LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-20BX00780

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-20BX00780

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-20BX00780
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantRAYMOND MÉLANIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C B a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler l'arrêté du maire de Saint-Denis du 16 octobre 2018 portant nomination en qualité de rédacteur territorial stagiaire en tant qu'il fixe ses droits à rémunération et d'enjoindre à la commune de Saint-Denis de procéder à un nouveau reclassement sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498, et de lui attribuer une indemnité compensatrice de 393,63 euros.

Par un jugement n° 1900948 du 5 décembre 2019, le tribunal administratif de La Réunion a annulé l'arrêté du maire de Saint-Denis du 16 octobre 2018 portant nomination de Mme B à compter du 1er décembre 2018 en qualité de rédacteur territorial stagiaire en tant qu'il fixe ses droits à rémunération par référence à l'indice brut 373, indice majoré 344, afférent au 2ème échelon du grade de rédacteur territorial et en tant qu'il lui refuse le bénéfice d'une indemnité compensatrice, et en enjoignant à la commune de régulariser la situation pécuniaire de Mme B en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498, ainsi qu'une indemnité compensatrice correspondant à 95 % du traitement afférent à l'indice brut 701.

Procédures devant la cour :

I) Par une requête, enregistrée le 3 mars 2020, sous le n° 20BX00780, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Armoudom, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement n° 1900948 du 5 décembre 2019 du tribunal administratif de La Réunion ;

2°) de rejeter la demande présentée par Mme B devant le tribunal administratif ;

3°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le droit au maintien de la rémunération, issu des dispositions de l'article 23 II du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale n'a pas été méconnu ; la rémunération de Mme B avant sa nomination comme fonctionnaire stagiaire avait été établie, dans le cadre d'un accord intersyndical conclu le 13 décembre 1999, en y intégrant artificiellement une majoration du fait de son affectation en outre-mer, et de fait, elle a bénéficié de la prime de " vie chère " ; en retenant volontairement un indice de rémunération faible, auquel s'ajoute la prime de " vie chère ", au stade de son reclassement, comme l'atteste la fiche de paie de décembre 2018 de l'intéressée mentionnant le versement de la majoration de traitement, qui était nécessairement incluse dans sa rémunération comme contractuel, elle doit être regardée comme ayant respecté l'esprit de l'article 23 II du décret du 22 mars 2010, tel qu'explicité par la réponse ministérielle à la question écrite n° 350, publiée au Journal officiel au 3 octobre 2017, en lui assurant un niveau de rémunération équivalent ;

- l'indice de rémunération fixé par le tribunal, comme l'indice brut dont Mme B revendique le bénéfice, lui confèrerait une rémunération, augmentée de la prime de vie chère, sans rapport avec son grade et son emploi et entraînerait une rupture d'égalité de traitement entre agents publics ;

- la demande d'allocation d'une indemnité compensatrice présentée par Mme B n'est pas fondée dès lors qu'elle ne remplit pas les conditions posées par l'article 135 de la loi du 26 janvier 1984.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2020, Mme B, représentée par Me Raymond, conclut à titre principal au rejet de la requête de la commune de Saint-Denis et, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit enjoint à la commune de régulariser sa situation à compter du 1er décembre 2018 sur la base de la rémunération fixée à l'indice brut 591, indice majoré 498, assortie d'une indemnité compensatrice de 393,63 euros, sous astreinte de 100 euros par jour de retard suivant la notification de l'arrêt à intervenir, et à ce qu'il soit mis à la charge de cette dernière la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête d'appel est irrecevable car tardive ;

- les moyens soulevés par la commune de Saint-Denis ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 15 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 17 janvier 2022 à 12 heures.

II) Par un courrier, enregistré le 20 mai 2020, Mme B a demandé à la cour l'ouverture d'une procédure en exécution du jugement n° 1900948 du 5 décembre 2019 du tribunal administratif de La Réunion.

Par une ordonnance du 21 juillet 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture, sous le n° 21BX02828, d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, s'il y a lieu, les mesures qui seraient nécessaires à l'exécution de ce jugement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Armoudom, conclut à ce que la cour constate qu'elle a exécuté le jugement du 5 décembre 2019, au rejet de la demande d'exécution présentée par Mme B et à ce qu'il soit mis à la charge de cette dernière la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- le jugement dont l'exécution est demandée ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 82-1105 du 23 décembre 1982 ;

- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;

- le décret n° 86-227 du 18 février 1986 ;

- le décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 ;

- le décret n° 2010-330 du 22 mars 2010 ;

- le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 ;

- le décret n° 2016-594 du 12 mai 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A D,

- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.

