mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX00775 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | LOMARI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler l'arrêté du maire de Saint-Denis du 3 décembre 2018 portant nomination en qualité de rédacteur territorial principal de 2ème classe stagiaire en tant qu'il fixe ses droits à rémunération à l'indice brut 377, indice majoré 347, et l'arrêté du 12 avril 2019, " portant revalorisation indiciaire ", en tant qu'il fixe sa rémunération à l'indice brut 389 indice majoré 356, d'enjoindre à la commune de Saint-Denis de procéder à un nouveau reclassement sur la base de l'indice brut 638, indice majoré 534, et de lui attribuer une indemnité compensatrice de 101,42 euros.
Par un jugement n° 1900966 du 5 décembre 2019, le tribunal administratif de La Réunion a annulé les arrêtés du maire de Saint-Denis des 3 décembre 2018 et 12 avril 2019, en tant qu'ils fixent les droits à rémunération de M. C à compter du 1er décembre 2018, puis à compter du 1er janvier 2019, afférent au 1er échelon de son grade, en enjoignant à la commune de régulariser la situation pécuniaire de M. C à compter du 1er décembre 2018 en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479, et a rejeté sa demande tendant à ce qu'il lui soit alloué une indemnité compensatrice.
Procédures devant la cour :
I) Par une requête, enregistrée le 3 mars 2020, sous le n° 20BX00775, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Armoudom, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1900966 du 5 décembre 2019 du tribunal administratif de La Réunion ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif ;
3°) de mettre à la charge de M. C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le droit au maintien de la rémunération, issu des dispositions de l'article 23 II du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale n'a pas été méconnu ; la rémunération de M. C avant sa nomination comme fonctionnaire stagiaire avait été établie, dans le cadre d'un accord intersyndical conclu le 13 décembre 1999, en y intégrant artificiellement une majoration du fait de son affectation en outre-mer et, de fait, il a bénéficié de la prime de " vie chère " ; en retenant volontairement un indice de rémunération faible, auquel s'ajoute la prime de " vie chère ", au stade de son reclassement, comme l'atteste les fiches de paie de l'intéressé mentionnant le versement de la majoration de traitement, qui était nécessairement incluse dans sa rémunération comme contractuel, elle doit être regardée comme ayant respecté l'esprit de l'article 23 II du décret du 22 mars 2010, tel qu'explicité par la réponse ministérielle à la question écrite n° 350, publiée au Journal officiel au 3 octobre 2017, en lui assurant un niveau de rémunération équivalent ;
- l'indice de rémunération fixé par le tribunal, comme l'indice dont M. C revendique le bénéfice, lui confèrerait une rémunération, augmentée de la prime de vie chère, sans rapport avec son grade et son emploi et entraînerait une rupture d'égalité de traitement entre agents publics ;
- la demande d'allocation d'une indemnité compensatrice présentée par M. C n'est pas fondée dès lors qu'il ne remplit pas les conditions posées par l'article 135 de la loi du 26 janvier 1984.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2022, M. C, représenté par Me Lomari, conclut au rejet de la requête de la commune de Saint-Denis et à ce qu'il soit mis à la charge de cette dernière la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la commune de Saint-Denis ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars 2022 à 12 heures.
