mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01172 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C E a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2307183 du 4 avril 2024, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2024, M. E, représenté par Me Nakache-Haarfi, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2023 du préfet de l'Ariège ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour d'un an sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- le préfet a insuffisamment motivé son arrêté et n'a pas procédé à un examen effectif de sa situation ;
- il remplit les conditions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile dès lors qu'il est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa de type C de 7 jours et qu'il justifie d'une communauté de vie effective avec sa femme ;
- eu égard à ses liens personnels et familiaux en France et à son intégration socio-professionnelle, l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- la décision contestée contrevient aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elles sont susceptibles d'entraîner ;
- il remplit les conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en violation du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est père d'un enfant français dont il contribue à l'entretien et l'éducation ;
- l'arrêté attaqué, qui porte atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille, méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation qui révèle l'absence de prise en compte de sa situation et des risques encourus dans son pays d'origine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-camerounais du 24 janvier 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. E, né le 30 janvier 1979 à Douala (Cameroun) et de nationalité camerounaise, a sollicité son admission au séjour en qualité de " conjoint de Français " et en qualité de " parent d'enfant français ", respectivement le 30 septembre 2022 et le 4 février 2023. Par un arrêté du 25 octobre 2023, le préfet de l'Ariège a rejeté ses deux demandes, instruites conjointement. Par la présente requête, M. E fait appel du jugement du 4 avril 2024 par lequel le tribunal administratif de Toulouse rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
Sur le moyen commun aux décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué :
3. Par un arrêté du 21 août 2023 publié le même jour au recueil administratif spécial de la préfecture de l'Ariège, le préfet de l'Ariège a donné délégation à M. F A, sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de l'Ariège, à l'effet de signer toute décision nécessitée par une situation d'urgence, et notamment la mise en place de mesure d'éloignement d'un étranger en situation irrégulière. En conséquence, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Ariège a visé les textes dont il a été fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-camerounais du 24 janvier 1994 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, l'arrêté retrace, de manière circonstanciée, le parcours de l'appelant depuis son entrée sur le territoire français et énonce les raisons qui l'ont conduit à refuser sa demande de titre de séjour, à savoir que M. E ne justifie pas d'un visa de long séjour, qu'il n'établit pas la réalité et l'effectivité de la vie commune avec sa conjointe française, et qu'il ne démontre pas contribuer effectivement à l'éducation et l'entretien de sa fille. Dans ces conditions, la décision portant refus de titre de séjour comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur laquelle elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet de l'Ariège, qui a précisé les éléments propres à la situation de l'appelant, n'aurait pas procédé à un examen sérieux et attentif de cette situation avant de refuser son admission au séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de M. E ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 423-1 du même code : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; () ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le 4 septembre 2021 à Saint-Orens de Gameville (Haute-Garonne), M. E a contracté un mariage avec Mme D B, de nationalité française. D'une part, il est constant que l'intéressé ne dispose pas d'un visa de long séjour et qu'il ne peut donc pas prétendre à l'octroi d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté en litige que, pour retenir que l'appelant ne pouvait pas non plus prétendre au bénéfice d'un tel titre sur le fondement de l'article L. 423-2 du même code, le préfet de l'Ariège s'est fondé sur l'absence de communauté de vie de M. E avec son épouse, révélée par le courrier de cette dernière, du 12 décembre 2022, dénonçant un mariage motivé uniquement par le désir d'obtenir un titre de séjour et alertant les services de la préfecture de l'Ariège sur la rupture de vie commune et sur son intention d'engager une procédure de divorce. M. E fait valoir que seule une séparation de deux semaines s'est produite et que son épouse est revenue sur ses déclarations par un courriel du 17 mai 2023 porté à la connaissance du préfet. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que celle-ci a déclaré auprès de la caisse d'allocations familiales une reprise de la vie commune à compter du 3 novembre 2023 seulement, soit postérieurement à la date de l'arrêté litigieux. En outre, au regard de leur caractère déclaratif, les documents produits, qui concernent pour l'essentiel des factures d'énergie faisant apparaître leurs deux noms, ne permettent pas d'établir l'existence d'une vie commune et effective de six mois à la date de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit ainsi être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
