LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-25TL01202

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-25TL01202

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-25TL01202
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantDURAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D... B... C... A... a demandé au tribunal administratif de Toulouse d’annuler l’arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination de cette mesure.

Par un jugement n° 2401405 du 15 mai 2025, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 12 juin 2025 sous le n° 25TL01202, M. B... C... A..., représenté par Me Durand, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler l’arrêté du 12 février 2024 du préfet de la Haute-Garonne ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans le délai d’un mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de lui remettre, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le jugement est entaché d’une erreur de droit au regard des articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entaché d’une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- c’est à tort que les premiers juges ont estimé qu’il ne justifiait pas d’un séjour habituel depuis plus de dix ans ; cette justification est apportée depuis au moins 2015 ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entaché d’une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant fixation du pays de renvoi est privée de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’erreur de droit dès lors que le préfet s’est senti lié par les décisions de l’office français de protection des réfugiés et apatrides et de la cour nationale du droit d'asile rejetant ses demandes d’asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.


M. B... C... A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du ….


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

M. B... C... A..., ressortissant soudanais né le 1er décembre 1971, est entré en France en janvier 2006, selon ses déclarations, et y a déposé une demande d’asile. Par une décision du 2 novembre 2007, la cour nationale du droit d’asile a définitivement rejeté sa demande, et M. B... C... A... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français le 14 novembre 2007. Il a sollicité l’asile sous une autre identité, mais sa demande a de nouveau été rejetée. Le 12 novembre 2008, il a été destinataire d’un arrêté portant refus de titre de séjour. A la suite du rejet de ses demandes de réexamen de son droit à l’asile, M. B... C... A... a fait l’objet, le 13 février 2017, d’un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, puis, le 17 mai 2019, d’un refus de séjour, assorti d’une mesure d'éloignement et d’une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B... C... A... a déposé, le 18 janvier 2023, auprès de la préfecture de la Haute-Garonne une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 12 février 2024, le préfet a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi de cette mesure. Par la présente requête, M. B... C... A... relève appel du jugement du 15 mai 2025 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

Sur le refus de titre de séjour :

En premier lieu, hormis dans le cas où les juges de première instance ont méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s’imposaient à eux et ont ainsi entaché leur jugement d’une irrégularité, il appartient au juge d’appel, non d’apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels les juges de première instance se sont prononcés sur les moyens qui leur étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l’effet dévolutif de l’appel. M. B... C... A... ne peut donc utilement soutenir que le jugement est entaché d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1 (…) ». En vertu de ces dispositions combinées avec celles de l’article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l’autorité compétente de consulter la commission du titre de séjour lorsqu’elle envisage de refuser l’admission exceptionnelle au séjour à un étranger qui établir résider habituellement en France depuis plus de dix ans.

5. Pour établir qu’il séjournait habituellement en France depuis plus de dix ans, M. B... C... A... a produit devant les premiers juges une série de pièces qui ne permettent pas de faire regarder cette condition comme remplie dès lors qu’elles attestent, tout au plus, d’une présence seulement ponctuelle au titre des années 2016, 2018, 2020 à 2022. En cause d’appel, M. B... C... A... ne produit aucun élément nouveau de nature à infirmer sur ce point la solution des premiers juges. Dans ces conditions, il n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait dû, avant de se prononcer sur sa demande de titre, consulter la commission du titre de séjour.

6. Par ailleurs, l’appelant se prévaut de liens privés intenses, d’une insertion professionnelle et d’un séjour ancien sur le territoire français. Mais, ainsi qu’il vient d’être dit, il ne produit aucune pièce nouvelle en appel. A cet égard, les éléments produits en première instance, notamment une promesse d’embauche du 15 février 2022 pour un poste de manœuvre dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, quelques attestations d’hébergement et de l’association Cimade, des factures, et autres documents administratifs, médicaux et bancaires ne permettent ni de justifier une présence ancienne et continue depuis la date alléguée de son entrée en France ni qu’il y aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux ou qu’il y aurait développé une intégration professionnelle particulière. En outre, l’appelant et célibataire et sans enfants en France et n’allègue pas être dépourvu d’attache dans son pays d'origine qu’il a quitté à l’âge de 34 ans. Dans ces conditions, la situation de M. B... C... A... ne répond ni à des considérations humanitaires ni à des motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation au regard de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de l’appelant doit aussi être écarté.

En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d’être exposés et alors que M. B... C... A... a précédemment fait l’objet de trois mesures d’éloignement qu’il n’établit pas avoir exécuté, le préfet de la Haute-Garonne n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur l’obligation de quitter le territoire français :

Il résulte de ce qui précède que l’appelant n’est pas fondé à exciper de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Sur le pays de renvoi :

Il résulte de ce qui précède que M. B... C... A... n’est pas fondé à exciper de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l’encontre de la décision portant fixation du pays de renvoi.

Si l’appelant entend soutenir que la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne produit aucun élément de nature de nature à établir la réalité des risques allégués en cas de retour dans son pays d'origine qui auraient dû conduire le préfet, qui ne s’est pas senti lié par le rejet que les instances chargées de l’asile ont opposé à ses diverses demandes, à procéder à un examen particulier de sa situation sur ce point. Le moyen ainsi soulevé doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... C... A... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... C... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... C... A..., à Me Durand et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 21 janvier 2026.


Le président de la 1ère chambre,

signé

Frédéric Faïck




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière en chef,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions