières prévue au 11 de l’article 19, la constatation du repliement des installations de chantier et de la remise en état des terrains et des lieux ; - les constatations relatives à l’achèvement des travaux. Ces opérations font l’objet d’un procès-verbal dressé sur-le-champ par le maître d’œuvre et signé par lui et par l’entrepreneur ; si ce dernier refuse de le signer, il en est fait mention. Dans le délai de cinq jours suivant la date du procès-verbal, le maître d’œuvre fait connaître au titulaire s’il a ou non proposé au représentant du pouvoir adjudicateur de prononcer la réception des ouvrages et, dans l’affirmative, la date d’achèvement des travaux qu’il a proposé de retenir, ainsi que les réserves dont il a éventuellement proposé d’assortir la réception. Dans le cas où le maître d’œuvre ne respecte pas le délai de cinq jours mentionné à l’alinéa précédent, le titulaire peut transmettre un exemplaire du procès-verbal au représentant du pouvoir adjudicateur, afin de lui permettre de prononcer la réception des travaux, le cas échéant. (…) ».

6. Son article 41.3 stipule que : « Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d’œuvre, la personne responsable du marché décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. Si elle prononce la réception, elle fixe la date qu’elle retient pour l’achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée à l’entrepreneur dans les quarante-cinq jours suivant la date du procès‑verbal. A défaut de décision de la personne responsable du marché notifiée dans le délai précisé ci-dessus, les propositions du maître d’œuvre sont considérées comme acceptées (…) ».

7. Selon l’article 41.8 de ce cahier : « Toute prise de possession des ouvrages par le maître de l’ouvrage doit être précédée de leur réception. Toutefois, s’il y a urgence, la prise de possession peut intervenir antérieurement à la réception, sous réserve de l’établissement préalable d’un état des lieux contradictoire. »

8. En premier lieu, il résulte de l’instruction qu’un document intitulé « Réception des travaux-Procès-verbal des opérations préalables à la réception » portant sur le lot 1-Gros œuvres afférent à la construction de la maison des aînés, a été dressé le 6 décembre 2019 par le maître d’œuvre en présence du représentant du maître de l’ouvrage et du titulaire du marché. Ce document qui indique la date d’achèvement des travaux proposée par la société titulaire appelante, se prononce sur les épreuves effectuées, l’exécution des travaux, la conformité des ouvrages aux spécifications du marché, sur le repliement des installations du chantier et sur la remise en état des lieux, et comporte un tableau répertoriant un ensemble de réserves, fait état de l’ensemble des constatations que le procès-verbal des opérations préalables à la réception doit renfermer en vertu de l’article 41.2 du cahier précité. Toutefois, dès lors que ce document n’était pas signé par le maître d’œuvre, il ne pouvait être regardé comme valant procès-verbal des opérations préalables à la décision de réception au sens de l’article 41.2 qui impose une telle signature, mais seulement comme un document préparatoire à ces opérations. Afin de combattre l’inertie du maître d’œuvre, il appartenait alors à la société appelante, conformément à l’article 41.1.2 du cahier précité, d’informer le représentant du pouvoir adjudicateur de ce que le maître d’œuvre n’avait pas arrêté la date des opérations préalables à la réception des ouvrages dans le délai de vingt jours prévu à l’article 41.1 de ce cahier afin qu’il fixe la date de ces opérations dans un délai de trente jours suivant la lettre adressée par le titulaire et effectue lui-même les opérations en cas d’absence du maître d’œuvre ou de refus de ce dernier d’y procéder.

9. A supposer même que ce document puisse être regardé comme valant procès-verbal des opérations préalables à la décision de réception, il résulte de l’instruction qu’alors qu’il est constant que le maître d’œuvre n’avait pas fait connaître à la société Compagnie générale d’entreprise moderne de construction dans les cinq jours de l’établissement de ce document s’il avait ou non proposé au représentant du pouvoir adjudicateur de prononcer la réception des ouvrages, cette dernière n’a toutefois pas transmis comme le prévoit l’article 41.2 précité un exemplaire du procès-verbal à la commune de Saubens qui n’a donc pas pu prononcer, le cas échéant, la réception des travaux. Faute d’avoir procédé à cette transmission qui aurait permis de passer-outre le manque de diligence du maître d’œuvre, la société appelante ne pouvait considérer que la réception des travaux était réputée prononcée avec une prise d’effet à la date fixée pour l’achèvement des travaux au 6 décembre 2019. Dès lors, la réception expresse des travaux afférent au lot 1 du marché dont la société appelante était titulaire, ne peut être regardée comme étant intervenue.

10. En second lieu, certes, la commune de Saubens avait bien investi les lieux lorsque l’appelante a présenté le 27 février 2020 son projet de décompte final puisque la maison des aînés avait été inaugurée le 18 décembre 2019. Toutefois, la prise de possession de l’ouvrage par la commune ne peut valoir réception qu’à la condition que la commune intention des parties ait bien été de réceptionner l’ouvrage. Or, il ne résulte pas de l’instruction et notamment pas du courriel dont se prévaut la société appelante que la commune de Saubens aurait accepté les malfaçons tenant à la présence de fissures sur les murs en enduit et les sols en béton cirés, et, de ce fait, entendu prononcer la réception tacite de l’ouvrage. Au contraire, la succession de lettres adressées à la société appelante tant par l’architecte que par le maire entre le 21 février et le 4 août 2020, lesquelles confirment au demeurant qu’il n’a pas été remédié aux fissures, corrobore l’absence de volonté de la commune de procéder à la réception des travaux. Dès lors, la réception tacite des travaux afférent au lot 1 du marché dont la société appelante était titulaire, ne peut être regardée comme étant intervenue du fait de la prise de possession de l’ouvrage.

11. Il résulte de ce qui précède que ni la réception expresse de l’ouvrage, ni sa réception tacite n’étant intervenue à la date d’établissement du projet de décompte final adressé le
27 février 2020 par la société Compagnie générale d’entreprise moderne construction à la commune de Saubens, ce projet doit être regardé comme précocement transmis, en application de l’article 13.3.1, et n’a pu faire naître le décompte général et définitif du marché. Dès lors, les conclusions tendant au paiement du solde du décompte général et définitif du marché, ne peuvent qu’être rejetées.

12. Par ailleurs, les moyens relatifs à la retenue de garantie et à la garantie à première demande qui, en l’absence de réception effective, sont inopérants, ne peuvent qu’être écartés.


Sur la régularité du jugement attaqué en ce qui concerne le rejet comme irrecevables des conclusions indemnitaires :

13. Dès lors que la société appelante ne soulève en appel aucun moyen de nature à contester l’irrecevabilité des conclusions indemnitaires prononcée par les premiers juges, les conclusions indemnitaires présentées par la société Compagnie générale d’entreprise moderne construction doivent être rejetées.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la société Compagnie générale d’entreprise moderne construction n’est pas fondée à soutenir que, c’est à tort, que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté ses demandes.


Sur les conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saubens, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société appelante, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
16. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre une somme à la charge de la société appelante à ce même titre.

DÉCIDE:


Article 1er : La requête de la société Compagnie générale d’entreprise moderne de construction est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saubens sur le fondement de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la société par actions simplifiée Compagnie générale d’entreprise moderne de construction et à la commune de Saubens.

Délibéré après l’audience du 4 novembre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Romnicianu, président,
M. Bentolila, président-assesseur,
Mme Beltrami, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2025.

La rapporteure,

K. Beltrami
Le président,

M. Romnicianu

La greffière,

C. Lanoux


La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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