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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL01049

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL01049

lundi 1 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL01049
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A D a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Par un jugement n° 2304541 du 6 novembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande de M. D tendant à l'annulation de cet arrêté du 2 mai 2023.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des pièces, enregistrés le 25 avril et 2 mai 2024, M. D représenté par Me Ruffel, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 6 novembre 2023 du tribunal administratif de Montpellier ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 du préfet de l'Hérault portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros toutes taxes comprises au bénéfice de son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une incompétence de l'auteur de l'acte compte tenu de la délégation de signature trop générale accordée à M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation privée et familiale, notamment quant à l'état de santé de son fils alors qu'il s'était prévalu dans sa demande de titre de séjour de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- les décisions sont entachées d'une erreur de fait dès lors que contrairement à ce qu'indique l'arrêté préfectoral, il était bien titulaire d'un permis de conduire et d'une assurance, en cours de validité, étant en droit de conduire avec un permis de conduire albanais ;

-ces décisions sont entachées d'un vice de procédure, faute pour le préfet d'avoir saisi le procureur de la République sur le fondement de l'article R 40-29 du code de procédure pénale tout en considérant qu'il était défavorablement connu des services de police ;

- le refus de séjour est entaché d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation et d'une erreur de droit au regard de la promesse d'embauche et de la demande d'autorisation de travail dont il s'est prévalu à l'appui de sa demande de titre de séjour dans laquelle il invoquait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les décisions attaquées méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés dès lors qu'il justifie résider en France avec son épouse depuis décembre 2016, soit depuis plus de six ans, son fils étant né en France en 2017, et connaissant d'importants problèmes de santé ;

- les décisions attaquées méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant compte tenu de ce que son fils est né en France et y est scolarisé depuis 2020.

Par une décision du 29 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Toulouse a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. A D.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. B E pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. D, ressortissant albanais né le 11 juin 1987 est entré en France irrégulièrement, selon ses déclarations, en décembre 2016, accompagné de son épouse, le couple ayant un enfant né le 19 mars 2017. L'intéressé a déposé une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par la cour nationale du droit d'asile le 25 janvier 2018. Le 27 février 2018 M. D et son épouse, ont déposé une demande de titre de séjour en qualité de parents d'enfant malade, rejetée par arrêté du 4 avril 2018 du préfet de l'Hérault annulé par le tribunal administratif de Montpellier par jugement du 9 juillet 2018 au motif que le préfet de l'Hérault n'avait pas pris en compte la demande de titre de séjour formulée par les intéressés au titre de l'état de santé de leur enfant. Le 16 octobre 2019, après avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, le préfet de l'Hérault a pris un nouvel arrêté à l'encontre de l'intéressé portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixant le pays de renvoi, dont la légalité a été confirmée par un jugement du 16 juin 2020 du tribunal administratif de Montpellier. Le 13 avril 2021, M. D a fait l'objet d'un troisième arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français d'un an, confirmé par jugement du 17 juin 2021 du même tribunal. M. D a enfin présenté, le 6 décembre 2022 une demande de titre de séjour en qualité de salarié et au titre de sa vie privée et familiale rejetée par le préfet de l'Hérault par une décision du 2 mai 2023 assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

3. Par un jugement du 6 novembre 2023 dont M. D relève appel, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté du 2 mai 2023.

Sur le bien-fondé du jugement et des décisions attaqués :

En ce qui concerne la légalité externe :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2022 09-DRCL-0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. C à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Compte tenu de sa précision, cette délégation n'est pas d'une portée trop générale, alors même qu'elle n'exclut que les réquisitions prises en application de la loi du 11 juillet 1938. Le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

6. L'arrêté attaqué est suffisamment motivé en droit dès lors qu'il mentionne l'ensemble des dispositions notamment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles le préfet a entendu fonder les décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français. Ces décisions sont également suffisamment motivées au regard des éléments de fait dès lors qu'elles rappellent l'entrée irrégulière en France de l'intéressé, selon lui en décembre 2016, le rejet définitif de sa demande d'asile par la cour nationale du droit d'asile le 25 janvier 2018, les demandes de titre de séjour présentées par M. D ayant donné lieu à plusieurs mesures d'éloignement non exécutées, et en dernier lieu la présentation par l'intéressé, le 6 décembre 2022 d'une demande de titre de séjour en qualité de salarié et au titre de la vie privée et familiale, et les motifs, tenant notamment à l'absence de visa de long séjour et de justification d'un motif exceptionnel d'admission au séjour pour lesquels la demande de titre de séjour était rejetée et l'obligation de quitter le territoire prononcée. Ces décisions sont suffisamment motivées alors même qu'elles ne font pas état de l'état de santé de son fils dont l'appelant, qui n'avait pas présenté de nouvelle demande en qualité de parent d'un enfant malade, s'était prévalu dans sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