II) Par une requête, enregistrée le 6 mars 2020 sous le n°20BX00819, M. C, représenté par Me Lomari, demande à la cour :
1°) de réformer ce jugement du tribunal administratif de La Réunion du 5 décembre 2019 en tant que, à son article 2, il fixe sa rémunération à compter du 1er décembre 2018 sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479, et en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande tendant au bénéfice de l'indemnité compensatrice ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Denis de fixer sa rémunération sur la base de l'indice brut correspondant au dernier échelon de son grade, soit l'indice brut 638, indice majoré 534, et de lui attribuer une indemnité compensatrice brute mensuelle de 248,04 euros dans un délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés contestés sont entachés d'une motivation insuffisante ;
- ayant perçu une rémunération mensuelle moyenne d'un montant de 2 742,66 euros brut au cours des douze derniers mois, il pouvait prétendre à un reclassement sur la base de l'indice brut 638 (IM 534) conformément à l'article 23 II du décret du 22 mars 2010 ; l'indice de rémunération ne peut être inférieur à l'indice équivalent perçu avant sa nomination comme fonctionnaire stagiaire ; selon ces dispositions, seuls sont exclus du calcul de la rémunération après intégration les accessoires liés à la situation familiale, au lieu d'affectation et au transport, de sorte que l'indemnité de fonction de 498 euros qu'il percevait comme agent contractuel devait nécessairement être prise en compte dans le calcul de la rémunération ainsi maintenue ; en ôtant du traitement indiciaire brut perçu avant intégration l'équivalent de cette indemnité de fonction, pour fixer sa rémunération sur la base de l'indice brut de 377 (IM 347), puis de l'indice brut 389 (IM 356), la commune de Saint-Denis a commis une erreur de droit ;
- en décidant qu'il pouvait seulement prétendre à un reclassement sur la base de l'indice brut 566 (IM 479), le tribunal a fait une application erronée de l'article 23 II du décret du 22 mars 2010 ; l'article 23 II en vigueur à la date de l'arrêté contesté, issu du décret du 12 mai 2016, ne prend plus en compte le seul " traitement " mais la " rémunération " antérieure ;
- l'indice de reclassement retenu dans l'arrêté litigieux lui allouant une rémunération inférieure à 95 % de ce qu'il percevait en qualité d'agent contractuel, il est en droit de prétendre à une indemnité compensatrice de 248,04 euros brut mensuelle en application de l'article 135 de la loi du 26 janvier 1984 et du décret du 18 février 1986.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Armoudom, conclut, à titre principal, au rejet de la requête de M. C, à titre subsidiaire, à la confirmation du jugement attaqué en tant qu'il lui a enjoint de fixer sa rémunération à compter du 1er décembre 2018 sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479, et rejeté le surplus des conclusions indemnitaires présentées par M. C, et à ce qu'il soit mis à la charge de ce dernier la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mars 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-1105 du 23 décembre 1982 ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le décret n° 86-227 du 18 février 1986 ;
- le décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 ;
- le décret n° 2010-330 du 22 mars 2010 ;
- le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 ;
- le décret n° 2016-594 du 12 mai 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A D,
- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C était employé par la commune de Saint-Denis depuis plusieurs années en qualité d'agent contractuel exerçant des fonctions de rédacteur et d'acheteur. En dernier lieu, sa rémunération brute était fixée à 2 242 euros, outre une indemnité de fonction de 498 euros. Par un arrêté du 3 décembre 2018, il a été nommé rédacteur territorial principal de 2ème classe stagiaire à compter du 1er décembre 2018. Selon l'article 2 de cet arrêté, son reclassement a été effectué au 1er échelon du grade de rédacteur principal de 2ème classe, soit à l'indice brut 377, indice majoré 347. Par un recours gracieux formé le 13 février 2019, M. C a contesté ce reclassement. Aux termes d'un arrêté " portant revalorisation indiciaire " édicté le 12 avril 2019, le traitement appliqué à l'intéressé à compter du 1er janvier 2019 a été fixé par référence à l'indice brut 389, indice majoré 356. M. C a alors saisi le tribunal administratif de La Réunion d'une demande tendant à l'annulation des arrêtés des 3 décembre 2018 et 12 avril 2019 en tant qu'ils fixent sa rémunération et en tant qu'ils lui refusent le bénéfice d'une indemnité compensatrice. Par jugement n° 1900966 du 5 décembre 2019, ce tribunal a annulé les arrêtés du maire de Saint-Denis du 3 décembre 2018 et du 12 avril 2019, en tant qu'ils fixent la rémunération de M. C à compter du 1er décembre 2018, puis à compter du 1er janvier 2019, en enjoignant à la commune de régulariser la situation pécuniaire de ce dernier en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479, et a rejeté le surplus des conclusions de sa requête.
2. Par une requête enregistrée sous le n° 20BX00775, la commune de Saint-Denis conclut à l'annulation de ce jugement et au rejet de la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif. Par une requête enregistrée sous le n° 20BX00819, M. C conclut à la réformation de ce jugement en tant que, à son article 2, il fixe sa rémunération à compter du 1er décembre 2018, puis à compter du 1er janvier 2019, sur la base d'indices de rémunération erronés ne le faisant pas bénéficier du maintien à titre personnel de la rémunération qu'il percevait antérieurement en qualité d'agent contractuel, en enjoignant à la commune de fixer sa rémunération sur la base de l'indice brut correspondant au dernier échelon de son grade, soit l'indice brut 638, indice majoré 534, et de lui attribuer une indemnité compensatrice brute mensuelle de 248,04 euros.
3. Les requêtes enregistrées sous les n°s 20BX00775 et 20BX00819 concernent le même jugement. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.