10. Pour refuser de délivrer à M. E un titre de séjour " parent d'enfant français ", le préfet de l'Ariège a considéré que l'intéressé ne justifie pas de la contribution à l'entretien et à l'éducation de sa fille de nationalité française, née le 5 janvier 2023. Si M. E se prévaut d'attestations de tiers et d'une attestation de la mère de l'enfant, qui indique " qu'il subvient aux besoins du ménage et à la prise en charge matérielle et affective de leur enfant commun ", il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elles sont toutes postérieures à l'intervention de l'arrêté attaqué. L'appelant produit également quelques photographies avec cette enfant et plusieurs factures et tickets de caisse d'achats divers au titre des mois de janvier 2023, mars 2023, juin à août 2023 et octobre 2023 à février 2024. Toutefois, et alors que la réalité et l'effectivité de la vie commune avec sa conjointe française n'est pas établie, ainsi qu'il a été dit précédemment, ces éléments sont insuffisants à eux seuls pour établir, d'une part, qu'il entretiendrait des relations avec sa fille et, d'autre part, qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de celle-ci. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Ariège a méconnu les dispositions précitées de l'article L 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré en France le 25 mai 2017, sous couvert d'un visa de type C de sept jours délivré par les autorités italiennes le 22 mai 2017. Si l'intéressé se prévaut de son mariage célébré le 4 septembre 2021 avec une ressortissante française et de la présence en France de son enfant née de cette union, il ne justifie pas d'une vie commune avec son épouse et les éléments qu'il produit ne permettent pas d'attester du caractère intense et régulier de sa relation avec son enfant français. Par ailleurs, si M. E fait valoir qu'il exerce des activités de bénévolat au sein de la Maison des jeunes et de la culture de Pamiers et de l'association " ElisabethLea " qu'il a fondée avec son épouse au mois de novembre 2022 et au sein de laquelle il intervient en tant que vice-président, ces éléments ne suffisent pas à établir qu'il aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels. En outre, M. E ne justifie d'aucune insertion professionnelle depuis son entrée en France, hormis une promesse d'embauche en tant qu'agent d'entretien auprès de la société Beri International Services pour un contrat à durée indéterminée, datée du 15 novembre 2023. Enfin, l'appelant ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, le Cameroun, où vivent ses quatre autres enfants et où il a vécu la majorité de sa vie, à tout le moins jusqu'à l'âge de 38 ans révolus. Dans ces circonstances, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. E, le préfet de l'Ariège n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni porté au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs de fait, le préfet n'a pas davantage entaché l'arrêté contesté d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
13. En dernier lieu, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
14. Il résulte de ce qui a été exposé au point 10 de la présente ordonnance que M. E n'établit pas entretenir des liens réguliers et anciens avec sa fille, de sorte que la décision en litige ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
16. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, lorsqu'une obligation de quitter le territoire français assortit un refus de séjour, la motivation de cette décision se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que ce refus est lui-même motivé, comme c'est le cas en l'espèce ainsi qu'il a été relevé au point 5, de motivation distincte. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire serait insuffisamment motivée.
17. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas pris en compte la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
19. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que M. E n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant de nationalité française. Il s'ensuit qu'il n'entre pas dans le cas, prévu au 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
20. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste commise dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation particulière doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8, 10 et 12.
Sur la décision fixant le pays de destination :
21. En premier lieu, la décision fixant le Cameroun comme pays de destination mentionne les textes pris en considération par le préfet de l'Ariège, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé n'encourt pas de risque d'être exposé à des traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite cette décision est suffisamment motivée.
22. En second lieu, alors que le préfet s'est prononcé sur la demande d'admission au séjour en qualité de conjoint de français et père d'une enfant de nationalité française, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'appelant, qui n'a pas sollicité l'asile en France, aurait indiqué être exposé à des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, en relevant que l'intéressé n'allègue pas être exposé à des peines ou traitement contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préfet de l'Ariège doit être regardé comme ayant porté une appréciation sur la situation personnelle de M. E.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. E est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 15 octobre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026