mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00649 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL Sylvain LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 16 mai 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
M. B a également demandé au même tribunal l'annulation de l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Par un jugement nos 2203326 et 2300053 du 30 novembre 2023, le tribunal administratif de Toulouse, après avoir joint les deux procédures, a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2024, M. B, représenté par Me Laspalles, demande à la cour :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler ce jugement ;
3°) d'annuler les arrêtés des 16 mai 2022 et 23 décembre 2022 du préfet de la Haute-Garonne ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, en tout état de cause, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de son état de santé, de l'établissement de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français, de son intégration particulière en France et de ce qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'autorité préfectorale n'a pas respecté la procédure contradictoire, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ; il ignorait que le refus apporté à sa demande de titre de séjour pouvait le contraindre à quitter le territoire français ;
- il n'est pas établi que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait été rendu à l'issue d'une délibération collégiale et ce vice de procédure l'a privé d'une garantie ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation et le préfet de la Haute-Garonne ne lui a pas demandé les éléments pertinents et nécessaires, en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- l'autorité préfectorale s'est cru à tort en état de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, l'arrêté est entaché d'une erreur de droit, en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- le refus d'admission au séjour porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'autorité préfectorale n'a pas pris en compte les circonstances humanitaires exceptionnelles dont il peut se prévaloir ;
- eu égard à l'ancienneté de son séjour, des démarches qu'il a initiées, de ses attaches en France, de sa parfaite intégration et de son état de santé, le préfet de la Haute-Garonne aurait dû mettre en œuvre son pouvoir de régularisation ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que sa situation justifie de répondre favorablement à sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'autorité préfectorale n'a pas respecté la procédure contradictoire, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation et le préfet de la Haute-Garonne ne lui a pas demandé les éléments pertinents et nécessaires, en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, l'arrêté méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît le paragraphe 3 de l'article 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
Sur la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;
- l'arrêté est dépourvu de base légale ;
- l'autorité préfectorale s'est placée dans une situation de compétence liée ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il justifie qu'un délai supérieur à un mois lui soit accordé pour quitter le territoire français ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- l'arrêté porte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, tel que protégé par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de la Haute-Garonne n'a pas respecté la procédure contradictoire, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut d'examen sérieux et attentif de sa situation et l'autorité préfectorale ne lui a pas demandé les éléments pertinents et nécessaires, en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation par méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 17 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, de nationalité congolaise né le 20 février 1990, a sollicité son admission au séjour le 3 novembre 2017 pour motif humanitaire en raison de son état de santé. Par un arrêté du 16 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par un arrêté du 23 décembre 2022, cette même autorité l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. B relève appel du jugement du 30 novembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté ses demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 17 mai 2024. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont sans objet et doivent être rejetées.
Sur la régularité du jugement :
4. Si M. B fait grief aux premiers juges d'avoir commis une erreur d'appréciation de son état de santé, de l'établissement de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français, de son intégration particulière en France et de ce qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, un tel moyen soulevé en ce sens ne se rapporte pas à la régularité du jugement attaqué mais relève du contrôle du juge de cassation et non du contrôle du juge d'appel, auquel il appartient seulement, dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel, de se prononcer sur la légalité des arrêtés préfectoraux en litige.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
5. En premier lieu, les arrêtés du préfet de la Haute-Garonne des 16 mai 2022 et 23 décembre 2022 visent les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'autorité préfectorale a précisé les éléments de fait propres à la situation personnelle et administrative en France de M. B, notamment le fait qu'il déclare, sans en apporter la preuve, être entré sur le territoire français le 4 août 2017. Le préfet a également indiqué que l'intéressé a sollicité son admission au séjour en France pour motif humanitaire en raison de son état de santé le 3 janvier 2022. L'autorité préfectorale a mentionné l'avis du 30 mars 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, aux termes duquel l'état de santé de l'appelant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et, au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. En outre, le préfet a relevé qu'eu égard à son casier judiciaire et son placement sous contrôle judiciaire, le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, il a précisé que l'intéressé ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Le préfet a également mentionné que compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Enfin, l'autorité préfectorale a relevé que le requérant n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation des décisions relatives au refus de titre de séjour, à l'obligation de quitter le territoire français, au délai de départ volontaire de trente jours, à la fixation du pays de destination ainsi qu'à l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et portant interdiction de retour sur le territoire français ni des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".
8. M. B soutient que les décisions du préfet de la Haute-Garonne portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière en raison de l'absence de toute procédure contradictoire dans les conditions définies par les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. D'une part, l'arrêté du 16 mai 2022 portant refus de séjour ayant été pris à la suite de la demande du 3 janvier 2022 d'admission au séjour formulée par l'intéressé, celui-ci ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées. D'autre part, les dispositions des articles L. 613-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminent l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et de leurs mesures accessoires. Par suite, M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre de l'arrêté du 23 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français.
