lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00441 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler les arrêtés du 25 mai 2023 par lesquels la préfète du Gard, lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence.
Par un jugement n° 2302264 du 27 juin 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 19 février 2024, M. B représenté par M. C, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 27 juin 2023 du tribunal administratif de Nîmes ;
2°) d'annuler les arrêtés du 25 mai 2023 par lesquels la préfète du Gard lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Gard de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant des arrêtés pris dans leur ensemble :
- ils sont entachés d'une incompétence de l'auteur de l'acte compte tenu de la délégation de signature trop générale accordée à M. Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard ;
- ils méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ils sont entachés d'une erreur de fait.
S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence :
- ils sont privés de base légale par suite de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire, résultant d'une erreur de fait.
Par une décision du 12 janvier 2024, le bureau d'aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Toulouse a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code pénal ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant gambien né le 5 mars 2003, est entré en France irrégulièrement, selon ses déclarations, le 16 décembre 2019. Le 28 avril 2021, l'intéressé a déposé une demande de titre de séjour temporaire, en sa qualité d'ancien mineur placé à l'aide sociale à l'enfance. Par deux arrêtés du 25 mai 2023, la préfète du Gard a refusé la demande d'admission au séjour de l'intéressé, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant un an et l'a assigné à résidence. M. B relève appel du jugement du 27 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
2. Le dernier alinéa de l'article R. 222 1 du code de justice administrative dispose : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions litigieuses :
3. En premier lieu, l'arrêté litigieux est signé par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard. M. Loiseau disposait, aux termes d'un arrêté n° 30-2023-05-25-0006 du 25 mai 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture d'une délégation à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département du Gard, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite et dès lors que cette délégation de signature ne présente pas un caractère trop général, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En second lieu, pour demander l'annulation des décisions attaquées, l'appelant soutient qu'elles seraient entachées d'une erreur de fait en ce qu'il aurait été victime d'usurpation d'identité et d'homonymie. Toutefois, ainsi que l'ont estimé à bon droit les premiers juges, il ressort des pièces du dossier que des examens médicaux ont remis en cause l'âge allégué en décembre 2019 et que M. B a été reconnu coupable et condamné à raison de faits d'usage de faux documents et d'obtention indue de documents administratifs par jugement du tribunal judiciaire de Perpignan le 2 juillet 2020. M. B a, entretemps, été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du Gard sous réserve de remise en cause de sa minorité le 15 janvier 2020, après s'être soustrait à la mesure d'assignation à résidence prononcée à son encontre par le préfet des Pyrénées-Orientales le 16 décembre 2019. Le procureur de la République a été saisi d'un nouvel usage de faux et d'escroquerie sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale. S'il soutient avoir fait l'objet d'une usurpation d'identité et conteste être l'auteur des délits à l'origine de la condamnation pénale le concernant, aucune des pièces versées au dossier ne permet de l'établir. Dans ces circonstances, la préfète du Gard n'a pas entaché ses décisions d'une erreur de fait s'agissant de la fraude mentionnée.
5. En troisième lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir statuant sur la légalité des décisions prises en matière de séjour ou d'obligation de quitter le territoire français, de tenir compte de l'autorité absolue de la chose jugée qui s'attache aux constatations de fait mentionnées dans une décision définitive du juge pénal statuant sur le fond de l'action publique et qui sont le support nécessaire de son dispositif. Lorsqu'un juge pénal a relevé qu'un étranger a fait usage de faux documents administratifs, il ne découle pas nécessairement de telles constatations que l'ensemble des actes accomplis sous l'identité ainsi usurpée doivent être regardés comme accomplis par l'étranger qui s'est rendu coupable de cette usurpation. Il incombe au juge administratif, pour apprécier la réalité du séjour de l'étranger et la consistance de ses liens personnels et familiaux pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'apprécier l'ensemble des pièces produites par l'intéressé, en tenant compte de la nature particulière des documents produits sous couvert d'une usurpation d'identité.
7. M. B, présent sur le territoire français depuis 2019, se prévaut de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance en sa qualité de mineur isolé depuis 2020 et de l'obtention de son CAP boulangerie. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans enfant, ait développé des attaches personnelles particulières depuis son entrée sur le territoire français. Son apprentissage, bien qu'il ressorte notamment du témoignage de son employeur qu'il fournit des efforts, ne suffit pas à justifier de son intégration en France alors qu'il a vécu l'essentiel de sa vie dans son pays d'origine, où vivent encore ses parents. Si le requérant se prévaut d'une usurpation d'identité et d'homonymie, cette seule circonstance n'est, en tout état de cause, pas de nature à justifier l'absence de consistance de liens personnels et familiaux effectifs en France. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de M. B en France, la préfète du Gard n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence :
8. Compte tenu des circonstances mentionnées au point 4 ci-dessus, M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus de délai de départ volontaire qui lui a été opposé est entaché d'illégalité par suite d'une erreur de fait. En conséquence, il ne peut invoquer l'illégalité de cette décision pour soutenir que l'interdiction de retour et l'assignation à résidence qu'il conteste seraient privées de base légale.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué du 27 juin 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté ses conclusions à fin d'annulation des arrêtés attaqués. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
ORDONNE:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Gard.
Fait à Toulouse, le 15 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre,
É. Rey-Bèthbéder
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026