jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00688 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL Sylvain LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler l'arrêté en date du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Par un jugement n°2307240 du 7 février 2024, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse l'a admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle et a rejeté le surplus de ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 19 mars 2024, M. A, représenté par Me Laspalles, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement n°2307240 du 7 février 2024 ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 8 novembre 2023 ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour avec mention " vie privée et familiale " dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée de vices de procédure tenant d'une part, à l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et l'intégration car il n'est pas établi que cet avis a été pris à l'issue d'une délibération collégiale, d'autre part en méconnaissance de son droit d'être entendu, tel que précisé par la jurisprudence de la cour de justice de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- le préfet s'est considéré en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et l'intégration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet a considéré qu'il ne remplissait pas les conditions pour obtenir son admission au séjour en qualité d'étranger malade ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.423-23 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- le préfet n'a pas pris en considération les circonstances humanitaires exceptionnelles dont il peut se prévaloir ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, car le préfet n'a pas exercé son pouvoir de régularisation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, car sa situation personnelle justifie de répondre favorablement à sa demande de titre de séjour ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
-elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance de la procédure contradictoire exigée par les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 et de son droit d'être entendu, tel que précisé par la jurisprudence de la cour de justice de l'Union européenne ;
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le préfet s'est placé à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par décision du 21 juin 2024, la section de la cour administrative d'appel du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant albanais né le 15 septembre 1995 à Corovodë (Albanie), est entré sur le territoire français le 5 novembre 2019, selon ses déclarations. Sa demande d'asile, présentée le 18 novembre 2019, a été rejetée en dernier lieu le 14 décembre 2020 par la cour nationale du droit d'asile. Le 19 mai 2020, il a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé, qui a été rejetée par un arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 20 novembre 2020 qui l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi, dont la légalité a été confirmée en dernier lieu par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n°21BX02094-21BX02138 du 22 décembre 2021, que l'intéressé ne justifie pas avoir exécuté. Le 20 juin 2023, il a sollicité à nouveau son admission au séjour en raison de son état de santé, qui a été refusée par un arrêté en date du 8 novembre 2023 du préfet de la Haute-Garonne assorti d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse en date du 7 février 2024 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Le dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement () des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
En ce qui concerne la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Le bureau d'aide juridictionnelle ayant statué, par une décision du 21 juin 2024, sur la demande présentée par M. A, ses conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté en litige :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
4. M. A se borne à reprendre en appel les moyens tirés du défaut de motivation des décisions litigieuses, du défaut de procédure contradictoire préalable en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 et de la méconnaissance de son droit à être entendu sans apporter d'éléments de fait ou de droit nouveaux par rapport à l'argumentation développée en première instance et sans critiquer utilement la réponse qui leur a été apportée par le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse. Par conséquent, il y a lieu, par adoption des motifs pertinents retenus par le premier juge aux points 3, 5, 20, 21 et 27 du jugement attaqué, d'écarter ces moyens.
S'agissant de la décision portant refus d'admission au séjour :
5. Il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'absence de preuve du caractère collégial de la délibération du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du jugement attaqué dont le requérant ne critique pas la pertinence.
6. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de l'appelant avant de prendre la décision litigieuse, ni qu'il se serait estimé, à tort, lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
9. Il n'est pas contesté que l'état de santé de M. A, qui vit confiné sur un fauteuil roulant et souffre d'une grave altération de ses facultés cognitives et motrices, à raison d'une leuco-encéphalopathie sévère diagnostiquée à l'âge de 9 mois, de troubles du comportement du spectre autistique, ainsi que d'une épilepsie pharmaco-résistante, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Toutefois, d'une part, s'il bénéficie d'un traitement médicamenteux antiépileptique sur le sol français, ce traitement n'a permis aucune amélioration de son état, malgré des tentatives de combinaison médicamenteuses différentes, ainsi qu'il ressort, notamment, du compte-rendu médical établi par le Dr F à la suite de son passage aux urgences du 25 juin 2023, qui fait état de trois épisodes de crise survenus le matin même, d'une ampleur et d'une violence jamais connus, selon les dires de sa mère. D'autre part, si M. A soutient qu'il bénéficie en France d'une prise en charge pluridisciplinaire spécifique, il ressort des éléments du dossier que la prise en charge kinésithérapeutique préconisée le 4 novembre 2020 par le Dr E, neurologue à l'Hôpital Pierre Paul Riquet, n'a pas été mise en œuvre, et des certificats médicaux produits par l'intéressé que le traitement médicamenteux délivré en France est pour partie identique à celui dont il bénéficiait en Albanie depuis l'âge de 15 ans, sans apporter aucun élément probant à l'appui de ses allégations relatives à l'impossibilité d'accéder à une prise en charge médicale adaptée dans son pays d'origine, où au demeurant, sa pathologie a été diagnostiquée, et où il était suivi par un spécialiste dans un service neuropsychiatrique, ainsi qu'il ressort de la traduction d'un certificat médical albanais établi le 14 novembre 2023 par le Dr C. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. M. A n'ayant pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de telles dispositions.
11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
12. Pour soutenir qu'il aurait établi le centre de sa vie privée et familiale en France, M. A se prévaut essentiellement de sa durée de séjour France ainsi que de la présence en France de sa mère et de ses deux soeurs. Toutefois, l'appelant, admis temporairement au séjour en France le temps de l'examen de sa demande d'asile, a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 20 novembre 2020, dont la légalité a été confirmée en dernier lieu par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux le 22 décembre 2021. Il ressort en outre des éléments produits par le préfet en première instance que sa mère, Mme D A, se maintient sur le territoire en dépit d'une mesure d'éloignement prise à son encontre le 20 novembre 2020, que sa sœur cadette a fait l'objet d'une mesure d'éloignement du même jour que le requérant et que sa sœur aînée entrée récemment en France y a déposé une demande d'asile. Le requérant, qui n'apporte en appel aucune actualisation de sa situation familiale, ne peut donc ainsi se prévaloir d'attaches familiales stables et anciennes en France. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit également être écarté. Le préfet de la Haute-Garonne n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, la situation de M. A ne relevant pas de circonstances humanitaires exceptionnelles.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur sa situation personnelle doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 12 et 13.
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une exceptionnelle gravité de la décision sur la situation personnelle de M. A doit également être écarté.
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
17. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.
18. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant ni qu'il se serait estimé, à tort, en situation de compétence liée pour prendre la décision attaquée.
19. M. A ne fait état d'aucun élément propre à sa situation ni circonstance particulière susceptible de justifier qu'un délai supérieur au délai de droit commun aurait dû lui être accordé pour exécuter la mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
20. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes des stipulations de l'article 3 auxquelles il est ainsi renvoyé : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. M. A, dont la demande d'asile a été rejetée et qui ne justifie pas qu'il sera privé d'accès à un traitement approprié en Albanie, n'apporte aucune précision quant aux risques de persécution ou de traitement dégradant dont il dit faire l'objet en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit donc être écarté.
22. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant.
23. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Laspalles.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 21 novembre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°24TL00688
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026