LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-19BX00877

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-19BX00877

mardi 31 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-19BX00877
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation5ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantSCP CHONG-SIT & DOUTRELONG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B E et Mme G C ont demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2015 par lequel le maire de Cayenne a accordé à M. F un permis de construire pour la réalisation d'une villa T3 sur une parcelle cadastrée BM 686 située 1222 route de Bourda à Cayenne.

Par un jugement n° 1700141 du 27 décembre 2018, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour :

Par un arrêt du 9 mars 2021, la cour a annulé le jugement du 27 décembre 2018 du tribunal administratif de la Guyane et, après avoir écarté les autres moyens soulevés, a sursis à statuer sur la légalité du permis de construire du 8 décembre 2015 jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification de l'arrêt pour permettre la notification à la cour, par M. F, d'une mesure de régularisation des vices tirés de l'absence d'accord de l'architecte des bâtiments de France, de la méconnaissance des dispositions du 1 de l'article U4.7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives et de la méconnaissance des règles de hauteur prévues à l'article U4.10 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 30 mars 2021, la commune de Cayenne, représentée par Me Sagne, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. E la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'accord de l'architecte des bâtiments de France a été sollicité mais celui-ci a estimé dans un avis du 6 mars 2017 qu'un accord n'était pas nécessaire dès lors que l'immeuble n'était pas situé dans le périmètre délimité des abords ou dans le champ de visibilité d'un monument historique ;

- les règles des articles U4.7 et U4.10 du règlement du plan local d'urbanisme ont été respectées.

Par des mémoires enregistrés les 1er avril 2021, 19 juillet 2021 et 23 septembre 2021, M. E et Mme C, représentés par Me Doutrelong, demandent à la cour d'annuler le permis de construire du 8 décembre 2015, d'annuler en tant que de besoin tout permis de construire modificatif susceptible d'avoir été délivré dans le délai d'instruction de deux mois à compter de la demande de permis de construire modificatif du 19 avril 2021, d'annuler le permis de construire modificatif du 13 juillet 2021 et de mettre à la charge de M. F et de la commune de Cayenne chacun la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 6 mars 2017 et les plans de masse versés aux débats par la commune concernent un projet de construction différent situé sur une parcelle cadastrée BM 68 qui n'est pas le terrain d'assiette du projet ;

- l'architecte des bâtiments de France a refusé le 22 juin 2021 de donner son accord à la demande de permis de construire modificatif déposé par M. F le 19 avril 2021 ;

- la demande de permis de construire modificatif a fait l'objet d'une décision implicite de rejet, en l'absence de réponse de la commune dans le délai de deux mois, en application de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire modificatif délivré le 13 juillet 2021 est illégal faute d'accord de l'architecte des bâtiments de France ;

- le pétitionnaire ne saurait se prévaloir d'un accord tacite de l'architecte des bâtiments de France dès lors que le refus d'accord du 22 juin 2021 a été rendu dans le délai d'instruction de deux mois en application de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires enregistrés les 9 juillet 2021, 20 juillet 2021 et 4 octobre 2021, M. F, représenté par Me Bonfait, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'architecte des bâtiments de France n'ayant pas fait connaître sa position dans le délai d'instruction de deux mois, il est réputé avoir émis un avis favorable à la demande de permis de construire modificatif déposée le 19 avril 2021 ;

- il est titulaire d'un permis de construire tacite qui a régularisé les vices relevés par la cour dans son arrêt du 9 mars 2021 ;

- les dispositions de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme, qui prévoient les cas dans lesquels le défaut de décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet, ne s'appliquent pas dès lors que le projet de construction n'est pas en site classé ou en instance de classement ;

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 22 juin 2021 n'a pas été émis dans le délai d'instruction de deux mois et, en tout état de cause, il n'est pas démontré qu'il ait été notifié à la commune ou au pétitionnaire ;

- le délai d'instruction de deux mois a commencé à courir le 19 avril 2021, date à laquelle le dossier complet de demande de permis de construire modificatif a été transmis à l'architecte des bâtiments de France ;

- subsidiairement, l'avis de l'architecte des bâtiments de France est très subjectif, repose sur des éléments qui n'ont pas été discutés lors de l'entretien entre l'architecte et le pétitionnaire et il n'est pas certain que l'architecte des bâtiments de France ait rendu son avis en toute indépendance et en toute objectivité dès lors que Mme C est fonctionnaire de la direction régionale des affaires culturelles et travaille dans le même service que l'architecte des bâtiments de France.

