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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-20BX02068

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-20BX02068

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-20BX02068
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantRUFFIE FRANCOIS CABINET D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme BJ AL, M. D AN, M. BE AP, M. G I, Mme AA BH, Mme BK L, M. V BX, M. U BX, M. CC Y, Mme BQ Z, Mme AZ N, l'association Vivre en vallée de l'Isle, l'association Sepanso Gironde, la commune de Porchères, M. CA O, Mme BW BU, M. BR BA, M. F AD, M. A AD, M. AC BY, M. AR BY, M. M BC, M. AE BG, Mme BV AF, M. E AI, M. AS W et M. AY AJ ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 6 novembre 2013 par lequel le préfet de la Gironde a autorisé la société Calcaires et Diorites du Moulin du Roc (CDMR) à exploiter une carrière à ciel ouvert de sables et graviers ainsi qu'une installation de lavage et de criblage de matériaux sur le territoire des communes de Porchères et de Saint-Antoine-sur-l'Isle.

Par un jugement n° 1403397 et 1404587 du 4 mai 2016, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leur demande.

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 juin 2016 et le 19 septembre 2018, M. CB O, M. A AD, M. AC BY, M. AR BY, M. AE BG, Mme BV AF, M. E AI, M. AY AJ, Mme BJ AL, M. D AN, M. BE AP, Mme BK L, M. U BX, M. V BX, M. CC Y, Mme BQ Z et l'association Vivre en vallée de l'Isle et la commune de Porchères, représentés par Me Ruffié, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 4 mai 2016 ;

2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 6 novembre 2013 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un arrêt n° 16BX02153 du 4 décembre 2018, la cour a rejeté la requête.

Procédure devant le Conseil d'Etat :

Par une décision n° 427655 du 29 juin 2020, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. O et autres, a annulé cet arrêt et renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Procédure devant la cour après renvoi du Conseil d'Etat :

Par un arrêt avant dire droit n° 20BX02068 du 15 décembre 2021, après avoir constaté que l'arrêté en litige était illégal en raison seulement de l'irrégularité qui affectait l'avis de l'autorité environnementale, mais que ce vice pouvait être régularisé par une décision modificative, la cour a décidé, en application de l'article L. 181-18 du code de l'environnement, de surseoir à statuer sur la requête jusqu'à ce que la préfète de la Gironde ait procédé à la transmission d'un arrêté de régularisation et a imparti à l'administration et à la société CDMR un délai de quatre mois, ou de huit mois en cas d'organisation d'une nouvelle enquête publique, aux fins d'obtenir la régularisation de ce vice.

Procédure postérieure à l'arrêt avant dire droit :

Par un courrier, enregistré le 19 avril 2022, la ministre de la transition écologique a informé la cour de ce qu'après mise en œuvre de la procédure prévue par l'arrêt avant dire droit du 15 décembre 2021, la préfète de la Gironde a pris un arrêté en date du 6 avril 2022 portant régularisation de l'autorisation d'ouverture et d'exploitation de la carrière.

Par un mémoire, enregistré le 2 août 2022, l'association Vivre en vallée de l'Isle et autres, représentés par Me Ruffié, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement n° 1403397 et 1404587 du tribunal administratif de Bordeaux du 4 mai 2016 ;

2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 6 novembre 2013 ainsi que l'arrêté complémentaire du 6 avril 2022 régularisant l'autorisation d'ouverture et d'exploitation de la carrière ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'avis du 31 janvier 2022 de la mission régionale d'autorité environnementale diffère substantiellement de l'avis du 14 septembre 2012 rendu par la première autorité environnementale ; dès lors, conformément à la procédure prévue par l'arrêt avant dire droit, l'organisation d'une nouvelle enquête publique était nécessaire ; en s'abstenant d'y procéder, le préfet a entaché les arrêtés contestés d'une insuffisance d'information du public ;

- en ne procédant pas à l'actualisation de l'étude d'impact, l'autorité préfectorale a commis un vice de procédure qui a privé les administrés d'une garantie ;

- la mise en ligne de l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale sur le site internet de la préfecture ne permettait pas une information suffisante du public au regard des stipulations de la convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement signée à Aarhus le 25 juin 1998 ; elle ne satisfait pas aux prescriptions de l'arrêt avant dire droit.

Par un mémoire, enregistré le 2 août 2022, M. et Mme BM, M. P, M. et Mme CE, B AB, M. et Mme Q, B BB, M. et Mme R, B BN, M. C, M. et Mme BO, B S, M. BP, M. BD, M. T, M. et Mme BF, M. et Mme AG, M. AH, Mme BT, M. AK, M. AM, M. H, M. et Mme X, B AQ, M. J, Mme K, Mme AT, M. L, M. AU, M. AV, Mme AW, M. et Mme AX, M. AP CD, M. BZ CD et Mme BL, représentés par Me Ruffié, déclarent intervenir à l'instance et s'associer à la requête ainsi qu'aux moyens et conclusions de l'association Vivre en vallée de l'Isle et autres. Ils demandent, en outre, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à chacun d'eux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire de production et un mémoire en défense, enregistrés les 15 avril et 7 septembre 2022, la société CDMR, représentée par Me Lanoy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mise à la charge des requérants une somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les nouveaux moyens présentés par les requérants dans leur mémoire du 2 août 2022 sont irrecevables dès lors qu'ils sont dirigés contre l'arrêté de régularisation du 6 avril 2022, devenu définitif, qui n'est pas l'objet de la requête initiale ;

- en tout état de cause, les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 14 septembre 2022, la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, représentée par Me Bergeon, persiste dans ses précédentes conclusions tendant à la confirmation du jugement du tribunal administratif de Bordeaux et demande, en outre, de mettre à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 3 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022 à 12h00.

