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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL01617

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL01617

lundi 16 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL01617
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2305922 du 21 décembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté cette demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024 sous le n° 24TL01617, M. B, représenté par Me Blazy, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 11 juillet 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 15 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'atteinte portée à sa vie privée et familiale.

La demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 17 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

Le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. Coutier, président du pôle étrangers, pour signer les ordonnances mentionnées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant algérien, relève appel du jugement du 21 décembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement.

3. En premier lieu, il ressort des termes-mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de l'Hérault a relevé que M. B est entré en France à l'âge de 13 ans et que sa demande d'admission au séjour est motivée par sa volonté d'y poursuivre ses études. Il a, ce faisant, nécessairement pris connaissance de la lettre qui accompagnait la demande de certificat de résidence algérien en qualité d'étudiant présentée par l'intéressé dans laquelle il indiquait avoir été scolarisé en classe de 3ème au collège Paul Riquet et avoir effectué ses études secondaires au lycée Jean Moulin et au lycée Henri IV en précisant avoir obtenu le diplôme du baccalauréat en 2023 avec mention et a donc tout aussi nécessairement pris en considération ces éléments dans l'appréciation de la situation de ce dernier, ces éléments relevant de sa vie privée plutôt que de sa vie familiale. Le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. B à défaut pour le préfet de s'être intéressé aux composantes de sa vie privée et en particulier de la scolarité qu'il a effectuée en France doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : /() / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 8 septembre 2017 avec sa mère et l'intégralité de sa fratrie dans le cadre d'une visite touristique sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa court séjour valable jusqu'au 24 décembre 2017. L'appelant se prévaut de sa présence continuelle sur le territoire français depuis six ans à la date de la décision attaquée, du fait qu'il a réalisé la majeure partie de sa scolarité en France ainsi que de la présence sur le territoire français de sa mère et de ses frères et sœurs et il soutient y avoir ancré le centre de ses intérêts privés et familiaux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la mère du requérant est en situation irrégulière pour n'avoir sollicité la délivrance d'aucun titre de séjour et que plusieurs de ses frères et sœurs se sont vu refuser la délivrance d'un titre de séjour et ont fait l'objet d'obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, alors qu'il n'a atteint la majorité qu'un peu plus d'un an avant l'édiction de l'arrêté en litige, l'intéressé, qui fait principalement état de sa scolarité en France, ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française et n'allègue pas même qu'il ne pourrait poursuivre ses études ailleurs qu'en France. Enfin, l'appelant, qui est célibataire et sans charge de famille, a déclaré que son père vit toujours en Algérie de telle sorte qu'il n'y serait pas isolé en cas de retour dans son pays d'origine où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 13 ans, ce alors même qu'il allègue, sans toutefois apporter dans l'instance le moindre commencement de preuve, qu'il n'a plus de contact avec lui depuis quatre ans. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en ce qu'elle porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle a été prise doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Blazy et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 16 septembre 2024.

Le président désigné,

signé

B. COUTIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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