Par une lettre du 20 décembre 2021, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour la cour de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la régularisation des vices qui résulteraient du défaut d'accord de l'architecte des bâtiments de France et d'une hauteur excessive à l'égout de toit au regard de l'article U4.10 du plan local d'urbanisme.

M. F a présenté le 29 décembre 2021 des observations sur l'application éventuelle de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par une lettre du 3 février 2022, la cour a invité les parties à fournir tous éléments justifiant la notification de l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 22 juin 2021 à la commune.

La ministre de la culture a produit des observations enregistrées les 10 février et 8 mars 2022.

La commune de Cayenne a produit des pièces enregistrées le 14 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Gueguein, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 8 décembre 2015, le maire de Cayenne a accordé à M. F un permis de construire pour la réalisation d'une villa T3 sur une parcelle cadastrée BM 686 située 1222 route de Bourda à Cayenne (Guyane). Saisie d'une requête de M. E et Mme C, voisins immédiats du terrain d'assiette du projet, tendant à l'annulation de cet arrêté, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté leur demande par un jugement du 27 décembre 2018. Par un arrêt du 9 mars 2021, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé le jugement du 27 décembre 2018 du tribunal administratif de la Guyane et, après avoir écarté les autres moyens soulevés, a sursis à statuer sur la légalité du permis de construire du 8 décembre 2015 jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification de l'arrêt pour permettre la notification à la cour, par M. F, d'une mesure de régularisation des vices tirés de l'absence d'accord de l'architecte des bâtiments de France, de la méconnaissance des dispositions du 1 de l'article U4.7 du règlement du plan local d'urbanisme de Cayenne relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives et de la méconnaissance des règles de hauteur prévues à l'article U4.10 du règlement du plan local d'urbanisme.

Sur la régularisation du permis de construire initial du 8 décembre 2015 :

En ce qui concerne l'accord de l'architecte des bâtiments de France :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction. / Un décret en Conseil d'Etat précise les cas dans lesquels un permis tacite ne peut être acquis. ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () b) Permis de construire () ". Aux termes de l'article R. 424-2 du même code : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet dans les cas suivants : / a) Lorsque les travaux sont soumis () à une autorisation au titre des sites classés () ; () ". Aux termes de l'article R. 424-3 du même code : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet lorsque la décision est soumise à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France et que celui-ci a notifié, dans les délais mentionnés aux articles R. * 423-59 et R. * 423-67, un avis défavorable ou un avis favorable assorti de prescriptions. () ". Aux termes de l'article R. 424-4 du même code : " Dans les cas prévus à l'article précédent, l'architecte des Bâtiments de France ou le préfet de région adresse copie de son avis ou de sa décision au demandeur et lui fait savoir qu'en conséquence il ne pourra pas se prévaloir d'un permis tacite. ". Aux termes de l'article R. 423-67 du même code : " Par exception aux dispositions de l'article R. * 423-59, le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir donné son accord ou, dans les cas mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, émis son avis favorable est de deux mois lorsque le projet soumis à permis est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. () ". Aux termes de l'article R. 423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable. ".

3. Une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 19 avril 2021 par M. F, laquelle, en l'absence d'indication contraire par le service instructeur, était soumise au délai d'instruction de droit commun de deux mois prévu à l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme. Ainsi qu'il a été jugé au point 12 de l'arrêt avant dire droit du 9 mars 2021 de la cour, le projet étant situé dans le champ de visibilité de la résidence " Chalet Bourda " protégée au titre des monuments historiques, il ne peut être autorisé sans l'accord de l'architecte des bâtiments de France (ABF). Par un courrier du 19 avril 2021, le service instructeur de la mairie de Cayenne a transmis à l'ABF une demande d'avis et le dossier de permis modificatif, lesquels ont été reçus par les services de l'ABF le 22 avril suivant. Si l'ABF a demandé au service instructeur de la mairie le 23 avril 2021 de lui communiquer le dossier de permis de construire initial de M. F, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit qu'une telle demande aurait eu pour effet d'interrompre le délai dont disposait l'ABF pour émettre un avis.

