mardi 7 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-19BX03599 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | DEPORCQ |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe d'annuler l'arrêté n° RH 2017/291 du 31 mai 2017 par lequel le maire de la commune de Pointe-Noire l'a placé en congé de maladie ordinaire du 1er novembre 2015 au 20 janvier 2017, et d'enjoindre à l'administration de lui rembourser toutes les rémunérations prélevées à l'issue de cet arrêté.
Par un jugement n° 1701240 du 18 juin 2019, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé l'arrêté du 31 mai 2017 par lequel le maire de Pointe-Noire a placé M. C en congé de maladie ordinaire du 1er novembre 2015 au 20 janvier 2017, en enjoignant à la commune de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 16 septembre 2019 et le 8 avril 2021, la commune de Pointe-Noire, représentée par Me Deporcq, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 18 juin 2019 ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif ;
3°) de mettre à la charge de M. C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige par lequel M. C a été placé en congé de maladie ordinaire du 1er novembre 2015 au 20 janvier 2017 a été pris au terme d'une procédure régulière, dès lors qu'elle justifie en appel que le secrétariat de la commission de réforme a informé M. C, par un courrier du 7 novembre 2016, que sa situation serait examinée par la commission afin d'émettre un avis sur l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 10 septembre 2015 ; il s'est présenté à la séance de la commission de réforme le 22 novembre 2016 ; il a été mis en mesure de prendre connaissance de la partie médicale de son dossier, de la possibilité de se présenter devant la commission ; la circonstance que M. C n'ait pas répondu à l'invitation qui lui était faite ne saurait invalider la procédure ; à supposer avéré le manquement à la procédure contradictoire reproché, celle-ci n'a pas été de nature à exercer une influence sur le sens de la décision ;
- la procédure de saisine de la commission de réforme a été respectée, dès lors qu'elle a invité l'intéressé à se présenter devant un médecin agréé et a communiqué à la commission l'intégralité du dossier ;
- la décision en litige n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation dès lors qu'il ressort du rapport d'expertise du 27 juillet 2016 que si M. C a été victime d'un accident de service le 10 septembre 2015, ses arrêts sont reconnus comme imputables au service uniquement pour la période allant du 10 septembre 2015 au 31 octobre 2015, mais que les arrêts de travail ultérieurs sont regardés comme des congés de maladie ordinaires, car sans lien avec le service, compte tenu de l'existence d'une pathologie préexistante à l'accident ;
- M. C n'ayant pas contesté l'avis défavorable émis par la commission de réforme lors de sa séance du 22 novembre 2016, il ne saurait lui être reproché d'avoir pris sa décision sur la base de l'expertise médicale d'un médecin agréé et de cet avis ; en l'absence de tout élément nouveau, elle n'avait pas l'obligation de revoir sa position ;
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé qu'elle ne rapportait pas la preuve d'avoir saisi pour avis le comité médical en vue de la reprise du travail de M. C, dès lors qu'il est établi qu'il n'a pas été déclaré inapte à son poste de travail, la commission de réforme ayant émis un avis favorable à la reprise du travail sur un poste aménagé ;
- M. C ayant épuisé ses droits à congé, elle a pu légalement le placer en disponibilité d'office à compter du 1er novembre 2016.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 3 mars 2021 et le 16 mars 2021, M. C, représenté par la SCP Ezelin-Dione, conclut au rejet de la requête de la commune de Pointe-Noire et à ce qu'il soit mis à la charge de cette dernière la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la commune de Pointe-Noire ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifié ;
- l'arrêté ministériel du 4 août 2004 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A D,
