jeudi 14 avril 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX02646 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | DUBREIL-MEKKAOUI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de la Martinique de condamner la commune du Diamant à lui verser la somme de 2 715 823 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison du classement en zone NC des parcelles cadastrées section E n° 1048 et 1124 dont il est propriétaire.
Par un jugement n° 1900471 du 25 juin 2020, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 août 2020, M. A, représenté par Me Mekkaoui, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de la Martinique du 25 juin 2020 ;
2°) de condamner la commune du Diamant à lui verser la somme de 2 715 823 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Diamant la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande préalable indemnitaire du 12 novembre 2018 n'est pas motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le classement de ses parcelles en zone NC est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ces parcelles ne font pas l'objet d'une exploitation agricole et sont situées à proximité de parcelles classées en zone UD ; ses terrains sont affectés d'une servitude de passage et appartiennent à une zone au sein de laquelle un droit de préemption urbain s'applique ;
- il a subi un préjudice en raison du classement illégal de son terrain en zone NC alors qu'il était constructible, d'un montant de 2 715 823 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2021, la commune du Diamant, représentée par Me Bel, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros.
Elle fait valoir que les moyens de M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charlotte Isoard,
- et les conclusions de M. Romain Roussel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 septembre 2018, le maire de la commune du Diamant a délivré à M. A, propriétaire des parcelles cadastrées section E n° 1048 et 1124, deux certificats d'urbanisme mentionnant que ces parcelles étaient situées en zone NC du plan d'occupation des sols de la commune. Le 12 novembre 2018, M. A a adressé au maire une demande indemnitaire pour la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison du classement en zone NC des parcelles cadastrées section E n° 1048 et 1124, laquelle a été rejetée implicitement. Il relève appel du jugement du 25 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune du Diamant à lui verser la somme de 2 715 823 euros à raison de la faute qui aurait été commise du fait de ce classement.
Sur la responsabilité de la commune :
2. En premier lieu, en matière de recours de plein contentieux, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige, contrairement à ce que soutient M. A. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision de rejet de la demande indemnitaire préalable de M. A du 12 novembre 2018 doit être écarté comme inopérant.
3. En second lieu, les deux certificats d'urbanisme délivrés à M. A par le maire de la commune du Diamant le 21 septembre 2018 mentionnaient que les parcelles de l'intéressé se situaient en zone NC du plan d'occupation des sols de la commune. Par l'effet de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, ces certificats permettaient à M. A de voir appliquer ces dispositions d'urbanisme à une éventuelle demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de leur délivrance. Ils n'indiquaient qu'à titre informatif que le plan d'occupation des sols étant caduc à compter du 27 septembre 2018, les dispositions du règlement national d'urbanisme seraient ensuite applicables sur le territoire de la commune du Diamant.
4. Il résulte de l'instruction que les parcelles cadastrées section E n° 1048 et 1124 ont été laissées à l'état naturel et sont vierges de toute construction. Elles sont entourées de vastes espaces naturels, qui sont également dépourvus de construction. Si M. A se prévaut de la proximité du lotissement O'Mullane, localisé au Nord-Ouest du terrain, cet ensemble de constructions, d'une faible densité, est séparé d'environ 500 mètres de la parcelle n° 1048 et 730 mètres de la parcelle n° 1124. Elles sont en outre éloignées du lotissement de la Taupinière, situé au Nord-Ouest, à une distance d'au moins 200 mètres. Par ailleurs, la seule circonstance que les parcelles en cause n'auraient pas fait l'objet d'une exploitation agricole depuis quarante ans ne permet pas de conclure qu'elles ne peuvent plus être regardées comme des zones de richesses naturelles au sens de l'article R. 123-18 du code de l'urbanisme applicables pour les plans d'occupation des sols, qui les définit comme des zones à protéger en raison notamment de la valeur agricole des terres ou de la richesse des sols et des sous-sols, alors qu'aucun élément au dossier n'est de nature à remettre en cause leur potentiel agronomique, contrairement à ce que soutient le requérant. De plus, l'existence d'un droit de préemption sur ces parcelles ne fait pas obstacle à leur classement en zone NC. Dans ces conditions, alors même que les terrains seraient grevés d'une servitude de passage, ce qui ne résulte au demeurant pas des pièces du dossier, leur classement en zone NC par les auteurs du plan d'occupation des sols n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par conséquent, c'est à bon droit que les premiers juges ont conclu que la commune du Diamant n'avait pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité du fait de ce classement et qu'en l'absence d'une telle faute, les conclusions indemnitaires de M. A ne pouvaient qu'être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Diamant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la commune du Diamant, en application de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune du Diamant une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et à la commune du Diamant.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Marianne Hardy, présidente,
Mme Fabienne Zuccarello, présidente-assesseure,
Mme Charlotte Isoard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2022.
La rapporteure,
Charlotte IsoardLa présidente,
Marianne Hardy
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
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01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
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La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026