4. Si, en application des dispositions précitées de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme, le silence gardé par l'ABF sur sa saisine a fait naître, le 22 juin 2021, un accord tacite, l'intervention de cet accord tacite ne faisait pas obstacle à ce que, se prononçant expressément sur la demande de permis modificatif dont il était saisi, l'ABF émette un refus d'accord exprès le 22 juin 2021, reçu par le service instructeur de la mairie de Cayenne le 23 juin suivant, se substituant à l'accord tacite précédemment rendu.

5. Aucune disposition législative ou réglementaire n'oblige l'ABF à s'entretenir avec le pétitionnaire avant de rendre son avis et la seule circonstance que Mme C, requérante, travaille dans les services de la direction régionale des affaires culturelles de la Guyane n'est pas de nature à démontrer un manque d'impartialité de l'ABF. Dans ces conditions, M. F n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus d'accord exprès de l'ABF du 22 juin 2021.

6. D'autre part, aux termes de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet dans les cas suivants : / a) Lorsque les travaux sont soumis à () une autorisation au titre des sites classés () ".

7. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet litigieux n'entre pas dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas soumis à autorisation au titre des sites classés. En revanche, le projet, qui est soumis à l'accord de l'ABF, entre dans le champ d'application de l'article R. 424-3 du code de l'urbanisme alors même qu'il n'est pas établi que l'architecte aurait notifié son refus d'accord au pétitionnaire. En effet, s'il résulte des dispositions des articles L. 424-2, R. 424-3 et R. 424-4 du même code qu'il incombe à l'ABF d'adresser au demandeur d'un permis de construire dont la délivrance est soumise à son accord copie de son avis lorsque celui-ci est défavorable ou favorable mais assorti de prescriptions et d'informer alors le demandeur qu'il ne pourra pas se prévaloir d'un permis tacite, la non-exécution de cette formalité, dont le seul objet est l'information du demandeur, ne peut avoir pour effet l'acquisition d'un permis tacite. Dans ces conditions, la circonstance que l'ABF aurait omis d'adresser à M. F copie de son refus d'accord du 22 juin 2021 n'a pu avoir pour effet de faire naître un permis tacite. En application de l'article R. 424-3 du code de l'urbanisme, l'absence de décision expresse dans le délai d'instruction de deux mois courant à compter du dépôt de la demande de permis modificatif a fait naître une décision implicite de rejet de la demande. Par suite, M. F n'est pas fondé à soutenir qu'il était titulaire d'un permis tacite et que celui-ci aurait eu pour effet de régulariser le permis initial du 8 décembre 2015.

8. Ainsi, le permis modificatif du 13 juillet 2021 a été délivré sans l'accord préalable de l'ABF. Par suite, le permis modificatif, lui-même entaché d'illégalité sur ce point, n'a pas régularisé le vice entachant le permis initial tiré de l'absence d'accord de l'architecte.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article U4.7 du règlement du plan local d'urbanisme :

9. Aux termes de l'article U4.7 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " 1. Les constructions, y compris les terrasses et les balcons, doivent être implantées à la distance (L) des limites séparatives aboutissant aux voies au moins égales à la moitié de la hauteur (H) du bâtiment, mesurée à l'égout du toit. Cette distance (L) ne peut être inférieure à 3 m () 2. Les pignons aveugles des constructions peuvent être implantés sur une des limites séparatives aboutissant aux voies si elles respectent les deux clauses suivantes : être réalisées sur une profondeur maximale de 15 m à partir de l'alignement ; avoir une hauteur maximum inférieure à 7 m à l'égout et à condition qu'un bâtiment à usage d'habitation existant sur la parcelle voisine et ayant des pièces principales qui y prennent jour ne soit pas situé à moins de 3 m de la limite séparative () ".