- et les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint technique territorial de 2ème classe, est affecté à la caisse des écoles de la commune de Pointe-Noire. Le 10 septembre 2015, pendant qu'il livrait un repas, il a eu un accident, en retenant une charge avec sa main droite et en ressentant une vive douleur au niveau de l'épaule droite, pour lequel il a bénéficié d'un arrêt de travail du 11 septembre au 16 octobre 2015. Il a bénéficié de plusieurs arrêts médicaux jusqu'au mois de janvier 2017. M. C a été convoqué le 15 juin 2016 à une expertise médicale. Le maire de la commune de Pointe-Noire a saisi la commission de réforme afin qu'elle se prononce sur l'aptitude de l'intéressé à la reprise de ses fonctions. Le 22 novembre 2016, la commission de réforme a rendu son avis, d'une part, en reconnaissant l'accident du 10 septembre 2015 imputable au service pour la période du 10 septembre au 31 octobre 2015 et, d'autre part, en concluant que les arrêts de travail après le 31 octobre 2015 n'étaient pas en rapport avec l'accident de travail, avec avis favorable à la reprise du travail sur un poste aménagé. L'arrêté du 24 janvier 2017 a constaté que M. C avait repris ses fonctions le lundi 23 janvier 2017 préalablement à sa visite le 6 mars suivant devant le service de médecine de prévention. Enfin, le maire de la commune de Pointe-Noire, par un même arrêté n° 2017/291 du 31 mai 2017, a décidé de placer M. C, d'une part, en congé de maladie ordinaire du 1er novembre 2015 au vendredi 20 janvier 2017 inclus, et d'autre part, constatant l'épuisement de ses droits à congés de maladie ordinaire, en disponibilité d'office à compter du 1er novembre 2016 jusqu'à la reprise du travail, constatée le lundi 23 janvier 2017. Par un courrier du 10 août 2017, l'intéressé a demandé au maire de la commune de Pointe-Noire de retirer cet arrêté. La commune ayant gardé le silence sur cette demande, M. C a alors saisi le tribunal administratif de la Guadeloupe d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2017. Par un jugement n°1701240 du 18 juin 2019, dont la commune de Pointe-Noire relève appel, ce tribunal a annulé cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté en litige :
2. Pour prononcer l'annulation de l'arrêté en litige, les premiers juges ont considéré qu'il n'était pas justifié, notamment en l'absence de preuve de la notification de la convocation par l'administration, que M. C avait été informé de ses droits ouverts par l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004, avant la réunion du 22 novembre 2016 de la commission de réforme, et qu'il avait été ainsi privé de la garantie du caractère contradictoire de la procédure devant la commission de réforme. Ils ont également estimé qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier que M. C ait eu la possibilité de consulter son dossier et de faire des observations orales ou écrites par l'intermédiaire du médecin de son choix, devant le comité médical départemental, dont il n'était pas établi que l'avis de ce comité ait été préalablement recueilli par l'autorité territoriale.
3. Aux termes des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. () ". L'article 16 du décret du 30 juillet 1987, pris pour l'application de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dispose, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme () est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. ". En vertu de ces dispositions, le maire de la commune de Pointe-Noire devait obligatoirement consulter la commission de réforme avant de prendre une décision sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident et des arrêts de travail consécutifs dont l'avait saisi M. C. Quand bien même il ne revêt qu'un caractère consultatif, l'avis de la commission de réforme contribue à garantir que la décision prise sur une demande de reconnaissance de l'imputabilité d'un accident ou d'une pathologie au service le sera de façon éclairée.
4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. Aux termes des dispositions de l'article 14 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat de la commission de réforme convoque les membres titulaires et l'agent concerné au moins quinze jours avant la date de la réunion. () ". Aux termes de l'article 16 du même arrêté : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. / (). / Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller. ".