Une note en délibéré présentée par Me Raymond a été enregistrée le 28 juin 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B était employée par la commune de Saint-Denis depuis plusieurs années en qualité de rédactrice et d'assistante juridique contractuelle. En dernier lieu, sa rémunération brute était fixée à 3 009 euros. Par arrêté du 16 octobre 2018 notifié le 18 décembre 2018, elle a été nommée rédactrice territoriale stagiaire à compter du 1er décembre 2018. Selon les articles 2 et 3 de cet arrêté, son reclassement a été effectué au 2ème échelon du grade de rédacteur, soit à l'indice brut 373, indice majoré 344, avec maintien à titre personnel de sa rémunération sur la base de l'indice brut 469. Par un recours gracieux formé le 15 février 2019, Mme B a contesté ce reclassement. Ce recours ayant été implicitement rejeté, l'intéressée a saisi le tribunal administratif de La Réunion d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2018 en tant qu'il fixe sa rémunération et en tant qu'il lui refuse le bénéfice d'une indemnité compensatrice. Par jugement n° 1900948 du 5 décembre 2019, ce tribunal a annulé l'arrêté du maire de Saint-Denis du 16 octobre 2018 en tant qu'il fixe la rémunération de Mme B à compter du 1er décembre 2018 et en tant qu'il lui refuse le bénéficie d'une indemnité compensatrice, en enjoignant à la commune de régulariser la situation pécuniaire de cette dernière en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498.

2. Par une requête enregistrée sous le n° 20BX00780, la commune de Saint-Denis conclut à l'annulation de ce jugement et au rejet de la demande présentée par Mme B devant le tribunal administratif. Par une ordonnance du 21 juillet 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture, sous le n° 21BX02828, d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, s'il y a lieu, les mesures qui seraient nécessaires à l'exécution de ce jugement. Par un mémoire en défense, la commune de Saint-Denis conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'elle justifie l'exécution du jugement dont Mme B demande l'exécution, en produisant un arrêté n°1730/DRH/2020 du 14 septembre 2020, annulant l'arrêté du 16 octobre 2018, et portant nomination de Mme B au grade de rédacteur stagiaire et un arrêté n°1732/DRH/2020 du 14 septembre 2020, modifiant l'arrêté du 5 décembre 2019 portant titularisation au grade de rédacteur et un bulletin de paie de régularisation de septembre 2020.

3. Les requêtes enregistrées sous les nos 20BX00780 et 21BX02828 concernent le même jugement. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.

Sur la recevabilité de la requête d'appel de la commune de Saint-Denis :

4. Aux termes de l'article R. 811-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite à cette partie () ". Selon l'article R. 811-5 de ce code : " Les délais supplémentaires de distance prévus à l'article R. 421-7 s'ajoutent aux délais normalement impartis () ". Son article R. 421-7 prévoit que : " Lorsque la demande est portée devant un tribunal administratif qui a son siège en France métropolitaine () le délai de recours prévu à l'article R. 421-1 est augmenté d'un mois pour les personnes qui demeurent () à La Réunion () ".

5. Il résulte de ce qui précède que la commune de Saint-Denis bénéficie du délai de distance d'un mois supplémentaire prévu par l'article R. 421-7 du code de justice administrative, quand bien même la notification du jugement attaqué faisait mention d'un délai de recours de deux mois. Il ressort des pièces du dossier que le jugement attaqué a été notifié à la commune de Saint-Denis le 5 décembre 2019. Ainsi, la requête de la commune de Saint-Denis, qui a été enregistrée le 3 mars 2020, n'est pas tardive. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par Mme B tirée de la tardiveté de la requête d'appel de la commune de Saint-Denis ne peut qu'être écartée.

