mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01706 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2306041 du 6 octobre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024 sous le n° 24TL01706, M. A, représenté par Me Thomas, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 6 octobre 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales, d'une part, de retirer son inscription au système d'information Schengen (SIS), d'autre part, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
-la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
-la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
-elle est entachée d'un défaut de motivation ;
-la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
-elle est entachée d'un défaut de motivation ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-le code de justice administrative.
Le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. Coutier, président du pôle étrangers, pour signer les ordonnances mentionnées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, (), par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant algérien, relève appel du jugement du 6 octobre 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Si M. A se prévaut du fait qu'il est entré en France en 2019 alors qu'il était mineur et qu'il a bénéficié à ce titre d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, qu'il a suivi une formation de carreleur, a été apprenti carreleur avant d'être embauché par une entreprise du bâtiment et a ultérieurement travaillé comme technicien fibre optique, enfin qu'il s'est vu délivrer un certificat de résidence algérien entre janvier 2022 et janvier 2023, il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français après la date d'expiration de son titre de séjour et il n'a exercé comme ouvrier que durant quelques mois et ces différents éléments ne suffisent pas à démontrer qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés en France. Si l'intéressé affirme que sa sœur se trouve en situation régulière sur le territoire français, il ne l'établit aucunement et n'allègue pas même entretenir des liens avec elle. En outre, il n'établit pas être dépourvu de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine où résident, selon ses propres déclarations, ses parents et ses frères. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
5. Eu égard à ce qui précède, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
6. Il ressort des énonciations de l'arrêté contesté que le préfet des Pyrénées-Orientales a fait mention des dispositions de droit et de fait sur lesquelles il s'appuie pour refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, notamment la circonstance, personnalisée, qu'il se trouve en situation irrégulière dans l'espace Schengen depuis le 11 janvier 2023, date de fin de validité de son titre de séjour, et a précisé les raisons pour lesquelles il existe un risque légitime qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement, notamment le fait qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisante ainsi que la circonstance que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, eu égard à ce qui précède, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
9. Pour prendre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à l'encontre de M. A, le préfet des Pyrénées-Orientales a pris en considération la durée de sa présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire national, la circonstance que son comportement constitue une menace à l'ordre public et le fait qu'il ne justifie pas de circonstances humanitaires. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas suffisamment motivé sa décision au regard des critères énoncés par les dispositions précitées doit être écarté.
10. En troisième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis en possession d'un titre de séjour, il s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la date de validité de celui-ci Par ailleurs, l'intéressé ne justifie pas d'une intégration socio-professionnelle particulière, il a fait l'objet de plusieurs signalements au fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits notamment de violation de domicile ou détérioration d'un bien appartenant à autrui le 2 octobre 2023 et il a été condamné à une peine d'emprisonnement délictuel de trois mois pour des faits de vol aggravé par deux circonstances le 30 juin 2023, de sorte que son comportement doit être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public. Dès lors, le préfet a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français et fixer la durée de cette interdiction à deux ans, ce alors même qu'il n'a antérieurement fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement.
11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 de la présente ordonnance, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation et d'injonction peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Toulouse, le 22 octobre 2024.
Le président désigné,
signé
B. COUTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026