10. Les dispositions précitées du 2 de l'article U4.7 autorisent l'implantation d'un pignon aveugle de la construction sur une limite séparative aboutissant aux voies dans les conditions rappelées ci-dessus et qui sont cumulatives. Il ressort notamment du plan PC5 de la façade Sud-Est de la construction joint au dossier de demande de permis modificatif que la construction projetée, qui comporte un mur pignon aveugle implanté sur l'une des limites séparatives du terrain aboutissant à une voie et qui présente un recul de trois mètres par rapport à l'alignement, sera implantée à une profondeur de 15 mètres calculée à partir de cet alignement conformément à ce que prévoient les dispositions précitées de l'article U4.7. Dans ces conditions, le vice entachant le permis initial a été régularisé par le permis modificatif du 13 juillet 2021.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article U4.10 du règlement du plan local d'urbanisme :

11. Aux termes de l'article U4.10 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à la hauteur maximale des constructions : " 1. La hauteur des constructions individuelles ne pourra excéder 7.20 m, cette hauteur étant mesurée à l'égout du toit et 12 m au faîtage () ". Aux termes de l'article 5 des dispositions générales du même règlement : " Définition de la hauteur maximale. La hauteur maximale fixée à l'article 10 du règlement de chaque zone, est la différence d'altitude maximale admise entre le point de référence cité dans le règlement et sa projection verticale sur le sol naturel, tel qu'il apparaît au levé altimétrique effectué avant tous les travaux d'adaptation du terrain lié au projet considéré () ".

12. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de façade et de coupe joints au dossier de demande de permis modificatif, que la différence d'altitude maximale entre le faîtage de la construction projetée, situé à 6,56 mètres de haut, et sa projection sur le sol naturel est de 11,90 mètres (5,34 mètres + 6,56 mètres). Cette hauteur, calculée en ne tenant pas compte des travaux d'adaptation du terrain que le projet rend nécessaires, comme l'exigent les dispositions précitées de l'article 5 du plan local d'urbanisme, est inférieure à la hauteur maximale de 12 mètres prévue pour ce point de référence. Dans ces conditions, le vice entachant sur ce point le permis initial a été régularisé par le permis modificatif du 13 juillet 2021.

13. En revanche, si l'égout de toit du projet modifié a été abaissé à 3,12 mètres de haut au lieu des 3,63 mètres du projet initial, la différence d'altitude maximale entre l'égout du toit et sa projection verticale sur le sol naturel est de 8,46 mètres (5,34 mètres + 3,12 mètres), soit une hauteur supérieure à la hauteur maximale de 7,20 mètres prévue pour ce point de référence. Par suite, le permis modificatif n'a pas régularisé le vice entachant le permis initial.

Sur les conséquences de l'absence de régularisation de certains des vices retenus :

14. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

15. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que, lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge administratif doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Il n'en va pas différemment lorsque l'autorisation d'urbanisme contestée devant le juge est une mesure de régularisation qui lui a été notifiée pendant le délai qu'il avait fixé en mettant antérieurement en œuvre l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

16. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé en vertu de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

17. Les vices relevés aux points 8 et 13 tirés de l'absence d'accord de l'ABF et de la méconnaissance de la règle de hauteur à l'égout de toit prévue à l'article U4.10 du plan local d'urbanisme sont susceptibles d'être régularisés. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête et d'impartir au pétitionnaire un délai de quatre mois à compter de la notification du présent arrêt aux fins d'obtenir la régularisation des vices relevés.

DECIDE :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité du permis de construire du 8 décembre 2015 et du permis modificatif du 13 juillet 2021 jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent arrêt pour permettre à M. F de notifier, le cas échéant, à la cour une mesure de régularisation des irrégularités relevées aux points 8 et 13 du présent arrêt.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B E, à Mme G C, à la commune de Cayenne et à M. D F.

Copie pour information en sera délivrée au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 3 mai 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Elisabeth Jayat, présidente,

Mme Nathalie Gay, première conseillère,

Mme Laury Michel, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2022.

La rapporteure,

Laury A

La présidente,

Elisabeth Jayat

La greffière,

Virginie Santana

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

← Retour aux décisions

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026