mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL01906 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Nîmes de déclarer la commune du Vigan responsable de l'accident dont elle a été victime sur la voie publique le 2 août 2018, de condamner cette commune à l'indemniser des conséquences dommageables pour elle de cet accident, d'ordonner une expertise médicale aux fins de déterminer ses préjudices et de condamner la commune du Vigan à lui verser une indemnité provisionnelle de 2 500 euros.
Par un jugement n° 2104119 du 17 mai 2024, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté ses demandes .
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, Mme A, représentée par la SCP Lemoine-Clabeaut, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nîmes du 17 mai 2024 ;
2°) de déclarer la commune du Vigan responsable de l'accident qui lui est survenu le 2 août 2018 et de la condamner à réparer ses préjudices résultant de cet accident ;
3°) avant-dire droit, d'ordonner une expertise médicale ;
4°) de condamner la commune du Vigan à lui verser une indemnité provisionnelle de 2 500 euros ;
5°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le 2 août 2018, vers 17h00, alors qu'elle rentrait chez elle à pied, rue du Pont, elle a chuté après avoir mis son pied dans le trou d'une bouche d'égout laissée ouverte et recouverte d'une simple bâche ;
- en sa qualité d'usagère de la voie publique, elle est fondée à rechercher la responsabilité de la commune pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage, faute de signalisation et de sécurisation des lieux ;
- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal, ce défaut d'entretien est établi par les éléments qu'elle verse au dossier, à savoir l'attestation d'un témoin de l'accident et les photographies du lieu de l'accident ;
- elle n'a commis aucune faute de nature à exonérer la commune de sa responsabilité ;
- elle a subi, à la suite de son accident, des blessures qui doivent être réparées par le versement de dommages et intérêts ;
- la nature exacte de ses blessures et des séquelles de l'accident doit être décrite par un médecin et il convient à cette fin de désigner un expert chargée de l'examiner.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président de la cour a désigné, par une décision du 2 septembre 2024, M. D C pour statuer par voie d'ordonnance en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Le 2 août 2018 vers 17h, alors qu'elle rentrait chez elle à pied, rue du Pont sur le territoire de la commune du Vigan, Mme A aurait chuté après que son pied fut pris dans le trou d'une bouche d'égout laissée ouverte et recouverte d'une simple bâche. Estimant que les blessures que lui a causé cet accident résultent d'un défaut d'entretien de cette voie publique, Mme A a cherché à engager la responsabilité de la commune du Vigan devant le tribunal administratif de Nîmes.
3. Si, en matière de dommages de travaux publics, la personne publique doit apporter la preuve de l'entretien normal de la voie publique, il appartient à la victime qui soutient avoir chuté sur cette voie d'établir l'existence de l'obstacle incriminé et d'un lien de causalité direct et certain entre celui-ci et le dommage. A cet égard, la victime doit justifier, lorsqu'elles sont contestées, des circonstances dans lesquelles cet accident est survenu.
4. A l'appui de ses allégations selon lesquelles sa chute serait due à la présence, sur le trottoir, d'une bouche d'égout ouverte et simplement recouverte d'une bâche, Mme A a produit, devant les premiers juges, quelques photographies non datées d'une rue en chantier et d'une bouche d'égout ouverte située à proximité d'une façade d'immeuble. Elle a produit également l'attestation d'un tiers, établie le 21 août 2018 et réitérée le 27 février 2022, indiquant qu'elle aurait chuté dans un trou non sécurisé ainsi qu'un certificat médical se limitant à relayer ses déclarations. Toutefois, ces différentes pièces, compte tenu de la largeur de la voie et du positionnement excentré de l'obstacle au regard du cheminement normal d'un piéton, ne permettent pas d'établir d'une manière suffisamment probante le lien de causalité entre la présence de la bouche d'égout incriminée et la chute de Mme A qui n'apporte en outre, devant la cour, aucun autre élément à l'appui de ses allégations.
5. Au surplus, à supposer même que Mme A aurait chuté dans la bouche d'égout incriminée, il n'en reste pas moins qu'elle réside à proximité immédiate des lieux, qu'elle connaissait en conséquence, et ne pouvait ignorer les gênes inhérentes aux travaux d'aménagement de la rue effectués depuis plusieurs mois et visibles par un piéton normalement attentif. Dans ces conditions, l'accident de Mme A, qui s'est produit en plein jour, serait le résultat de sa propre inattention.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement infondée. Dès lors, il y a lieu de la rejeter, en toutes ses conclusions selon les dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera délivrée à la commune du Vigan, à la SMACL, Me Julien Pierre, à la société Groupama méditerranée, à la société SMABTP, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault, à la société par actions simplifiées Montmirail, à la société Lloyd's Insurance Company, à la société à responsabilité limitée Barral Munoz, à la société à responsabilité limitée Neo Aménagement, à la société BE TEC, à la société Gras Savoye mutuelle et à la société Mic Insurance Company.
Fait à Toulouse le 12 février 2025.
Le président de la 3ème chambre
D C
La République mande et ordonne au préfet du Gard ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°24TL01906
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026