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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL03116

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL03116

mardi 22 juillet 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL03116
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantROSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C B a demandé au tribunal administratif de Montpellier de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une période de douze mois, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, et de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Par un jugement n° 2402859 du 2 juillet 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2024, M. B, représenté par Me Rosé, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 2 juillet 2024 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 du préfet de l'Hérault ;

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences disproportionnées à l'aune de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 2 et 3 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. B s'est vu refuser le bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 15 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale de New York sur les droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant malgache, né le 28 novembre 1973 à Befalatanana Antananarivo IV (Madagascar), déclare être entré en France le 28 décembre 2022. Il a sollicité l'asile le 23 février 2023 auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Sa demande d'asile a été rejetée par décision du 16 octobre 2023. M. B a fait appel de cette décision auprès de la Cour nationale du droit d'asile, qui a confirmé le rejet de l'office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 2 avril 2024. Par un arrêté du 12 avril 2024 du préfet de l'Hérault, M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, d'une décision fixant le pays de renvoi et d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. M. B relève appel du jugement du 2 juillet 2024 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. Si M. B soutient que le tribunal administratif a commis une erreur manifeste d'appréciation en écartant à tort le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen ne se rapporte pas à la régularité du jugement contesté mais à son bien-fondé, et relève du contrôle du juge de cassation et non de celui du juge d'appel, auquel il appartient seulement, dans le cadre de l'effet dévolutif, de se prononcer sur la légalité de l'arrêté préfectoral litigieux. L'appelant ne peut donc utilement soutenir, pour demander l'annulation du jugement querellé, que le tribunal aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision contestée vise les textes qui la fondent et relève que M. B a fait l'objet d'une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et d'une décision de la Cour nationale du droit d'asile, fait état d'éléments relatifs à sa situation personnelle, notamment familiale, et examine sa situation au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment de ses articles 3, 6 et 8, mentionne que l'intéressé n'a pas de carte de résident ni de carte de séjour temporaire, n'ayant pas obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, puis énonce que l'intéressé ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français et pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Ces indications en droit et en fait révèlent que le préfet de l'Hérault a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ont permis à M. B de comprendre et de contester les motifs pour lesquels le préfet a pris à son encontre une décision d'éloignement. Dès lors, la décision litigieuse est suffisamment motivée au regard de L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3°".

6. En l'espèce, et conformément à ce qui a été énoncé au point 4, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Hérault se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de l'appelant, dont il n'est pas contesté qu'il entrait dans le champ d'application des dispositions précitées, avant de prendre la décision litigieuse, ni qu'il se serait estimé, à tort, lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile pour édicter sa décision portant obligation de quitter le territoire français avec délai de trente jours à l'encontre de M. B. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault se serait estimé à tort en situation de compétence liée doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

8. En l'espèce, M. B allègue avoir été victime avec son entourage familial de représailles au cours de l'année 2022, en raison du refus de sa conjointe de rendre des services à l'ancien président de la République de Madagascar, ainsi dans son récit fourni à l'office français de protection des réfugiés et apatrides au titre de sa demande d'asile, l'intéressé fait notamment valoir que le 7 octobre 2022, son fils, alors mineur, aurait été victime d'une agression tandis que, le 5 novembre 2022, des individus auraient à nouveau agressé son fils tout en essayant d'infliger des graves sévices à sa conjointe et à sa fille. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait établi la réalité des faits allégués ni que les craintes de persécution exprimées en cas de retour de sa famille dans son pays d'origine soient fondées, les pièces de portée générale fournies quant à la corruption et à l'insécurité à Madagascar, notamment plusieurs articles de presse ainsi qu'un indice de perception de la corruption pour l'année 2023 réalisé par Transparency International, ne suffisant pas à démontrer que l'appelant et son entourage familial seraient personnellement et directement exposés à de tels risques en cas de retour dans leur pays d'origine. Au surplus, ni l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ni la Cour nationale du droit d'asile, dans leurs décisions respectives du 16 octobre 2023 et du 2 avril 2024, ne tiennent pour établis les faits présentés par M. B et son entourage familial comme étant à l'origine de leur départ. Par ailleurs, il n'est pas sérieusement contesté que les deux enfants de M. B, dont seule la fille est encore mineure, pourront poursuivre leur scolarité à Madagascar. S'il invoque notamment les séquelles psychologiques dont souffrirait sa fille mineure, celle-ci ne bénéficie d'aucun suivi. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". En l'espèce, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et mentionne les faits relatifs à la situation personnelle et administrative de l'appelant, conformément à ce qui a été énoncé précédemment au point 5. Elle indique que M. B pourra être, après l'expiration du délai de départ volontaire, reconduit d'office à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays pour lequel il établit être légalement admissible. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de destination au regard des dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut donc qu'être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Aux termes de l'article 2 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne : " Toute personne a droit à la vie. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté ". Aux termes de l'article 3 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne : " Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale ".

12. En l'espèce, bien que M. B, ressortissant malgache, allègue avoir fait l'objet avec son conjointe et ses deux enfants de violentes agressions physiques au cours de l'année 2022, il n'établit pas pour autant être exposé à des risques dans son pays d'origine, notamment au regard de ce qui a été dit précédemment au point 8, alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 octobre 2023 et par la Cour nationale du droit d'asile le 2 avril 2024 au motif que ses déclarations, dépourvues d'éléments étayés et circonstanciés, ne permettent pas de tenir pour établis les faits allégués par l'intéressé, et qu'il n'apporte en outre aucune pièce supplémentaire en appel de nature à établir le risque d'être personnellement et directement exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault ne saurait être regardé comme ayant méconnu les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles 2 et 3 précités de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 2 et 3 précités de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retourner sur le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 alinéa 1er du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ".

14. L'appelant soutient que l'édiction systématique de mesures d'interdiction du territoire à l'égard des personnes déboutées du droit d'asile démontrerait que le préfet de l'Hérault se serait cru à tort en situation de compétence liée, à l'instar des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, et conformément à ce qui a été dit précédemment au point 5, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Hérault se serait placé à tort en situation de compétence liée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

17. En l'espèce, le préfet de l'Hérault a mentionné les éléments personnels et administratifs de l'appelant, notamment qu'il fait l'objet d'un rejet de sa demande d'asile, qu'il ne dispose ni d'une carte de résident ni d'une carte de séjour temporaire, qu'il ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière et n'établit pas de liens familiaux en France tout comme, à l'inverse, il ne justifie pas en être démuni dans son pays d'origine. A ce titre, et eu égard à la durée de douze mois de l'interdiction de retourner sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. B, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de cette décision doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation et d'injonction peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à la charge des dépens et à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 22 juillet 2025.

La présidente de la 2ème chambre,

Signé

A. Geslan-Demaret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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