mercredi 19 mars 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL02456 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler la décision du 13 avril 2022 par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance du statut d'apatride.
Par un jugement n° 2204362 du 22 février 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B, représenté par Me Bazin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 22 février 2024 ;
2°) d'annuler la décision du 13 avril 2022 par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance du statut d'apatride ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, à titre principal, de lui reconnaître la qualité d'apatride dans un délai de quinze jours à compte de la notification de la décision à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans la même condition de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
-la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation ;
-elle est entachée d'erreurs de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 12 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York relative au statut des apatrides signée à New-York le 28 septembre 1954 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, se présentant comme étant né le 17 septembre 1980 à Belgrade sur le territoire de l'ancienne Yougoslavie, relève appel du jugement du 22 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 13 avril 2022 par laquelle le directeur général de général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui accorder le statut d'apatride.
3. En premier lieu, la décision en litige vise les textes dont il a été fait application, notamment les références aux articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le détail de la demande du requérant, les éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale, son parcours de vie ainsi que les démarches qu'il a effectuées. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient M. B, le directeur général, qui mentionne les démarches qu'il a entrepris auprès des autorités consulaires nord macédoniennes, croates et serbes, précise que ces démarches, constituées par l'envoie de courriels ainsi que par des demandes de confirmation de ce qu'il ne serait pas inscrit sur les registres d'état-civil ou de nationalité de ces pays, ne peuvent être regardées comme substantielles. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. Les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ". Aux termes de l'article R. 582-1 du même code : " La demande de statut d'apatride est déposée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle est rédigée en français sur un imprimé établi par l'Office. L'imprimé doit être signé et accompagné de deux photographies d'identité récentes et, le cas échéant, du document de voyage, des documents d'état civil et de la copie du document de séjour en cours de validité. () ". Enfin, aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () Le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. () ".
5. Pour refuser de reconnaître à M. B la qualité d'apatride, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a estimé que les pièces produites par l'intéressé ne permettaient d'établir son identité et que les démarches qu'il a accompli en vue de l'obtention de la nationalité serbe, croate ou macédonienne ne peuvent être regardées comme suffisamment substantielles.
6. M. B, qui allègue être né à Belgrade dans l'ancien État de Yougoslavie, soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 582-1 et L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 dès lors que les démarches qu'il a effectuées auprès des autorités consulaires serbes, croates et nord macédoniennes afin d'établir qu'il ne disposait de la nationalité d'aucun de ces États ainsi que la circonstance que sa mère est elle-même apatride, suffisent à démontrer qu'il est apatride en application de ces dispositions et stipulations. Toutefois, alors qu'il résulte des dispositions et stipulations précitées que le reconnaissance de la qualité d'apatridie implique d'établir que l'État susceptible de regarder une personne comme son ressortissant, par application de sa législation, ne le considère pas comme tel, l'appelant, en produisant des échanges de courriels avec l'ambassade de Croatie en France et l'ambassade de Serbie en France ainsi qu'une attestation de l'ambassade de Macédoine du Nord en France, ne justifie pas avoir effectué de démarches sérieuses et suivies en vue de se prévaloir de la nationalité serbe, croate ou macédonienne, et à l'issue desquelles aucun des États sollicités n'a répondu favorablement à sa demande de reconnaissance de nationalité, ces démarches ne démontrant pas qu'il ne pourrait pas se voir reconnaître la nationalité par l'un d'eux. Dans ces conditions, quand bien même l'identité de M. B serait établie, il n'établit pas entrer dans le champ d'application des stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954. Par suite, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'a méconnu ni les stipulations précitées, ni les dispositions de l'article L. 582-1 et L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni n'a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de celles-ci.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation et d'injonction peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Fait à Toulouse, le 19 mars 2025.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
Éric Rey-Bèthbéder
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026