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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL02064

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL02064

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL02064
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantHIRTZLIN-PINÇON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédures contentieuses antérieures :

M. C A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale afin de déterminer le lien de causalité entre le traitement par radiothérapie subi en 1957 et ses séquelles actuelles, ainsi que les différents postes de préjudice et leur quantum, de condamner l'État à lui verser une indemnité d'un montant de 565 000 euros, avec intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts, en réparation des conséquences dommageables de sa prise en charge par radiothérapie à l'hôpital militaire Larrey de Toulouse, au cours de l'année 1957 et de mettre à la charge de l'État les entiers dépens, ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2005773 du 30 novembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté les demandes de M. A et a mis à sa charge les frais de l'expertise ordonnée le 13 janvier 2022.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement rendu le 30 novembre 2023 ;

2°) d'annuler la décision du 11 septembre 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa réclamation préalable d'indemnisation ;

3°) d'ordonner la communication de l'intégralité de son livret militaire et de son dossier médical ;

4°) de condamner l'État à lui verser une indemnité d'un montant de 565 000 euros, assortie des intérêts au taux légal et des intérêts des intérêts, en réparation de son préjudice ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- ce n'est pas la faute de l'hôpital militaire qui était alléguée mais celle du ministre chargé des armées ;

- la fourniture de matériel de protection inadéquat, comme les casques lourds, est constitutive de faute.

Vu la décision du 2 septembre 2024 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné Mme B D pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par une décision du 31 mai 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55%.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Entre le 1er et le 15 août 1957, à l'occasion de son service militaire, M. A, alors âgé de 21 ans, a été admis à l'hôpital militaire Larrey de Toulouse (Haute-Garonne) pour des douleurs cervicales. Une arthrose cervicale a été diagnostiquée, laquelle a été traitée initialement par physiothérapie, sans succès. Une radiothérapie antalgique anti-inflammatoire a alors été prescrite à du 17 septembre au 29 septembre 1957. Imputant les divers troubles oto-rhino-laryngologiques, dont il souffre depuis 1958 aux conséquences d'une irradiation de la région cervicale, elle-même en lien avec le traitement par radiothérapie de 1957, M. A a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse afin d'obtenir la désignation d'un expert à laquelle il a été fait droit, par une ordonnance rendue le 13 janvier 2022. Le 25 juillet 2022, le rapport définitif a été remis au greffe du tribunal. Après avoir présenté une demande indemnitaire, le 8 janvier 2018, rejetée par le ministre des armées, le 11 septembre 2020, M. A a demandé au tribunal administratif de Toulouse l'indemnisation de ses préjudices. M. A relève appel du jugement, rendu le 30 novembre 2023, en tant qu'il a rejeté sa demande d'indemnisation.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " ()les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. La réclamation préalable présentée par M. A n'a eu pour effet que de lier le contentieux à l'égard de sa demande indemnitaire. La requête présentant le caractère d'un recours de plein contentieux, les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de sa réclamation indemnitaire demande sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

4. D'une part, une personne qui a demandé en première instance la réparation des conséquences dommageables d'un fait qu'elle impute à une administration est recevable à détailler ces conséquences devant le juge d'appel, en invoquant le cas échéant des chefs de préjudice dont elle n'avait pas fait état devant les premiers juges, dès lors que ces chefs de préjudice se rattachent au même fait générateur et que ses prétentions demeurent dans la limite du montant total de l'indemnité chiffrée en première instance, augmentée le cas échéant des éléments nouveaux apparus postérieurement au jugement, sous réserve des règles qui gouvernent la recevabilité des demandes fondées sur une cause juridique nouvelle.

5. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus.

6. Il résulte de l'instruction et notamment de la réclamation préalable d'indemnisation de M. A que le fait générateur du dommage pour lequel ce dernier a saisi le tribunal administratif de Toulouse est, ainsi qu'il a été dit au point 1, l'irradiation des cervicales liée à la radiothérapie antalgique anti-inflammatoire qui lui a été administrée du 17 au 29 septembre 1957. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation, qu'il présente en appel et, à l'appui desquelles il invoque la faute qu'aurait commise le ministre de la défense en lui faisant porter un casque lourd pendant quatre mois durant son service militaire, relèvent d'une demande nouvelle dans la mesure où ce fait générateur n'est pas celui invoqué en première instance. Elles ne sont donc pas recevables.

7. D'autre part, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément de fait ou de droit nouveaux par rapport à son argumentation développée en première instance et sans critiquer utilement les réponses apportées par le tribunal administratif de Toulouse, le moyen tiré de ce qu'il y aurait eu une mauvaise prise en charge à l'hôpital militaire ou lors d'une visite médicale. Le surplus des conclusions à fin d'indemnisation doit également être rejeté.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner la communication de son livret militaire et de son dossier médical, que la requête d'appel M. A doit être rejetée, par application des dispositions citées au point 2 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions que ce dernier présente sur le fondement des articles R. 761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Hirtzlin-Pinçon et au ministre des armées et des anciens combattants.

Fait à Toulouse, le 19 décembre 2024.

La présidente-assesseure de la 2ème chambre,

D. D

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°24TL02064

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