mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01384 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | TERCERO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 26 juin 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Par un jugement n° 2304215 du 21 septembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024, M. C, représenté par Me Tercero, demande à la cour :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler ce jugement ;
3°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2023 du préfet de la Haute-Garonne ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de l'admettre au séjour ou à tout le moins de lui remettre une confirmation écrite l'informant qu'il ne peut être renvoyé en Afghanistan ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
-le premier juge a insuffisamment motivé son jugement en écartant le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
-le premier juge n'a pas répondu aux moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation par le préfet de son pouvoir de régularisation et de la nécessité de le munir d'une attestation faisant le constat de l'impossible éloignement vers l'Afghanistan ;
Sur le bien-fondé du jugement :
-l'arrêté est entaché d'illégalité en ce que le préfet n'a pas fixé le pays de destination ;
-le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
-l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation du préfet sur son pouvoir de régularisation au regard du cadre fixé par le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115 du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. C, de nationalité afghane, né le 9 avril 1995, déclare être entré en France le 28 septembre 2020. Il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 14 octobre 2020. Sa demande a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile rendue le 14 avril 2022. Par un arrêté du 17 mai 2022, la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire français. Le 2 novembre 2022, il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile définitivement rejetée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 21 avril 2023. Par un arrêté du 26 juin 2023, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. C relève appel du jugement du 21 septembre 2023 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2024. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la régularité du jugement :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse s'est prononcé, au point 4 du jugement attaqué, sur le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation en considérant qu'un tel défaut d'examen ne ressortait ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier. Par suite, le jugement n'est pas entaché d'une insuffisance de motivation dès lors qu'il n'était pas tenu de répondre à tous les arguments invoqués par les parties.
5. En second lieu, M. C soutient en cause d'appel que le premier juge a omis de statuer sur les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation par le préfet de son pouvoir de régularisation au regard du cadre fixé par le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne et de la nécessité de le munir d'une attestation faisant le constat de l'impossible éloignement vers l'Afghanistan. Toutefois, il ressort des termes du jugement attaqué que le premier juge a répondu au point 8 à ces moyens en considérant que M. C n'a été admis à séjourner sur le territoire français que le temps de l'examen de sa demande d'asile, que cette demande a été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile le 21 avril 2023 suite à sa demande de réexamen et qu'il ne justifie d'aucune autre attache personnelle en France ni d'aucun élément de nature à attester d'une intégration particulière. Par suite, alors que le tribunal a estimé que la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au titre du pouvoir de régularisation au regard du cadre fixé par le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, le jugement attaqué n'est pas entaché d'une omission à statuer.
Sur le bien-fondé du jugement :
6. En premier lieu, M. C reprend en appel, sans aucun élément nouveau, le moyen invoqué en première instance tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en ce que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas édicté une décision fixant le pays de destination concomitamment à cette mesure d'éloignement. Toutefois, en l'absence de critique utile de la réponse apportée par le tribunal à ce moyen, il y a lieu de l'écarter par adoption de motifs retenus à bon droit par le premier juge au point 6 du jugement.
7. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne, qui n'était pas tenu de reprendre l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. C, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 4° de la directive 2008/115 du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants des pays tiers en séjour irrégulier : " À tout moment, les États membres peuvent décider d'accorder un titre de séjour autonome ou une autre autorisation conférant un droit de séjour pour des motifs charitables humanitaires ou autres à un ressortissant d'un pays tiers en séjour irrégulier sur leur territoire. Dans ce cas, aucune décision de retour n'est prise. Si une décision de retour a déjà été prise, elle est annulée ou suspendue pour la durée de validité du titre de séjour ou d'une autre autorisation conférant un droit de séjour ".
9. D'une part, comme l'a rappelé à bon droit le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse au point 7 du jugement contesté, les dispositions de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ont été transposées dans l'ordre interne et ne peuvent plus, dès lors, être invoquées utilement à l'encontre d'un acte administratif individuel.
10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France le 28 septembre 2020 selon ses déclarations et qu'il a été admis à y séjourner que dans l'attente de l'examen de sa demande d'asile, que cette demande a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 avril 2023 suite à sa demande de réexamen, qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 17 mai 2022 et qu'il n'établit pas avoir exécuté cette précédente mesure d'éloignement. Par ailleurs, M. C ne justifie pas de la présence en France de sa conjointe, Mme A C, ressortissante afghane, ni d'aucun autre lien personnel et familial d'une intensité particulière sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation sur son pouvoir de régularisation au regard du cadre fixé par le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Tercero et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 25 septembre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026