6. La commune de Pointe-Noire produit, comme en première instance, un courrier du 7 novembre 2016 du secrétariat de la commission de réforme adressé à M. C censément établir selon elle que ce dernier a été informé de la date à laquelle la commission devait examiner son dossier et de ses droits. Même si les dispositions précitées de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 n'imposent pas que l'information soit faite par lettre recommandée avec accusé de réception, en se bornant à produire la simple copie du courrier, sans justifier de ce que cette information aurait été effectivement notifiée à M. C, qui conteste formellement l'avoir reçue, la commune de Pointe-Noire n'établit pas que l'intéressé a été informé de ses droits préalablement à la séance de la commission de réforme, en particulier de son droit à avoir accès à son dossier médical ainsi qu'à son dossier administratif et des voies de recours possibles. Ainsi, contrairement à ce qu'allègue la commune, l'absence d'information sur les droits de M. C était de nature à priver l'agent d'une garantie, comme en ont jugé à bon droit les premiers juges. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de sa séance du 22 novembre 2016 que M. C ait été entendu par la commission de réforme. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté de son maire qui décide en son article 1er, que les congés de M. C du 1er novembre 2015 au vendredi 20 janvier 2017 inclus relèvent du congé de maladie ordinaire, fondé sur l'avis de la commission de réforme émis le 22 novembre 2016, a été pris au terme d'une procédure régulière. Ce vice de procédure entache ainsi d'illégalité l'arrêté du 31 mai 2017, sans que la commune de Pointe-Noire puisse utilement se prévaloir de la circonstance, à la supposer établie, que cette irrégularité n'a pas été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise, et de la circonstance alléguée que M. C n'a pas usé de son droit à obtenir la communication de son dossier après notification le 9 février 2017 du procès-verbal de la séance de la commission de réforme, intervenue postérieurement à sa reprise du travail.
7. En vertu de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, le comité médical départemental est obligatoirement consulté pour avis notamment sur " la prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ", " la réintégration après douze mois consécutifs de congé de maladie " et " la mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ". Il précise que " () Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / - des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. / ().". Selon l'article 17 du même décret, lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme.
8. La commune de Pointe-Noire soutient qu'elle n'était pas tenue de saisir préalablement le comité médical dès lors qu'il n'est pas établi que M. C ait été inapte à son poste de travail, et alors que la commission de réforme a émis un avis favorable à la reprise du travail sur un poste aménagé. Toutefois, l'arrêté contesté, en tant qu'il a décidé que les congés de M. C du 1er novembre 2015 jusqu'au 20 janvier 2017 inclus, dont la durée totale atteint un an pendant une période de douze mois consécutifs jusqu'au 31 octobre 2016, relevaient de la maladie ordinaire, et placé M. C en disponibilité d'office à la date à laquelle il avait épuisé ses droits à congés pour maladie, ne pouvait intervenir sans qu'ait été préalablement recueilli l'avis du comité médical départemental, comme le prévoient les dispositions précitées des articles 4 et 17 du décret du 30 juillet 1987. L'atteinte ainsi portée à la garantie pour M. C de pouvoir utilement faire valoir ses observations devant le comité médical n'a pu être compensée ni par la circonstance, au demeurant sans incidence, que la commission de réforme se soit prononcée dans son avis rendu le 22 novembre 2016 en faveur de la reprise du travail de l'intéressé ni par la circonstance qu'il a bénéficié d'une visite de reprise par le médecin de prévention le 6 mars 2017 le déclarant apte à la reprise de ses fonctions, en assortissant sa déclaration d'aptitude de restrictions liées au port de charges supérieures à trois kg et à des postures de travail imposant de maintenir les bras en hauteur.
9. Par suite, ainsi qu'en ont jugé à bon droit les premiers juges, l'arrêté du maire de la commune de Pointe-Noire du 31 mai 2017 est intervenu à la suite d'une procédure irrégulière.
10. Il résulte de ce qui précède que la commune de Pointe-Noire n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé l'arrêté de son maire du 31 mai 2017.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Pointe-Noire au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pointe-Noire la somme de 1 500 euros sur le fondement des mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la commune de Pointe-Noire est rejetée.
Article 2 : La commune de Pointe-Noire versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de Pointe-Noire et à M. B C.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2022 à laquelle siégeaient :
M. Didier Artus, président,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur,
Mme Agnès Bourjol, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2022.
La rapporteure,
Agnès DLe président,
Didier ARTUS
Le greffier,
Anthony FERNANDEZ
La République mande et ordonne au ministre des Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
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Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026