jeudi 13 mars 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL02813 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | PINSON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2404476 du 11 octobre 2024, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, M. B, représenté par Me Pinson, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 du préfet de la Haute-Garonne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou un titre de séjour " pour des considérations exceptionnelles et humanitaires " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative contre renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- en raison de son inscription tardive en janvier 2021 en première année de licence " mathématiques et applications " à l'Université de Rennes, il avait un semestre de retard et le préfet a commis une erreur de fait en relevant qu'il a échoué durant l'année universitaire 2020/2021 ;
- c'est à tort que le préfet a mentionné une inscription pour l'année universitaire 2023/2024 en licence " électronique, énergie électrique, automatique " alors qu'il était inscrit en licence " mathématiques " ;
- ces erreurs de fait ont exercé une influence sur le sens de la décision en litige ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- en raison de la durée et des conditions de son séjour en France, la mesure d'éloignement en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de la nécessité pour lui de rester avec son père en France et d'éviter les persécutions dans son pays d'origine ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision est privée de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant burundais né le 2 février 2002, a sollicité le 16 novembre 2023 le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par un arrêté du 25 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de destination. Par la présente requête, M. B fait appel du jugement du 11 octobre 2024 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 8 octobre 2020, muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant " valable du 30 septembre 2020 au 30 septembre 2021, puis a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant régulièrement renouvelée jusqu'au 30 novembre 2023. Pour contester le refus de renouvellement de son dernier titre de séjour, M. B soutient que, compte tenu de son inscription tardive en janvier 2021 en première année de licence " mathématiques et applications " à l'université de Rennes, c'est à tort que le préfet de la Haute-Garonne a considéré qu'il avait " échoué " au titre de l'année universitaire 2020-2021. Toutefois, l'intéressé n'établit pas avoir validé cette première année de licence, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a obtenu une moyenne pour le second semestre 2021 de 6,031/20 et qu'il n'a pas poursuivi lors de l'année 2021-2022 ce cursus de formation. Il ressort également des relevés de notes produits par le préfet que l'intéressé a été déclaré défaillant au titre des deux sessions de l'année 2021-2022 de première année de licence " électronique, énergie électrique, automatique " à l'université de Toulouse III Paul Sabatier. S'il est vrai que M. B s'est par la suite réinscrit en 2023-2024 au sein de cette université en première année de licence " mathématiques ", le relevé de notes de la première session fait apparaître qu'il est également ajourné dans toutes les épreuves avec des notes de 0/20 et des absences injustifiées. Au surplus, si M. B soutient que le préfet a commis une erreur de fait en mentionnant qu'il était à nouveau inscrit en première année de licence " électronique, énergie électrique, automatique ", il ressort des propres écritures de l'appelant que ce dernier s'est prévalu à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour le 16 novembre 2023 de cette réinscription au titre de l'année universitaire 2023-2024.
5. D'autre part, l'appelant justifie ses échecs par son état de santé mentale compte tenu de l'état de santé de son père et du fait qu'à compter de l'année 2022, il a dû travailler plusieurs mois en vue de se rendre au Burundi pour être à son chevet alors que ce dernier a finalement " fui " ce pays pour se rendre aux Etats-Unis où il est actuellement soigné. Toutefois, les seules pièces produites par M. B, notamment le courrier du centre médical de Portland " St Joseph's rehabilitation and residence " décrivant l'état de santé de son père en février 2024, ne sauraient, à elles seules, expliquer le manque de progression dans ses études et ses échecs successifs. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a commis ni erreurs de fait ni erreur d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de renouveler le titre de séjour qui avait été délivré à l'appelant en qualité d'étudiant. Par suite, les moyens invoqués en ce sens à l'appui de la requête d'appel ne peuvent qu'être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste commise par le préfet dans l'appréciation de sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.
6. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 5 précédents, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne, qui a précisé les éléments propres à la situation de l'appelant, n'aurait pas procédé à un examen sérieux et attentif de cette situation avant de refuser son admission au séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de M. B ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, les moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour doivent être écartés. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. B se prévaut de la durée de son séjour en France en situation régulière et du fait qu'il souhaite rester en France avec son père qui a entrepris des démarches pour s'y faire soigner. Toutefois, l'appelant, qui est entré en France en octobre 2020 et y a séjourné dans le but premier d'y poursuivre des études, n'avait pas vocation à y demeurer durablement. De plus, il ne démontre pas avoir en France d'autres liens d'une ancienneté et d'une antériorité particulières, ni qu'il n'aurait pas conservé d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, il ressort des termes du courrier médical établi le 6 février 2024 que les symptômes de la maladie de son père ne lui permettent pas de voyager depuis les Etats-Unis où il est pris en charge médicalement. Dans ces conditions, la décision contestée ne peut être regardée comme portant à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par conséquent, être écarté.
10. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français qui n'a ni pour objet, ni pour effet de renvoyer M. B dans son pays d'origine.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
11. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant fixation du pays de destination du fait de l'illégalité décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B, à Me Pinson et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 13 mars 2025.
Le président de la 4ème chambre,
D Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026