lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01177 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse suivante :
La société Rabis a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la décision du 31 août 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse a annulé sa précédente décision accordant la remise totale de majorations de retard à son profit et la décision du 28 juillet 2021 par laquelle la Mission nationale de contrôle et d'audit a annulé la décision de la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse accordant la remise totale de majorations de retard.
Par un jugement n° 2103348 du 4 avril 2024, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, la société Rabis, représentée par Me Le Viavant, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 4 avril 2024 du tribunal administratif de Nîmes ;
2°) d'annuler la décision de la commission de recours amiable du 31 août 2021 et la décision du 28 juillet 2021 de la Mission nationale de contrôle des organismes de sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître ce litige ;
- les décisions contestées méconnaissent les articles L. 121-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La société Rabis a sollicité auprès de la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse une remise totale de majorations de retard résultant d'un redressement de cotisations salariales d'un montant de 85 334,05 euros dont elle a fait l'objet à l'issue d'un contrôle engagé à son encontre le 19 septembre 2012. Par décision du 23 juin 2021, la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse lui a accordé une remise totale des majorations de retard à hauteur de 25 311,27 euros. Toutefois, par une décision du 28 juillet 2021, la Mission nationale du contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale a annulé cette décision. Subséquemment, la commission de recours amiable a pris une nouvelle décision en date du 31 août 2021 par laquelle elle accorde une remise partielle des majorations de retard dues par la société Rabis à hauteur de 4 038,42 euros, laissant à sa charge la somme de 21 272,85 euros. Par un jugement du 4 avril 2024 dont la société Rabis relève appel, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa requête tendant à l'annulation de ces décisions.
2. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la décision du 31 août 2021 de la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° À l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article R. 731-75 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Dans les cas autres que ceux mentionnés à l'article R. 731-69, les conseils d'administration des caisses de mutualité sociale agricole ou les commissions de recours amiable prévues à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale ayant reçu délégation à cet effet peuvent accorder la remise totale ou partielle des pénalités et majorations de retard prévues aux articles L. 731-13-2, L. 731-22, R. 731-20, R. 731-21, D. 731-41 et au premier alinéa de l'article R. 731-68 du présent code, dans des conditions fixées au présent article. () La majoration mentionnée au deuxième alinéa de l'article R. 731-68 du même code peut faire l'objet d'une remise lorsque les cotisations ont été acquittées dans le délai de trente jours qui suit la date limite d'exigibilité ou à titre exceptionnel, en cas d'événements présentant un caractère irrésistible et extérieur. Aucune remise ne peut être accordée sur les majorations portant sur des cotisations dues à titre personnel à la suite du constat de l'infraction relative au travail dissimulé par dissimulation d'activité défini à l'article L. 8221-3 du code du travail. IV.- () Le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire statue en dernier ressort, quel que soit le chiffre de la demande. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître des décisions de la commission de recours amiable en matière de remise de pénalités prises sur le fondement dispositions précitées de l'article R. 731-75 du code rural et de la pêche maritime, ce contentieux relevant de la compétence du juge judiciaire. Par suite, c'est à bon droit que le tribunal administratif de Nîmes s'est déclaré incompétent pour statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 31 août 2021 de la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse.
Sur la décision du 28 juillet 2021 de la Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale :
5. Aux termes de l'article L.152-1 du même code : " Les décisions des conseils d'administration des organismes d'assurance vieillesse des professions libérales et des avocats et des organismes mentionnés à l'article L. 723-1 du code rural et de la pêche maritime et de l'organisme mentionné à l'article L. 382-12 du présent code sont soumises au contrôle de l'Etat dans les conditions fixées au présent chapitre. L'autorité compétente de l'Etat peut annuler ces décisions lorsqu'elles sont contraires à la loi ou de nature à compromettre l'équilibre financier de la caisse. ".
6. La Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale constitue une autorité de tutelle chargée de procéder, dans le cadre des dispositions des articles L. 151-1 et suivants du code de la sécurité sociale, au contrôle de la légalité de décisions prises notamment par les unions de recouvrement. S'il n'appartient qu'au juge administratif de connaître de la légalité des décisions prises par la Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale dans l'exercice de ses pouvoirs de tutelle, la voie de recours offerte aux employeurs et assurés sociaux par l'article R. 731-75 du code rural et de la pêche pour le règlement des litiges qui les opposent aux organismes de la mutualité agricole fait obstacle à ce que ces personnes présentent devant le juge administratif, à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision par laquelle la Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale annule une décision de la commission de recours amiable. Le litige relatif à la décision du 28 juillet 2021 de la Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale relève ainsi de la seule compétence de l'ordre juridictionnel judiciaire, ainsi que l'ont estimé à bon droit les premiers juges.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Rabis n'est manifestement pas susceptible d'entraîner l'infirmation du jugement attaqué. Elle doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précitées y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Rabis est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Rabis et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse.
Fait à Toulouse, le 15 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre,
É. Rey-Bèthbéder
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026