mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX00425 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SELARL MOCK - FREDERIC |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B D épouse C et M. F C ont demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe d'annuler le permis de construire délivré le 9 novembre 2018, par le maire de la commune de Morne-à-l'Eau à la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre, en vue de la réalisation d'un pôle de valorisation des déchets sur un terrain situé boulevard de l'Amandier à Richeval sur le territoire de la commune de Morne-à-l'Eau.
Par un jugement n° 1900054 du 22 octobre 2019, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2020, M. et Mme C, représentés par Me Frédéric, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 22 octobre 2019 ;
2°) d'annuler le permis de construire du 9 novembre 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Morne-à-l'Eau une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la communauté d'agglomération Nord Grande-Terre (CANGT) n'a complété son dossier que le 24 octobre 2018, postérieurement à l'expiration du délai prévu à l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme et une décision implicite de rejet est intervenue, conformément à ce même article ; l'arrêté de permis de construire étant intervenu sur une demande sur laquelle la CANGT doit être considérée comme s'étant désistée, a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière et encourt de ce fait l'annulation ;
- le tribunal s'est à tort fondé sur l'article R. 423-42 du code de l'urbanisme et l'administration ayant statué sur une demande inexistante, le tribunal ne pouvait juger que cette irrégularité n'était pas de nature à entacher d'illégalité le permis de construire attaqué dès lors qu'elle n'était pas susceptible d'exercer en l'espèce une influence sur la décision prise sur la demande de permis de construire et n'avait privé les requérants d'aucune garantie.
Par un mémoire, enregistré le 25 juin 2020, la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre (CANGT), représentée par Me Drain, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. et Mme C d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive en ce que le jugement a été rendu le 22 octobre 2019 et la requête enregistrée le 4 février 2020 ; elle est par suite irrecevable ;
- la demande de première instance était irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir des appelants ;
- les moyens développés par les appelants ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 24 juillet 2020, la commune de Morne-à-l'Eau, représentée par Me Deporcq, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme C d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement a été rendu le 22 octobre 2019 et la requête enregistrée le 4 février 2020 ; la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- Mme C ne justifie pas d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens développés par les appelants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E A;
- les conclusions de M. Stéphane Gueguein, rapporteur public ;
- et les observations de Me Savignat, représentant la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération du Nord Grande Terre (CANTG) a demandé, le 6 février 2018, un permis de construire afin de réaliser un pôle de valorisation des déchets constitué d'une déchetterie, d'une ressourcerie, d'une loge de gardien de 35 m² et de 66 places de stationnement sur les parcelles cadastrées section AH n° 175 et 176 situées boulevard de l'Amandier à Richeval sur le territoire de la commune de Morne-à-l'Eau. Par un arrêté du 9 novembre 2018, le maire de Morne-à-l'Eau a délivré le permis de construire sollicité. M. et Mme C relèvent appel du jugement du 22 octobre 2019 par lequel le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté leur demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité du permis de construire :
2. Aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la CANGT a déposé le 6 février 2018, une demande de permis de construire et que la commune de Morne-à-l'Eau lui a adressé, le 2 mars 2018, une demande de communication de pièces complémentaires. Le dossier de demande de permis de construire n'a été complété que le 24 octobre 2018, postérieurement à l'expiration du délai de trois mois prévu à l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme. Par la production des pièces complémentaires manquantes au-delà du délai de trois mois prévu par l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme, le pétitionnaire doit être regardé comme maintenant sa demande de permis de construire et comme demandant l'abrogation de la décision implicite de rejet. Ainsi, si, comme l'affirment les appelants, une décision tacite de rejet était née par application de ce même article, cette décision non créatrice de droit a été abrogée par l'arrêté contesté accordant le permis de construire à la CANGT. Contrairement à ce que soutiennent les appelants, aucune disposition législative ou règlementaire ni aucun principe général du droit n'impose la caducité de la demande de permis de construire. Enfin, M. et Mme C n'invoquent, à l'appui de leurs conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2018 aucun moyen relatif aux motifs pour lesquels l'administration n'aurait pu légalement abroger la décision implicite de rejet.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir, que M. et Mme C ne sont pas fondés à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté leur demande tendant à l'annulation du l'arrêté du 9 novembre 2018.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme C le versement à la commune de Morne-à-l'Eau d'une somme de 1 500 euros, la commune ne dirigeant ses conclusions que contre Mme C, et de mettre à la charge de M. et Mme C le versement à la CANGT d'une même somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Morne-à-l'Eau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent M. et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera à la commune de Morne-à-l'Eau une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme C verseront à la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. F C, à Mme B D épouse C, à la commune de Morne-à-l'Eau et à la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
Mme Nathalie Gay, première conseillère,
Mme Laury Michel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
Nathalie ALa présidente,
Elisabeth Jayat
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026