mercredi 2 avril 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL03231 |
| Type | Ordonnance |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | MONTAZEAU & CARA AVOCATS |
Vu l'ensemble des pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à un malaise sur la voie publique, Mme A a été admise le 9 janvier 2023 au service des urgences du centre hospitalier universitaire de Toulouse (Haute-Garonne), où un scanner a révélé la présence d'une " masse entre les deux yeux de 5 cm environ ". Une imagerie par résonnance magnétique, réalisée deux heures plus tard, n'a en revanche révélé aucune anomalie et Mme A a été autorisée à rentrer chez elle le jour même. Initialement programmé le 14 février 2023, un second examen a été finalement annulé le jour même par le radiologue, celui-ci l'informant que le compte rendu du scanner réalisé le 9 janvier 2023 se rapportait en réalité à l'examen d'un autre patient, et ne la concernait nullement, étant intervenu suite à une erreur de " copier-coller ". Mme A fait valoir qu'elle a été placée en arrêt de travail par son médecin généraliste pour une période de 15 jours, renouvelée trois fois. Elle soutient que cette période d'arrêt de travail a eu pour conséquence, d'une part, une perte de revenus et, d'autre part, le non renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée. Par une décision du 17 mars 2023, le centre hospitalier universitaire de Toulouse a répondu défavorablement à la demande de réparation formulée par la requérante. Mme A fait appel de l'ordonnance du 10 décembre 2024 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a refusé de faire droit à cette demande.
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, de fait générateur, de préjudice ou de lien de causalité entre celui-ci et le fait générateur.
4. Il résulte de l'instruction que, lors d'un examen de radiologie réalisé aux urgences du centre hospitalier universitaire de Toulouse le 9 janvier 2023, le compte rendu d'examen médical d'un autre patient a été attribué par erreur à Mme A. Il n'est pas contesté que l'intéressée, après avoir été avisée de la présence d'une " masse entre les deux yeux de 5 cm environ ", a par la suite été informée que les investigations complémentaires réalisées après l'examen médical initial ont conduit à constater qu'elle n'était pas atteinte de tumeur. Mme A soutient que l'erreur commise a eu pour conséquence une perte de revenus ainsi qu'un refus de renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée. Toutefois, si l'intéressée sollicite l'expertise d'un radiologue, elle ne justifie pas de l'utilité de l'intervention d'un tel spécialiste, dès lors qu'elle se borne à dénoncer les retentissements psychologiques de l'annonce sur sa vie professionnelle, et non l'existence d'une pathologie physique dont elle serait atteinte. S'agissant d'une confusion entre deux comptes-rendus de patients ce recours à un radiologue n'est pas plus nécessaire. Enfin, si elle fait valoir qu'elle n'a été informée de l'erreur commise par le centre hospitalier universitaire de Toulouse qu'à compter du 14 février 2023, l'attestation rédigée par son médecin généraliste en date du 17 janvier 2025 et indiquant qu'elle " a présenté au mois de janvier 2023 un épisode anxieux ayant nécessité un traitement avec arrêt de travail " ne permet ni d'établir qu'elle a cru qu'elle était atteinte d'une tumeur entre le 9 janvier 2023 et le 14 février 2023, ni, plus généralement, que le syndrome anxieux dont elle a souffert était lié à l'annonce. Dans ces conditions, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, de lien de causalité entre l'information erronée, la perte de revenus et le non-renouvellement de son contrat de travail, la demande d'expertise est dépourvue du caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Fait à Toulouse, le 2 avril 2025
Le président,
Signé
J-F. MOUTTE
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
N°24TL03231
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026