Sur la légalité de l'arrêté du 16 octobre 2018 :

6. En vertu de l'article 20 du titre Ier du statut général de la fonction publique auquel renvoie l'article 87 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale : " Chaque cadre d'emplois comprend trois grades ou assimilés : / Les premier et deuxième grades comportent treize échelons ; / Le troisième grade, grade le plus élevé, comporte onze échelons ". Aux termes de l'article 14 du même décret : " Les personnes qui justifient, avant leur nomination dans l'un des cadres d'emplois régis par le présent décret, de services accomplis en tant qu'agent public non titulaire () sont classées, lors de leur nomination, dans le premier grade à un échelon déterminé en prenant en compte les services accomplis dans un emploi de niveau au moins équivalent à celui de la catégorie B à raison des trois quarts de leur durée () ".

7. Aux termes de son article 23, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2017 : " () II. - Les agents qui avaient, avant leur nomination dans l'un des cadres d'emplois régis par le présent décret, la qualité d'agent contractuel de droit public, classés en application de l'article 14 () à un échelon doté d'un indice brut conduisant à une rémunération inférieure à celle dont ils bénéficiaient avant leur nomination conservent à titre personnel le bénéfice d'un indice brut fixé de façon à permettre le maintien de leur rémunération antérieure (). Toutefois, l'indice brut ainsi déterminé ne peut excéder l'indice brut afférent au dernier échelon du grade dans lequel ils sont classés. / () La rémunération prise en compte pour l'application du premier alinéa correspond à la moyenne des six meilleures rémunérations perçues en cette qualité pendant les douze mois précédant la nomination. Cette rémunération ne prend en compte aucun élément accessoire lié à la situation familiale, au lieu de travail et aux frais de transport. / Les agents contractuels, dont la rémunération n'est pas fixée par référence expresse à un indice, conservent à titre personnel le bénéfice de cette rémunération dans les mêmes limites et conditions que celles énumérées aux trois alinéas précédents ".

8. Il résulte des dispositions précitées que l'agent intégrant en qualité de stagiaire un cadre d'emplois de fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique territoriale à un échelon doté d'un indice brut conduisant à une rémunération inférieure à celle qu'il percevait avant sa nomination conserve à titre personnel le bénéfice d'un indice brut fixé de façon à permettre le maintien de sa rémunération antérieure.

9. Ces mêmes dispositions prévoient que la rémunération antérieure doit être évaluée au regard des six meilleures rémunérations mensuelles perçues dans le dernier emploi sur une période de douze mois précédant la nomination sans qu'il y ait lieu de tenir compte pour déterminer cette rémunération des éléments accessoires liés à la situation familiale, au lieu de travail et aux frais de transport. En l'espèce, la rémunération de Mme B à prendre en compte pour l'application du premier aliéna du II de l'article 23, qui n'a au demeurant pas produit l'intégralité de ses bulletins de paie sur les douze derniers mois précédant sa nomination comme fonctionnaire stagiaire mais seulement sur les six derniers mois, ne saurait être inférieure à la somme de 3 010 euros.

10. La commune de Saint-Denis soutient en appel que les modalités de calcul du traitement à devoir à Mme B, telles que retenues par le tribunal administratif au point 4 de son jugement, sont erronées en ce qu'elles ne déduisent pas de la rémunération qu'elle percevait comme agent contractuel la majoration de traitement, dite " prime de vie chère " alors que les dispositions précitées permettent de prendre en compte les indemnités et majoration de traitement appliquées à compter de son intégration pour maintenir sa rémunération au même niveau que précédemment.

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment des six derniers bulletins de paie sur la période allant de juin à novembre 2018 précédant son intégration que la rémunération de Mme B en qualité de contractuel, qui n'avait pas de base indiciaire, était composée d'un " traitement forfaitaire " de 3 010,53 euros. Il ressort également des pièces du dossier que l'arrêté en litige a reclassé Mme B, à compter du 1er décembre 2018 au 2ème échelon de son grade à l'indice brut 373, indice majoré 344, avec maintien de sa rémunération à titre personnel par référence à l'indice brut 469, indice majoré 410, correspondant à un traitement indiciaire de 1 921,27 euros. Toutefois, il ressort du bulletin de paie du mois de décembre 2018 produit par l'intéressée que Mme B perçoit, depuis son intégration, une rémunération brute d'un montant de 2 924,61 euros, laquelle est inférieure à la moyenne des six dernières rémunérations perçues en qualité de contractuel, de 3 010,53 euros, mentionnée au point 9.

12. Mme B pouvait prétendre, en application des dispositions précitées de l'article 23 II du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010, à un reclassement indiciaire, à compter de sa nomination comme fonctionnaire stagiaire fixé, non pas sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498, afférent au deuxième échelon de son grade de rédacteur, mais sur la base de l'indice majoré 429 correspondant à la rémunération devant lui être maintenue, à titre personnel.

13. Il résulte de ce qui précède que la commune de Saint-Denis est seulement fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de La Réunion lui a enjoint d'allouer à Mme B une rémunération fixée à l'indice brut 591, indice majoré 498, à compter du 1er décembre 2018, et lui allouant une indemnité compensatrice correspondant à 95 % du traitement afférent à l'indice brut 701.

14. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Saint-Denis de fixer la rémunération de Mme B sur la base de l'indice majoré 429 correspondant à sa rémunération devant lui être maintenue, à titre personnel, à compter du 1er décembre 2018, dans un délai de deux mois.

Sur l'exécution du jugement attaqué :

15. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. Toutefois, en cas d'inexécution d'un jugement frappé d'appel, la demande d'exécution est adressée à la juridiction d'appel ". L'article R. 921-6 du même code dispose : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () ".

16. Le présent arrêt confirme le jugement attaqué en tant qu'il a prononcé l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2018 en tant qu'il fixe la rémunération de Mme B à la suite de son intégration en qualité de rédactrice territoriale stagiaire à compter du 1er décembre 2018. Par l'article 2 du dispositif de ce jugement, le tribunal a fait injonction à la commune de Saint-Denis de régulariser la situation pécuniaire de Mme B à compter du 1er décembre 2018 en lui maintenant le bénéfice d'une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498, de façon à permettre le maintien de sa rémunération antérieure, jusqu'au jour où elle bénéficiera dans son grade d'un indice brut conduisant à une rémunération au moins égale au montant de la rémunération maintenue.

17. Il résulte des pièces produites devant la cour par la commune de Saint-Denis que le maire a pris, en exécution du jugement du tribunal administratif du 5 décembre 2019, d'une part, un arrêté du 14 septembre 2020 en reclassant Mme B au 2ème échelon du grade de rédacteur au 1er décembre 2018, avec une ancienneté conservée de quatre mois et quatorze jours et, d'autre part, un arrêté du même jour, qui a modifié l'article 3 de l'arrêté du 5 décembre 2019 portant titularisation de Mme B au grade de rédacteur, en la reclassant au 3ème échelon de son grade, indice brut 591, indice majoré 498, décidant qu'elle conserve, à titre personnel, depuis le 1er décembre 2018 le bénéfice du dernier échelon de son grade de nomination de façon à lui permettre le maintien de sa rémunération antérieure jusqu'au jour où elle bénéficiera dans son grade d'un indice brut conduisant à une rémunération supérieure à celle à laquelle elle peut prétendre et, enfin, lui accordant le bénéfice d'une indemnité compensatrice. Par suite, la demande d'exécution présentée par Mme B ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais d'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont la commune de Saint-Denis demande le versement au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis les frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Le jugement n° 1900948 du tribunal administratif de La Réunion du 5 décembre 2019 est annulé en tant qu'il enjoint à la commune de Saint-Denis de régulariser la situation pécuniaire de Mme B en lui allouant une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 591, indice majoré 498, ainsi qu'une indemnité compensatrice correspondant à 95 % du traitement afférent à l'indice brut 707

Article 2 : L'arrêté du maire de Saint-Denis du 16 octobre 2018 en tant qu'il attribue à Mme B l'indice majoré 410 est annulé.

Article 3 : Il soit enjoint à la commune de Saint-Denis, dans un délai de deux mois, d'accorder à Mme B le bénéfice de l'indice majoré 429 à compter du mois de décembre 2018.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 20BX00780, de la commune de Saint-Denis et la demande de première instance de Mme B sont rejetés.

Article 5 : La requête n° 21BX02828 de Mme B tendant à l'exécution du jugement n° 1900948 du 5 décembre 2019 du tribunal administratif de La Réunion est rejetée.

Article 6 : Les conclusions présentées par Mme B tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C B et à la commune de Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Didier Artus, président,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

Mme Agnès Bourjol, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

Agnès DLe président,

Didier ARTUS

Le greffier,

Anthony FERNANDEZ

La République mande et ordonne au ministre de l'Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

4

N°s 20BX00780, 21BX02828

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions