jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01552 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse suivante :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier, premièrement, d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle serait reconduite d'office, deuxièmement, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou subsidiairement un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et subsidiairement d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et troisièmement, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un jugement n° 2303993 du 16 octobre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024 sous le n° 24TL01552, Mme B, représentée par Me Badji Ouali, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 16 octobre 2023 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle serait reconduite d'office ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en contrepartie de son désistement à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors qu'il a apprécié de manière erronée les faits ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé et ne résulte pas d'un examen particulier de sa situation personnelle dès lors que le préfet ne tire pas les conséquences de sa situation et fait une appréciation erronée de celle-ci en indiquant qu'elle est mère d'un enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de ressources suffisantes, d'une inscription dans un établissement d'enseignement français et du sérieux des études poursuivies ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle a fixé le centre de ses attaches personnelles en France.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme B, ressortissante comorienne née le 15 août 1996, est entrée régulièrement en France le 15 août 2015 munie d'un visa D portant la mention " étudiant ". Elle a suivi des études sous couvert de titre de séjour " étudiant " dont le dernier expirait le 31 octobre 2022. Elle en a sollicité le renouvellement le 20 septembre 2022. Par un arrêté en date du 6 avril 2023, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle serait reconduite d'office. Par un jugement du 16 octobre 2023, dont Mme B relève appel, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Pour demander l'annulation du jugement attaqué pour irrégularité, la requérante ne peut donc utilement se prévaloir d'erreurs d'appréciation qu'aurait commises le premier juge.
En ce qui concerne l'arrêté :
4. L'arrêté du préfet de l'Hérault vise les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, le préfet de l'Hérault a précisé les éléments de fait propres à la situation personnelle et administrative en France de Mme B, et notamment sa demande de renouvellement de titre de séjour en date du 20 septembre 2022. La décision fait également mention de son parcours universitaire et notamment de sa dernière inscription en formation en alternance de vendeur conseil magasin auprès de l'établissement Cesame Sup au titre de l'année 2022-2023 et du fait qu'au bout de 7 années de présence en France l'intéressée n'est titulaire que d'un titre professionnel de serveur en restauration et d'un certificat de qualification professionnelle de l'industrie hôtelière. Enfin, le représentant de l'Etat mentionne que l'intéressée, qui est célibataire, n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet motive en conséquence son refus par l'absence de progression des études. Par conséquent, la décision attaquée comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent et satisfait ainsi aux exigences tant des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration qu'à celles de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il ressort de cette motivation, même si elle comporte une erreur matérielle sur l'existence d'un enfant non susceptible d'influer le sens de la décision de refus de séjour, que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'appelant.
6. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France sous couvert d'un visa étudiant le 15 août 2015 valant titre de séjour renouvelé jusqu'au le 31 octobre 2022. Elle s'est inscrite, pour les années 2015/2016, 2016/2017 et 2017/2018 en première année de licence administration économique et sociale au sein de l'université de Montpellier où elle a été ajournée. Par la suite, Mme B a entrepris pour les années 2018/2019 et 2019/2020 un certificat de qualification professionnelle de l'industrie hôtelière auprès de Purple portant la mention " serveur en restauration " délivré par la commission nationale paritaire de l'emploi et de la formation de l'industrie hôtelière qu'elle a obtenu, puis pour l'année 2020/2021 un titre professionnel de restauration portant la même mention sans toutefois le justifier. S'il ressort de ses fiches de paie qu'elle travaille depuis le 12 juillet 2022 en qualité d'apprentie dans un restaurant de Juvignac elle ne justifie pas du cadre de cet apprentissage ou alternance et la poursuite réelle d'études en se bornant à produire une lettre adressée par elle à un établissement privé de formation Cesame Sup de Montpellier. Si la requérante justifie d'une inscription, au titre de l'année 2022/2023, dans une formation par alternance de vendeur conseil magasin auprès de l'établissement Cesame Sup de Montpellier, cette réorientation ne présente pas de cohérence avec ses précédentes études. Par conséquent, son parcours révèle une absence de progression et de caractère sérieux dans les études poursuivies. Le préfet a fait ainsi une exacte appréciation des dispositions précitées qu'il n'a donc pas méconnues.
8. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
9. Mme B, célibataire et sans charge de famille, a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans aux Comores, n'est venue en France que pour y suivre des études supérieures et n'établit pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. Elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que le centre de ses intérêts se trouve en France au motif de sa présence sur le territoire français depuis 9 ans et de ses activités professionnelles. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour ne saurait être regardée comme ayant méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B n'est manifestement pas susceptible d'entraîner l'infirmation du jugement attaqué. Elle peut, dès lors, être rejetée en application des dispositions, du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Toulouse, le 17 octobre 2024.
Le président,
signé
J-F. MOUTTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
N°24TL01552
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026