Un mémoire, présenté pour la société CDMR, a été enregistré le 25 octobre 2022, soit après la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention d'Aarhus du 25 juin 1998 sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. AO BS,

- les conclusions de Mme Cécile Cabanne, rapporteure publique,

- les observations de Me Ruffié, représentant l'association Vivre en vallée de l'Isle et autres ainsi que M. et Mme BM et autres,

- les observations de M. L, maire de la commune de de Porchères,

- les observations de Me Lanoy, représentant la société CDMR ;

- et les observations de Me Bergeon, représentant la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 6 novembre 2013, le préfet de la Gironde a autorisé la société CDMR à exploiter une carrière à ciel ouvert de sables et graviers ainsi qu'une installation de lavage et de criblage de matériaux sur le territoire des communes de Porchères et de Saint-Antoine-sur-l'Isle. Par un jugement rendu le 4 mai 2016, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de l'association Vivre en Vallée de l'Isle (VIENVI) et autres d'annuler cet arrêté. Par un arrêt n° 16BX02153 du 4 décembre 2018, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel formé par l'association VIENVI et autres contre ce jugement. Le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé cet arrêt par une décision n° 427655 du 29 juin 2020 et renvoyé l'affaire devant la cour administrative d'appel de Bordeaux. Par un arrêt avant dire droit du 15 décembre 2021, après avoir constaté que l'arrêté du 6 novembre 2013 était illégal en raison seulement de l'irrégularité qui affectait l'avis de l'autorité environnementale, mais que ce vice pouvait être régularisé par une décision modificative, la cour a décidé en application de l'article L. 181-18 du code de l'environnement de surseoir à statuer sur la requête de l'association VIENVI et autres jusqu'à ce que la préfète de la Gironde ait procédé à la transmission d'un arrêté de régularisation et a imparti à l'administration et à la société CDMR un délai de quatre mois, ou de huit mois en cas d'organisation d'une nouvelle enquête publique, aux fins d'obtenir la régularisation de ce vice.

Sur la recevabilité des interventions volontaires :

2. M. et Mme BM et autres, qui résident à Porchères ou à Saint-Antoine-sur-l'Isle justifient, compte tenu de l'ampleur du projet, d'un intérêt à intervenir dans la présente instance à l'appui des conclusions de la requête. Par suite, leur intervention doit être admise.

Sur les moyens susceptibles d'être invoqués :

3. Aux termes de l'article L. 181-18 du code de l'environnement : " I. - Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre une autorisation environnementale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés : / () / 2° Qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par une autorisation modificative peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si une telle autorisation modificative est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. () ".

4. Les parties à l'instance ayant donné lieu à la décision avant dire droit sont recevables à contester la légalité de la mesure de régularisation produite dans le cadre de cette instance, tant que le juge n'a pas statué au fond, sans condition de délai. A compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 181-18 du code de l'environnement, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant-dire droit. Les parties ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse de moyens déjà écartés par la décision avant dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.

Sur la régularisation du vice entachant l'arrêté du 6 novembre 2013 :

5. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'arrêt avant dire droit de la cour du 15 décembre 2021, la préfète de la Gironde a consulté la mission régionale de l'autorité environnementale (MRAe) du Conseil général de l'environnement et du développement durable, compétente pour la région Nouvelle-Aquitaine sur le projet présenté par la société CDMR. Le 31 janvier 2022, la MRAe a rendu un avis motivé sur ce projet avant que, par un arrêté complémentaire du 6 avril 2022, la préfète de la Gironde autorise la société CDMR à exploiter, pour une durée de 18 ans, une carrière à ciel ouvert de sables et graviers ainsi qu'une installation de lavage et de criblage de matériaux sur le territoire des communes de Porchères et de Saint-Antoine-sur-l'Isle. Dans ces conditions, il y a lieu pour la cour de considérer que le vice entachant l'arrêté du 6 novembre 2013, tenant à l'absence d'autonomie réelle de l'autorité environnementale ayant élaboré l'avis initial du 14 septembre 2012, a été régularisé par la préfète dans le délai qui lui avait été imparti par la cour le 15 décembre 2021.