7. En troisième lieu, ainsi que l'ont estimé à bon droit les premiers juges, ce n'est que de manière surabondante que l'arrêté mentionne que l'intéressé était défavorablement connu des services de police pour conduite sans permis le 25 novembre 2019 et sans permis et assurance le 10 avril 2021. Par suite, la circonstance selon laquelle le préfet n'aurait pas à cet égard, sur le fondement de l'article R 40-29 du code de procédure pénale, demandé des informations complémentaires à la police et au parquet sur ces faits est sans incidence sur l'arrêté attaqué.

En ce qui concerne la légalité interne :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Selon l'article L. 5221-5 du même code : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. () ". En vertu de l'article R. 5221-14 de ce code : " Peut faire l'objet de la demande prévue à l'article R. 5221-1 [c'est-à-dire de la demande d'autorisation de travail] l'étranger résidant hors du territoire national ou l'étranger résidant en France et titulaire d'un titre de séjour prévu à l'article R. 5221-3 ".

9. Il s'évince des dispositions combinées précitées du code du travail que dans l'hypothèse, d'un étranger qui comme en l'espèce se trouve en situation irrégulière, le préfet peut rejeter la demande de titre de séjour en qualité de salarié au motif de l'absence de visa de long séjour et de l'absence de présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes.

10. Il résulte de ce qui précède que c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet de l'Hérault a relevé que cette circonstance, en application de l'article L. 412-1 du code, faisait obstacle à la délivrance à l'intéressé d'un titre de séjour portant la mention " salarié " et qu'il n'était par suite pas tenu de statuer sur la demande d'autorisation de travail présentée.

11. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l'appelant, le préfet n'a pas entaché ses décisions d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen particulier de sa situation, dès lors qu'il a statué sur la demande de titre de séjour présentée par M. D sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui opposant le fait qu'il ne justifiait pas d'un motif exceptionnel d'admission au séjour.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. Si l'intéressé se prévaut de la durée de son séjour en France, il n'y a été admis qu'au titre de l'asile, qui lui a été refusé, et n'y a été maintenu que du fait de l'état de santé de son fils, au titre duquel, ainsi qu'il est dit au point 2., M. D a fait l'objet d'un arrêté du 16 octobre 2019 portant rejet de sa demande de titre de séjour présentée en qualité de parent d'un enfant malade , assorti d'une obligation de quitter le territoire , ayant par ailleurs fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire du 13 avril 2021. La légalité de ces deux décisions a été confirmée par des jugements des 16 juin 2020 et 17 juin 2021 du tribunal administratif de Montpellier. En dépit des éléments invoqués par l'appelant tirés des problèmes de santé qu'a connus son fils et de la scolarisation de ce dernier en France depuis 2020, ainsi que de la situation de grossesse de son épouse à la date de la décision attaquée, M. D n'est pas fondé compte tenu du fait que sa conjointe est également en situation irrégulière et que la cellule familiale constituée du couple et de leur enfant pourrait se reconstituer en Albanie, pays dans lequel leur fils pourrait poursuivre sa scolarité, à soutenir que les décisions en litige seraient entachées d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

15. Il ressort de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. D en qualité de salarié en relevant qu'il ne justifiait pas, en présentant une promesse d'embauche émanant de la SAS Assurenet en date du 1er août 2022, pour un emploi de maçon dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet et une demande d'autorisation de travail en date du 23 août 2022, de motifs exceptionnels de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour. Ce faisant le préfet n'a pas méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

17. Les décisions en litige n'impliquent, par elles-mêmes, aucune séparation entre l'appelant et son enfant, qui est de même nationalité, et la cellule familiale pourra, ainsi, se reconstituer dans le pays d'origine, avec son épouse qui a la même nationalité et qui est également en situation irrégulière, pays dans lequel l'appelant ne fait valoir aucun obstacle quant à la poursuite de la scolarité de son enfant. Dès lors, le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu par les décisions attaquées, les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M.D qui est manifestement dépourvue de fondement, ne peut qu'être rejetée, tant dans ses conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué, que par voie de conséquence, dans ses conclusions en injonction et dans celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 1er juillet 2024.

Le président-assesseur de la 3ème chambre,

B E

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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