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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL00836

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL00836

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL00836
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il pourrait être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2400756 du 13 février 2024, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, M. C, représenté par Me Herin-Amabile, demande à la cour :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler ce jugement du 13 février 2024 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Toulouse ;

3°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il pourrait être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

4°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des articles 75-I et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est privée de base légale dès lors que l'arrêté portant refus d'admission au séjour sur lequel elle est fondée est entaché d'un défaut de compétence de son auteur et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut de compétence de son signataire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au sens de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est dépourvue de base légale et est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- le préfet a méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, est un ressortissant marocain né le 19 janvier 1989. Par un arrêté du 6 février 2019, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 9 janvier 2020 et par un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles du 18 mars 2021, le préfet du Val d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 27 janvier 2021, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 6 avril 2021, le préfet du Val d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 22 octobre 2022, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 23 décembre 2022, la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 14 juin 2023, le préfet du Val d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 6 février 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. C relève appel du jugement du 13 février 2024 par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". En l'espèce, M. C ne justifie pas d'une demande d'aide juridictionnelle faite auprès du bureau d'aide juridictionnelle de Toulouse. Dès lors, il y a lieu de rejeter son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Doivent être motivées les décisions qui restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police " et de l'article L.211-5 du même code " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. Il ressort des mentions de l'arrêté du 6 février 2024 que le préfet des Pyrénées- Atlantiques précise les dispositions juridiques sur lesquelles il s'appuie et rappelle de manière non stéréotypée les principales considérations relatives à la situation de M. C, notamment ses conditions d'entrée et de séjour en France, sa situation familiale et professionnelle et sa situation administrative. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés.

6. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux est signé par M. Martin Lesage, secrétaire général de la préfecture et sous-préfet de Pau. M. B disposait, aux termes d'un arrêté n° 64-2023-10-02-00009 du 2 octobre 2023 publié le 3 octobre 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département des Pyrénées-Atlantiques, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

7. En troisième lieu, M. C reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile de l'ordonnance, le moyen soulevé devant le tribunal administratif à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire auquel le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le premier juge au point 6 du jugement attaqué.

8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de cette stipulation, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. M. C, se prévaut de sa présence en France depuis 2015 ainsi que de celle de sa famille nucléaire. Pour rejeter la demande de l'intéressé, tendant à la délivrance d'un titre de séjour vie privée et familiale, le préfet des Pyrénées-Atlantiques s'est fondé sur les motifs tirés de ce que les éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de l'appelant ne sont pas constitutifs de circonstances particulières justifiant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". En effet, si l'intéressé se prévaut de son mariage avec une ressortissante algérienne, titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 27 avril 2027 et avec laquelle il s'est marié le 21 avril 2018 à Survilliers (Val d'Oise), les documents produits ne suffisent pas à établir l'ancienneté, la stabilité et l'intensité de cette relation de couple à la date de la décision attaquée. S'il se prévaut également de la présence en France de sa fille mineure et de la relation qu'il a tissé avec les enfants de son épouse, il ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ces enfants. Par ailleurs, s'il indique avoir travaillé pendant plusieurs années en qualité de saisonnier et exercer désormais un emploi de manœuvre à Rungis, au demeurant sans contrat de travail déclaré, il ne produit aucun document à l'appui de ses allégations. Enfin, il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident, selon ses déclarations devant les services de police le 6 février 2024, ses parents et six de ses frères et sœurs. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir ni que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant refus du délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, il ressort des mentions de l'arrêté du 6 février 2024 que le préfet des Pyrénées-Atlantiques précise les dispositions de droit et de fait sur lesquelles il s'appuie, et précise notamment les raisons pour lesquelles il existe un risque légitime que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignent. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

11. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, des décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, imposant de façon générale le respect d'une procédure contradictoire en préalable aux décisions individuelles soumises à l'exigence de motivation, ne peut être utilement invoqué à l'encontre de la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire.

12. En troisième lieu, ainsi que l'a estimé à bon droit le premier juge, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

13. En quatrième lieu, ainsi que l'a estimé à bon droit le premier juge, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé ni qu'il aurait méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et selon son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

15. M. C reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile de l'ordonnance, le moyen soulevé devant le tribunal administratif à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire auquel le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le premier juge au point 17 du jugement attaqué.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. En premier lieu, ainsi que l'a estimé à bon droit le premier juge, l'arrêté contesté vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que l'intéressé n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait exposé à des traitements contraires à ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.

17. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". L'article L. 721-4, anciennement L. 513- 2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".Ces textes font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de renvoi d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'État de renvoi ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. En l'espèce, M. C fait valoir qu'il risque d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Maroc. Toutefois, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations et n'établit donc pas la réalité et l'actualité des risques invoqués en cas de retour dans son pays d'origine. Par conséquent, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait atteinte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants tel que protégé par les stipulations et dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il ressort des mentions de l'arrêté du 6 février 2024 que le préfet des Pyrénées-Atlantiques, précise les dispositions de droit et de fait sur lesquelles il s'appuie, et précise notamment les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

19. En deuxième lieu, C reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile de l'ordonnance, le moyen soulevé devant le tribunal administratif à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français auquel le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le premier juge au point 23 du jugement attaqué.

20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 17 de la présente ordonnance, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C n'est manifestement pas susceptible d'entraîner l'infirmation de l'ordonnance attaqué. Elle doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précitées y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

ORDONNE:

Article 1er : La demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C est rejetée.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques,

Fait à Toulouse, le 31 juillet 2024.

Le président de la 3ème chambre,

Éric Rey-Bèthbéder

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°24TL00836

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