Sur les autres moyens :

6. En premier lieu et d'une part, l'association VIENVI et autres soutiennent que l'avis du 31 janvier 2022 de la MRAe diffère substantiellement de l'avis du 14 septembre 2012 en ce qui concerne la justification du projet, la prise en compte des zones humides ainsi que les mesures compensatoires en matière de défrichement et qu'en conséquence, une nouvelle enquête publique devait être organisée. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'avis du 31 janvier 2022, qui souligne que l'étude d'impact réalisée en 2012 s'appuie sur des cartographies et des tableaux utiles à une bonne compréhension du projet dans sa globalité, que si la MRAe recommande d'actualiser la justification du projet et la situation diagnostique de l'environnement dans lequel il s'insère en raison du délai qui s'est écoulé depuis la réalisation de l'étude d'impact, cet avis ne comporte pas d'analyse significativement distincte de celle résultant de l'avis initial du 14 septembre 2012 qui avait été porté à la connaissance du public à l'occasion de l'enquête publique quant à la qualité de l'étude d'impact de 2012 et à l'impact environnemental du projet, à la date à laquelle il convient de se placer en l'espèce pour apprécier la régularité procédurale de l'autorisation en litige, soit au 6 novembre 2013. A cet égard, la circonstance, relevée dans l'avis du 31 janvier 2022, que certains des chantiers situés en Gironde dont l'étude d'impact indique qu'ils étaient susceptibles d'être alimentés par les sables et graves de la carrière ont d'ores et déjà été réalisés n'est pas de nature à révéler une telle analyse, dès lors que cette étude a également mis en évidence les besoins constants de la région Nouvelle-Aquitaine en granulats et a indiqué, outre la situation stratégique du site, en limite de quatre départements dont les besoins en granulats sont existants, que le projet participera à alimenter les trois centrales à béton du groupe Garandeau installées en Gironde, les agences de négoce de matériaux, dont quinze sont situées en Nouvelle-Aquitaine, ainsi que tous les travaux de génie civil et du bâtiment, sans précision de leur implantation géographique.

7. D'autre part, la recommandation émise par la MRAe selon laquelle des contrôles des niveaux sonores et des émissions de poussières devront être effectués à la mise en service puis très régulièrement, accompagnés d'éventuelles mesures réductrices, ne diffère pas substantiellement de l'avis du 14 septembre 2012 dès lors que l'étude d'impact réalisée en 2012, qui a été portée à la connaissance de la première autorité environnementale et du public, prévoyait déjà que, pour limiter l'impact sur le milieu humain, un contrôle des niveaux sonores était prévu tous les trois ans ainsi que des mesures de retombées de poussières dans l'environnement deux fois par an. Dès lors, le moyen doit être écarté.

8. Enfin, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, après avoir constaté que l'avis de la MRAe du 31 janvier 2022 ne remettait pas substantiellement en cause l'avis émis antérieurement par la première autorité environnementale, la préfète de la Gironde, conformément à la procédure prévue par l'arrêt avant dire droit du 15 décembre 2021, a régulièrement publié l'avis de la MRAe sur le site internet de la préfecture de la Gironde entre le 21 février et le 21 mars 2022, en laissant la possibilité au public d'émettre des observations et propositions. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'administration n'aurait pas satisfait à cette modalité d'information du public manque en fait et doit être écarté. Eu égard à ce qui précède, quand bien même aucune observation, hormis celle du pétitionnaire, n'a été émise à la suite de la publication de l'avis de la MRAe, les requérants ne sont pas davantage fondés à se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention pour l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement, signée à Aarhus le 25 juin 1998.

9. En second lieu, la circonstance que, dans son avis du 31 janvier 2022, la MRAe a estimé que l'étude d'impact réalisée en 2012 n'intègre pas " une analyse des évolutions plus récente sur l'environnement " n'est pas de nature à révéler le caractère insuffisant de cette étude dès lors qu'ainsi qu'il a été rappelé au point 13 de l'arrêt avant dire droit du 15 décembre 2021, son contenu doit s'apprécier au regard des circonstances en vigueur à la date de l'autorisation environnementale délivrée le 6 novembre 2013. Il en résulte que le moyen tiré de ce que l'étude d'impact réalisée en 2012 et non actualisée serait entachée d'inexactitudes, omissions ou insuffisances révélées par l'avis de la MRAe et ayant eu pour effet de nuire à l'information complète de la population doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède, ainsi que de l'arrêt avant dire droit rendu par la cour le 15 décembre 2021, dans la présente instance, que l'association VIENVI et autres ne sont pas fondés à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leur demande et à demander l'annulation des arrêtés préfectoraux des 6 novembre 2013 et 6 avril 2022.

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties et, en tout état de cause, des intervenants, présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : L'intervention de M. et Mme BM et autres est admise.

Article 2 : La requête de l'association VIENVI et autres est rejetée.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties et intervenants est rejeté.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à l'association Vivre en Vallée de l'Isle, désignée en qualité de représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à M. et Mme BM, désignés en qualité de représentants uniques des intervenants volontaires au soutien de la requête en application du même article, à la société Calcaires et Diorites du Moulin du Roc, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la ministre de la transition énergétique, à la commune de Porchères et à la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle.

Copie en sera adressée à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Bénédicte Martin, présidente,

M. AP AQ et M. AO BS, premiers conseillers,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

Le rapporteur,

Michaël BS La présidente,

Bénédicte MartinLa greffière,

Caroline Brunier

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la ministre de la transition énergétique, chacun en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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