9. En quatrième lieu, le droit d'être entendu au sens de la jurisprudence de la Cour de justice fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
10. L'étranger qui sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour ne saurait ignorer, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, qu'il pourra, en cas de refus, faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il est, par ailleurs, conduit à l'occasion du dépôt de sa demande, qui doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle en préfecture, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il est également loisible à l'étranger, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire ou élément nouveau. Le droit d'être entendu avant que n'intervienne un refus de titre de séjour est ainsi assuré par la procédure prévue et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en l'espèce, M. B n'aurait pas eu, au cours de l'instruction de sa demande, la possibilité de faire état de tous éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle et susceptibles d'influer sur le sens de la décision se prononçant sur sa demande. En particulier, il n'établit pas avoir sollicité, en vain, un entretien avec les services préfectoraux ou avoir été empêché de faire valoir ses observations. Au surplus, le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision portant obligation de quitter le territoire français et ses mesures accessoires, notamment la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, dès lors qu'il a été entendu dans le cadre du dépôt de sa demande d'admission au séjour. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance du droit d'être entendu doivent être écartés.
11. En cinquième lieu, il ne ressort ni de la motivation des décisions portant refus de titre de séjour et octroyant un délai de départ volontaire de trente jours ni des autres pièces des dossiers que l'autorité préfectorale se serait crue en situation de compétence liée pour prendre ces décisions.
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ".
13. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande au titre des dispositions précitées, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
14. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Toutefois, en cas de doute, il lui appartient d'ordonner toute mesure d'instruction utile.
15. D'une part, la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " figurant sur l'avis du 30 mars 2022 produit en première instance fait foi jusqu'à preuve du contraire. L'appelant n'apportant aucun élément de nature à remettre en cause le caractère collégial de cet avis, il n'est pas fondé à soutenir qu'il est irrégulier en raison d'un vice de procédure.
16. D'autre part, par ce même avis, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et, au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, cet état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier que l'appelant, qui a levé le secret médical, présente des délires psychotiques avec hallucinations. Toutefois, le certificat médical du 30 mai 2022 établi par un médecin généraliste ne fait que décrire son état de santé mentionnant que son suivi médical et thérapeutique est indispensable et régulier, sans indiquer de manière circonstanciée que le défaut de prise en charge de son état de santé entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et le certificat médical daté du 31 mai 2022 d'un médecin psychiatre ne fait qu'attester de manière laconique d'un suivi de l'intéressé depuis 2019. Par ailleurs, M. B ne produit aucun élément en appel permettant de remettre en cause la teneur de l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Lorsque l'administration oppose à un étranger le motif tiré de ce que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
18. Pour refuser l'admission au séjour en France pour motif humanitaire en raison de l'état de santé de M. B, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé notamment sur la circonstance que sa présence sur le territoire français constitue une menace à l'ordre public en raison d'une condamnation le 9 juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Dijon pour des faits d'abattage d'animal hors d'un abattoir dans des conditions illicites, avec inscription au bulletin judiciaire n° 2. Contrairement à ce que soutient l'intéressé, la circonstance que la peine de 3 mois d'emprisonnement pour ces faits ait été prononcée avec sursis ne faisait pas obstacle à ce qu'une telle condamnation soit prise en compte par le préfet. L'autorité préfectorale s'est également fondée sur le placement sous contrôle judiciaire de M. B, par une ordonnance du 1er septembre 2021 du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Toulouse, pour des faits graves de violences n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours avec la circonstance que ces faits ont été commis sur un conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité. Si l'appelant se prévaut de sa présomption d'innocence, il ressort des pièces de première instance que le tribunal judiciaire de Toulouse a, par une ordonnance du 25 octobre 2021, retenu la vraisemblance des violences exercées et la mise en danger de l'ancienne compagne de l'intéressé et des enfants eu égard notamment aux dépôts de plainte des 2 juillet 2021 et 30 août 2021 au cours desquels l'ancienne compagne a décrit de manière précise et circonstanciée un viol commis par M. B dans la nuit des 30 et 31 août 2021, ainsi que la tentative de pénétration dans son domicile pour enlever leur fils. Cette ordonnance a fait interdiction à M. B de recevoir ou rencontrer son ancienne compagne, et d'entrer en relation avec elle et ses trois enfants de quelque façon que ce soit, ainsi que de se rendre à son domicile, de détenir ou porter une arme, et a confié exclusivement à son ancienne compagne l'autorité parentale sur les enfants, dont la résidence habituelle a été fixé chez la mère sans droit de visite et d'hébergement à son bénéfice. En l'absence de tout élément permettant de douter de la vraisemblance des faits, que l'intéressé ne conteste d'ailleurs pas sérieusement, et compte tenu de leur gravité et de leur caractère récent à la date de l'arrêté attaqué du 16 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public, faisant obstacle à la délivrance d'un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
20. M. B se prévaut de son entrée sur le territoire français le 4 août 2017, de ce qu'il a initié des démarches pour régulariser sa situation administrative, de ses attaches privées et familiales en France, de son intégration dans la société française, ainsi que de son état de santé. Toutefois, ainsi qu'il a été précédemment dit, l'appelant ne justifie pas de la date de son entrée en France et n'a été admis à séjourner régulièrement sur le territoire national que le temps de l'examen de ses demandes d'asile et d'admission au séjour. Par ailleurs, M. B ne saurait se prévaloir de la présence de son ancienne compagne comme de ses deux enfants au regard de l'ordonnance de protection prise par le tribunal judiciaire de Toulouse le 25 octobre 2021, et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans. En outre, l'appelant ne produit aucun élément de nature à démontrer une intégration sociale particulière en France. Enfin, ainsi qu'il a été exposé au point 16 de la présente ordonnance, le défaut de prise en charge de l'état de santé de M. B ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Par suite, cette décision n'a pas été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'appelant n'établit pas être en situation d'obtenir la délivrance de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
21. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, il n'apparaît pas que l'arrêté contesté aurait sur la situation personnelle et familiale de l'appelant des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il justifierait de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant une admission au séjour. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté doivent être écartés.
22. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs, mais également à celles qui ont pour effet d'affecter leur situation d'une manière suffisamment directe et certaine.
23. M. B se prévaut de sa paternité, étant père de deux enfants, nés les 13 novembre 2019 et 10 février 2021 à Toulouse. Toutefois, il ressort des pièces du dossier de première instance, et notamment de l'ordonnance de protection prise par le tribunal judiciaire de Toulouse le 25 octobre 2021, d'une part que l'ex-compagne de l'appelant a déposé plainte pour pénétration de force chez elle afin d'enlever leur fils et a fait état de violences physiques à l'égard de sa fille, née le 30 avril 2016, qui précise par ailleurs avoir vu l'appelant étrangler sa mère, et d'autre part que l'intéressé a déclaré entendre des voix nécessitant selon l'avis du procureur de la République que, dans l'intérêt supérieur de l'enfant, il soit pris acte du danger encouru par la famille. Cette même ordonnance a fait interdiction à M. B d'entrer en relation avec les trois enfants de quelque façon que ce soit et de se rendre sur le lieu de scolarisation de la fille de son ancienne compagne, a imposé que cette dernière exerce exclusivement l'autorité parentale sur les enfants, a fixé leur résidence habituelle chez la mère en n'accordant aucun droit de visite et d'hébergement au bénéfice de M. B. Si depuis le 25 février 2023, soit postérieurement à la date de l'arrêté attaqué du 23 décembre 2022, l'intéressé bénéficie d'un droit de visite, cette seule circonstance n'est pas de nature à le regarder comme participant pleinement à l'éducation de ses deux enfants. Par suite, l'intéressé ne peut sérieusement soutenir que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas porté une attention particulière à l'intérêt supérieur de ses enfants, sans qu'est d'incidence le versement à la mère, ainsi que lui oblige l'ordonnance de protection du 25 octobre 2021, une pension alimentaire, dont il ne démontre pas, par une seule attestation du 6 mai 2022, verser effectivement. La décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ne méconnaît dès lors pas les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
24. En dernier lieu, les moyens de l'appelant tirés de ce que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire et de l'erreur manifeste d'appréciation en ce que sa situation suppose la délivrance d'un titre de séjour sont dépourvus de toute précision permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé. Ces moyens ne peuvent dès lors qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
25. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 20 et 21 de la présente ordonnance, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle ou familiale de l'intéressé.
26. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 23 de la présente ordonnance, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme méconnaissant les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".
28. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 18 de la présente ordonnance, le comportement de M. B, qui réside irrégulièrement en France depuis l'arrêté du 16 mai 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, constitue une menace pour l'ordre public. En tout état de cause, le préfet de la Haute-Garonne demeurait fondé à l'obliger à quitter le territoire français indépendamment de toute menace à l'ordre public en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à l'arrêt de la Cour nationale du droit d'asile du 31 octobre 2022 confirmant le rejet de sa demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :
29. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de ce que la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours serait, par voie de conséquence, privée de base légale ne peut qu'être écarté.
30. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
31. Il ne ressort pas des pièces des dossiers que la situation de l'appelant se caractériserait par des circonstances exceptionnelles de nature à justifier que le préfet lui accorde un délai de départ volontaire supérieur au délai normal de trente jours. Par suite, la décision n'apparait pas entachée d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
32. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
33. Comme exposé aux points 18 et 20 de la présente ordonnance, la présence sur le territoire français de M. B constitue une menace à l'ordre public et l'intéressé ne peut se prévaloir d'aucun lien stable personnel et familial en France. Dans ces conditions, en prenant à l'encontre de l'intéressé une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
34. En second lieu, compte tenu de tout ce qui vient d'être dit, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an opposée à l'appelant aurait sur sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision sur ce point ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
35. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
36. M. B soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il sera exposé à un risque de subir des traitements inhumains et dégradants en raison de ses " craintes personnelles de persécutions " et des " agissements contre lesquels les autorités sont dans l'incapacité de lui assurer une protection ". Il ne produit cependant aucun document probant au soutien de ce récit permettant de tenir pour établir l'existence des menaces auxquelles il serait personnellement exposé en cas de retour en République démocratique du Congo. Dans ces conditions, et alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 août 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 31 octobre 2022, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
37. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Laspalles et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 16 juillet 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026