Sur la légalité des arrêtés du 3 décembre 2018 et du 12 avril 2019 :
En ce qui concerne le maintien de la garantie de rémunération à titre personnel :
4. En vertu de l'article 20 du titre Ier du statut général de la fonction publique auquel renvoie l'article 87 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Aux termes de l'article 2 du décret du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale : " Chaque cadre d'emplois comprend trois grades ou assimilés : / Les premier et deuxième grades comportent treize échelons ; / Le troisième grade, grade le plus élevé, comporte onze échelons ". Aux termes de l'article 14 du même décret : " Les personnes qui justifient, avant leur nomination dans l'un des cadres d'emplois régis par le présent décret, de services accomplis en tant qu'agent public non titulaire () sont classées, lors de leur nomination, dans le premier grade à un échelon déterminé en prenant en compte les services accomplis dans un emploi de niveau au moins équivalent à celui de la catégorie B à raison des trois quarts de leur durée () ".
5. Aux termes de son article 23, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2017 : " () II. - Les agents qui avaient, avant leur nomination dans l'un des cadres d'emplois régis par le présent décret, la qualité d'agent contractuel de droit public, classés en application de l'article 14 () à un échelon doté d'un indice brut conduisant à une rémunération inférieure à celle dont ils bénéficiaient avant leur nomination conservent à titre personnel le bénéfice d'un indice brut fixé de façon à permettre le maintien de leur rémunération antérieure (). Toutefois, l'indice brut ainsi déterminé ne peut excéder l'indice brut afférent au dernier échelon du grade dans lequel ils sont classés. / () La rémunération prise en compte pour l'application du premier alinéa correspond à la moyenne des six meilleures rémunérations perçues en cette qualité pendant les douze mois précédant la nomination. Cette rémunération ne prend en compte aucun élément accessoire lié à la situation familiale, au lieu de travail et aux frais de transport. / Les agents contractuels, dont la rémunération n'est pas fixée par référence expresse à un indice, conservent à titre personnel le bénéfice de cette rémunération dans les mêmes limites et conditions que celles énumérées aux trois alinéas précédents ".
6. Il résulte des dispositions précitées que l'agent intégrant en qualité de stagiaire un cadre d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale à un échelon doté d'un indice brut conduisant à une rémunération inférieure à celle qu'il percevait avant sa nomination conserve à titre personnel le bénéfice d'un indice brut fixé de façon à permettre le maintien de sa rémunération antérieure.
7. Ces mêmes dispositions prévoient que la rémunération antérieure doit être évaluée au regard des six meilleures rémunérations mensuelles perçues dans le dernier emploi sur une période de douze mois précédant la nomination, sans qu'il y ait lieu de tenir compte pour déterminer cette rémunération des éléments accessoires liés à la situation familiale, au lieu de travail et aux frais de transport. En l'espèce, la rémunération brute de M. C à prendre en compte pour l'application du premier aliéna du II de l'article 23 s'élève à la somme non contestée de 2 742,66 euros.
8. La commune de Saint-Denis soutient en appel que les modalités de calcul du traitement à devoir à M. C, telles que retenues par le tribunal administratif au point 4 de son jugement, sont erronées en ce qu'elles ne déduisent pas de la rémunération qu'il percevait comme agent contractuel la majoration de traitement, dite " prime de vie chère " alors que les dispositions précitées permettent de prendre en compte les indemnités et majorations de traitement appliquées à compter de son intégration pour maintenir sa rémunération au même niveau que précédemment.
9. Il ressort des pièces du dossier et notamment des douze derniers bulletins de paie sur la période précédant son intégration que la rémunération M. C en qualité de contractuel, qui n'avait pas de base indiciaire, était composée d'un " traitement forfaitaire " de 2 242,75 euros et d'une " indemnité de fonction " de 498,05 euros. Il ressort également des pièces du dossier que l'arrêté en litige du 1er décembre 2018 a reclassé M. C, à compter du 1er décembre 2018 au 1er échelon de son grade sur la base de l'indice brut 377, indice majoré 347, correspondant à un traitement brut mensuel de 1 626,05 euros. S'il est exact que ce traitement indiciaire est inférieur au montant du " traitement forfaitaire " que percevait M. C comme agent contractuel, toutefois, il ressort des pièces du dossier que la commune de Saint-Denis a entendu compenser les conséquences de ce reclassement en conservant à M. C, après son intégration, une rémunération brute globale d'un montant de 2 700,77 euros, laquelle est légèrement inférieure à la moyenne des six meilleures rémunérations perçues en qualité de contractuel, de 2 742,66 euros, mentionnée au point 7.
10. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté " portant revalorisation indiciaire " édicté le 12 avril 2019, le traitement indiciaire appliqué à l'intéressé à compter du 1er janvier 2019 a été fixé par référence à l'indice brut 389, indice majoré 356, correspondant à un traitement brut mensuel de 1 668,21 euros, et conduisant, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 23 II précité du décret du 22 mars 2010, à une rémunération au moins égale au montant de la rémunération devant lui être conservée, à titre personnel.
11. M. C pouvait prétendre, en application des dispositions précitées de l'article 23 II du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010, à un reclassement indiciaire, à compter de sa nomination comme fonctionnaire stagiaire fixé, non pas sur la base de l'indice brut 377, indice majoré 347, afférent au 1ème échelon de son grade de rédacteur territorial principal, mais sur la base de l'indice majoré 356, correspondant à la rémunération devant lui être maintenue, à titre personnel.
12. Il résulte de ce qui précède que la commune de Saint-Denis est seulement fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de La Réunion a annulé l'arrêté du 12 avril 2019 et lui a enjoint d'allouer à M. C une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479, à compter du 1er décembre 2018.
13. Toutefois, il appartient à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner le moyen soulevé par M. C à l'appui de ses conclusions en annulation de l'arrêté du 12 avril 2019 devant le tribunal administratif et devant la cour.
14. L'arrêté contesté, en tant qu'il fixe l'indice majoré 356 à compter du 1er janvier 2019, en précisant que les éléments de calcul de la rémunération antérieure à prendre en compte correspondent à la moyenne des six meilleures rémunérations versées à l'agent au cours des douze derniers mois, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré par M. C du défaut de motivation de l'arrêté contesté doit être écarté.
En ce qui concerne le refus implicite du bénéfice de l'indemnité compensatrice :
15. En application de l'article 135 de la loi du 26 janvier 1984, les agents intégrés dans la fonction publique territoriale reçoivent une rémunération qui ne peut être inférieure à 95 % de la rémunération antérieure lorsque l'intégration porte sur un cadre d'emplois de catégorie B, et perçoivent, le cas échéant, une indemnité compensatrice dont le plafond est fixé par référence au dernier échelon du grade le plus élevé du cadre d'emplois.
16. Il résulte de ce qui précède que la rémunération à laquelle M. C est en droit de prétendre au titre de sa nomination en qualité de fonctionnaire stagiaire de catégorie B à compter du 1er décembre 2018 est plus élevée que celle qu'il percevait antérieurement en qualité de contractuel.
17. Ainsi, M. C n'est pas fondé à demander le bénéfice de l'indemnité compensatrice prévue à l'article 135 de la loi du 26 janvier 1984. Par suite, ses conclusions en annulation du refus implicite de faire droit à sa demande ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le prononcé d'une mesure d'injonction :
18. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Saint-Denis de fixer la rémunération de M. C sur la base de l'indice majoré 356 correspondant à sa rémunération devant lui être maintenue, à titre personnel, au titre du mois de décembre 2018, dans un délai de deux mois.
19. Le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation du rejet implicite du recours gracieux de M. C tendant au versement d'une indemnité compensatrice brute mensuelle n'appelle aucune autre mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées par M. C tendant, d'une part, à ce que sa rémunération soit majorée sur la base de l'indice brut 638, indice majoré 534 et, d'autre part, à l'annulation du rejet implicite de sa demande tendant au bénéfice de l'indemnité compensatrice, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties tendant au remboursement des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement n° 1900966 du 5 décembre 2019 du tribunal administratif de La Réunion est annulé en tant qu'il a annulé l'arrêté du 12 avril 2019 et a enjoint à la commune de Saint-Denis de régulariser la situation pécuniaire de M. C à compter du 1er décembre 2018 en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 566, indice majoré 479.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Denis de fixer la rémunération de M. C sur la base de l'indice majoré 356 correspondant à sa rémunération devant lui être maintenue, à titre personnel, au titre du mois de décembre 2018, dans un délai de deux mois.
Article 3 : La requête n° 20BX00819 de M. C et le surplus de sa demande de première instance sont rejetés.
Article 4 : Les conclusions présentées par M. C et par la commune de Saint-Denis au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et à la commune de Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Didier Artus, président,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur,
Mme Agnès Bourjol, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Agnès DLe président,
Didier ARTUS
Le greffier,
Anthony FERNANDEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
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N°s 20BX00775, 20BX00819
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026