LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00742

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00742

lundi 15 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00742
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDEBUISSON GUY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Par un jugement n° 2305755 du 14 mars 2024, le tribunal administratif de Toulouse a fait droit à sa demande d'attribution de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et a rejeté le surplus de ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, M. C, représenté par Me Debuisson, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 14 mars 2024 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Tarn du 24 août 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C, ressortissant turc né le 8 août 1979, est entré en France le 5 juillet 2003 muni d'un passeport turc revêtu du visa C " famille de français ", après son mariage avec Mme E, ressortissante française. Un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " lui a été délivré le 21 juillet 2003 et a été renouvelé jusqu'au 20 juillet 2011. En raison de la cessation de la communauté de vie avec son épouse, le préfet du Tarn a refusé d'admettre M. C au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français, par un arrêté du 22 novembre 2011. L'intéressé a ensuite bénéficié d'un titre de séjour " artisan " entre les 31 juillet 2014 et 20 janvier 2017, puis d'un titre de séjour " entrepreneur/profession libérale " entre les 20 janvier 2017 et 20 janvier 2018. A la suite de sa demande de changement de statut, le préfet du Tarn a édicté à son encontre un nouvel arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français le 8 février 2018. M. C a formé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 20 janvier 2020. Par un arrêté du 22 juin 2020, le préfet du Tarn a rejeté la demande et a prononcé une obligation de quitter le territoire français. M. C a sollicité, le 15 décembre 2022, son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ou de l'insertion professionnelle. Par un arrêté du 24 août 2023, le préfet du Tarn a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi. M. C relève appel du jugement du 14 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C réside habituellement en France depuis le 5 juillet 2003, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " entre les 21 juillet 2003 et 10 juillet 2011, puis d'un titre de séjour " artisan " du 31 juillet 2014 au 20 janvier 2017, et enfin d'un titre de séjour " entrepreneur " du 21 janvier 2017 au 20 janvier 2018. Il ressort également des pièces du dossier, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges au point 7 du jugement attaqué, que M. C n'a pas exécuté les précédentes mesures d'éloignement édictées le 22 novembre 2011, le 8 février 2018 et le 20 juin 2020 et que son casier judiciaire fait état de plusieurs condamnations pénales depuis 2009, notamment pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance (2 juin 2009 et 15 novembre 2010), de recel de bien obtenu à l'aide d'une escroquerie (15 février 2018), de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité (24 avril 2018), de recel de bien provenant d'un vol, d'usage de chèque contrefaisant ou falsifié et de contrefaçon ou falsification de chèque (2 mai 2018). Si M. C invoque l'existence des deux enfants qu'il a eus avec Mme A, cet élément est inopérant dès lors que ses deux enfants résident en Allemagne avec leur mère qui est seule titulaire de l'autorité parentale et que l'intéressé ne dispose pas d'un droit de visite et d'hébergement en France. Si M. C se prévaut en outre de sa relation avec Mme F, et de l'enfant né de leur union en 2021, il ressort des termes de la décision attaquée que l'intéressée fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, sans qu'aucune pièce du dossier ne vienne démontrer que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans leurs pays d'origine. Au demeurant, l'intéressé apporte peu d'éléments permettant d'établir leur communauté de vie. En outre, il convient enfin de préciser que M. C ne démontre pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où résident ses parents. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'appui duquel le requérant n'apporte en appel aucun élément nouveau, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. C ne démontre pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels relatifs à sa vie privée et familiale justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. C soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en invoquant d'une part sa situation professionnelle, notamment l'exercice d'une activité de bûcheronnage entre 2003 et 2005, de vente en 2010, de maçonnerie entre 2011 et 2018 puis de restauration rapide, et d'autre part sa situation personnelle, notamment l'assistance qu'il apporterait à sa sœur, Mme D, mère isolée en situation de handicap et la production de 25 attestations de témoins. Toutefois, M. C ne fait état d'aucune perspective d'intégration professionnelle à la date de la décision attaquée et les éléments produits ne permettent pas d'attester de la nécessité de sa présence en France aux côtés de sa soeur. Dès lors, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges au point 9 du jugement attaqué, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, à l'appui duquel le requérant n'apporte en appel aucun élément nouveau, doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

7. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation invoqués à l'encontre de la mesure d'éloignement doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 6 de la présente ordonnance.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Tarn.

Fait à Toulouse, le 15 juillet 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

A. Geslan-Demaret

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°24TL0074

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions