mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX03410 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | MARET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C a demandé au tribunal administratif de Limoges de condamner
la commune de Couzeix à lui verser une indemnité d'un montant total de 57 625 euros
et d'enjoindre à cette commune de fournir les factures des travaux réalisés en 1997 et 2006,
ou tout autre élément utile à la compréhension du dossier, ainsi que de réaliser les travaux permettant de mettre fin au dommage causé par des écoulements d'eau sur sa propriété
et de couper les saules qui ont poussé sur son terrain.
Par un jugement n° 1700101 du 1er octobre 2020, le tribunal a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2020 et des mémoires enregistrés
les 23 juin 2021, 16 décembre 2021, 23 mai 2022 et 26 juillet 2022, Mme C, représentée par Me Maret, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'ordonner une expertise au contradictoire de la commune de Couzeix et de la communauté urbaine Limoges Métropole ;
3°) de condamner la commune de Couzeix et la communauté urbaine Limoges Métropole à lui verser une indemnité de 47 141 euros en réparation des dommages causés
à ses terrains ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Couzeix et de la communauté urbaine Limoges Métropole une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de régularisation est prévue par l'article R. 612-1 du code de justice administrative, et sa requête a été régularisée par la constitution de son conseil le 26 mai 2021 ;
- le contentieux a été lié à l'égard de la communauté urbaine Limoges Métropole par une demande préalable du 16 décembre 2021 ;
- elle est victime de déversements d'eaux pluviales et d'assainissement provenant d'une canalisation communale ; en 2006, postérieurement à l'acquisition du terrain, des canalisations ont été posées en amont de la route afin de desservir d'autres constructions ; ces travaux sont postérieurs à l'acquisition du terrain en 1994 ; contrairement à ce qu'a indiqué la commune, elle n'a jamais accepté aucune servitude, et l'implantation de la buse sur son terrain constitue une emprise irrégulière ; le constat d'huissier du 26 octobre 2020 qu'elle produit établit le déversement d'eaux pluviales sur son terrain ; une présence d'eau importante et anormale affecte également sa maison d'habitation, dont le vide sanitaire se remplit d'eau lors de fortes pluies ; un constat d'huissier du 4 juin 2021 met en évidence l'arrivée d'eau par le côté nord de la maison, le plus proche de la buse ; elle établit ainsi le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage ;
- elle est fondée à demander une indemnité de 47 141 euros ;
- à titre subsidiaire, une expertise pourrait être ordonnée afin d'établir le lien de causalité et de déterminer les dommages subis et les moyens d'y remédier ; par une ordonnance du 28 octobre 2021, le juge des référés de la cour a estimé que l'expertise pourrait présenter une utilité pour déterminer les conditions dans lesquelles il pourrait être mis fin aux écoulements d'eaux pluviales et d'eaux usées, et cette expertise doit être étendue à la communauté urbaine Limoges Métropole, laquelle détient désormais la compétence d'assainissement ;
- ses préjudices n'ont pas encore été entièrement révélés, et la situation s'est dégradée après 2006 compte tenu de l'implantation de nouvelles constructions en amont de sa propriété, de sorte que la prescription quadriennale ne lui est pas opposable.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2022, la commune de Couzeix, représentée par la SCP Pauliat-Defaye, Boucherle, Magne, conclut au rejet de la requête
et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête présentée sans l'intermédiaire d'un mandataire était irrecevable, et il est irrégulier de considérer que le délai d'appel a cessé de courir du fait de l'appel non conforme aux dispositions de l'article R. 811-7 du code de justice administrative ; si la demande d'aide juridictionnelle a interrompu le délai d'appel, celui-ci a recommencé à courir le 4 février 2021
et a expiré le 4 avril 2021 ; le greffe de la cour a méconnu les dispositions de l'article R. 811-7 en adressant une demande de régularisation à Mme C le 9 juin 2021 ; l'avocat ne s'étant constitué que le 26 mai 2021, la requête est irrecevable ;
A titre subsidiaire :
- les travaux, antérieurs à l'acquisition du terrain en 1994 par Mme C, ne peuvent pas être la cause du préjudice apparu à partir de 2006 ; les constats d'huissier produits ne démontrent pas que les désordres auraient pour origine un ouvrage public, alors que le juge d'appel des référés a jugé que certaines observations sur la qualité des eaux déversées laissent penser que le fossé accueille aussi des eaux usées du voisinage ; ainsi, la responsabilité de la commune ne saurait être engagée ;
- une mesure d'expertise avant dire droit ne serait pas utile dès lors que le contentieux au fond n'est pas lié à l'encontre de la communauté urbaine Limoges Métropole ;
- Mme C, qui a demandé au maire dès 2006 de remédier à l'écoulement des eaux sur son terrain, disposait alors d'indications suffisantes pour imputer les désordres allégués
à la commune, de sorte que le délai de prescription quadriennale a commencé à courir
le 1er janvier 2007 et était expiré le 2 mai 2017, date de la demande indemnitaire préalable.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2022, la communauté urbaine Limoges Métropole, représentée par Me Ribault-Labbé, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à sa mise hors de cause, et dans tous les cas à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête d'appel a été présentée sans avocat, et alors que Mme C ne lui avait encore adressé aucune réclamation préalable ; la requête, qui ne démontre pas que les désordres allégués auraient pour origine un ouvrage public, est insuffisamment motivée au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ; ainsi, elle est irrecevable ;
A titre subsidiaire :
- la commune de Couzeix a intégré au 1er janvier 2014 la communauté d'agglomération Limoges Métropole, devenue communauté urbaine le 1er janvier 2019, et la compétence relative aux eaux pluviales urbaines a été rattachée à la compétence obligatoire des métropoles par l'article 3 de la loi n° 2018-702 du 3 août 2018 ; toutefois, aucune pièce du dossier ne permet d'établir qu'elle serait responsable de l'ouvrage, puisque le transfert de compétence ne vaut pas transfert de propriété ; aucune pièce du dossier ne permet de déterminer si le secteur concerné doit être regardé comme une aire urbaine au sens de l'article L. 2226-1 du code général des collectivités territoriales, alors que dans les zones non urbanisées dans lesquelles la création d'un réseau de collecte des eaux pluviales n'est pas nécessaire, la mission relative aux eaux pluviales est partagée entre tous les échelons des collectivités locales ; dès lors qu'il n'est pas démontré à quel titre et sur quel fondement sa responsabilité pourrait être recherchée, elle doit être mise hors de cause ;
- Mme C n'apporte pas la preuve du préjudice allégué et ne justifie pas de l'existence de travaux qui pourraient fonder une responsabilité sans faute de Limoges Métropole ; les travaux allégués sont susceptibles d'engager la responsabilité de la commune qui les a réalisés ; ainsi, la requête ne peut qu'être rejetée comme non fondée.
Par ordonnance du 28 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée
au 15 septembre 2022.
Un mémoire présenté pour Mme C a été enregistré le 9 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Gallier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est propriétaire depuis 1994 d'un terrain situé 7, chemin des Coutures, sur le territoire de la commune de Couzeix, sur lequel elle a fait construire une maison en 2015. A partir de 2006, alors que des travaux de pose d'une canalisation de collecte des eaux pluviales avaient été réalisés en bordure de son terrain, elle s'est plainte au maire d'écoulements d'eau sur sa propriété par une buse installée par la commune sous le chemin des Coutures, et les services de la commune ont constaté que la qualité des eaux déversées pouvait être ponctuellement douteuse. Le 21 janvier 2017, elle a saisi le tribunal administratif de Limoges d'une demande de condamnation de la commune de Couzeix à lui verser une indemnité d'un montant total
de 57 141 euros, dont 47 141 euros en réparation des dommages causés à sa propriété par les ruissellements d'eau, et d'enjoindre à la commune de fournir les factures des travaux réalisés
en 1997 et 2006, ou tout autre élément utile à la compréhension du dossier, ainsi que de réaliser
les travaux permettant de mettre fin au dommage et de couper les saules qui ont poussé sur son terrain. Le tribunal a organisé avec la commune de Couzeix une médiation qui n'a pas abouti
et a mis en cause la communauté urbaine Limoges Métropole, à laquelle la commune a adhéré
le 1er janvier 2014, la compétence relative aux eaux pluviales urbaines ayant été rattachée à la compétence obligatoire des métropoles concernant l'assainissement par l'article L. 5215-20
du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction issue de l'article 3 de la
loi n° 2018-702 du 3 août 2018. Par un jugement du 1er octobre 2020, le tribunal a rejeté la demande au motif que Mme C n'établissait pas l'existence d'un lien direct et certain entre les dommages affectant son terrain et l'existence de la buse. Mme C relève appel de ce jugement, dirige ses conclusions indemnitaires, qu'elle limite à 47 141 euros au titre des dommages à sa propriété, contre la commune de Couzeix et la communauté urbaine Limoges Métropole, et demande à titre subsidiaire à la cour d'ordonner une expertise.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne la régularisation de la requête par un avocat :
2. Aux termes de l'article R. 811-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite à cette partie dans les conditions prévues aux articles R. 751-3 à R. 751-4-1. / (). " Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / Toutefois, la juridiction d'appel ou de cassation peut rejeter de telles conclusions sans demande de régularisation préalable pour les cas d'irrecevabilité tirés de la méconnaissance d'une obligation mentionnée dans la notification de la décision attaquée conformément à l'article R. 751-5. / (). " Aux termes de l'article R. 811-7 de ce code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 774-8, les appels ainsi que les mémoires déposés devant la cour administrative d'appel doivent être présentés, à peine d'irrecevabilité, par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2. / Lorsque la notification de la décision soumise à la cour administrative d'appel ne comporte pas la mention prévue au deuxième alinéa de l'article R. 751-5, le requérant est invité par la cour à régulariser sa requête dans les conditions fixées à l'article R. 612-1. / (). "
3. Il ressort des pièces du dossier que le jugement du 1er octobre 2020 a été envoyé
à Mme C par un pli recommandé reçu le 6 octobre 2020. Mme C a contesté ce jugement par un courriel reçu le 15 octobre 2020 au greffe de la cour, en indiquant qu'elle n'avait pas encore choisi son avocat. La circonstance que cette requête était irrecevable pour n'être pas présentée par un mandataire est sans incidence sur le fait qu'elle a été présentée dans le délai de recours contentieux. Contrairement à ce que soutient la commune de Couzeix, la mention dans la notification du jugement de cette possible irrecevabilité, laquelle était régularisable après l'expiration du délai de recours contentieux, ne faisait pas obstacle à ce que
le greffe de la cour demande à Mme C, par lettre du 9 juin 2021, de régulariser sa requête dans un délai de quinze jours. Le mémoire présenté par un avocat a été enregistré
le 23 juin 2021, dans le délai imparti. Pour contester la recevabilité de la requête, la commune ne peut utilement faire valoir que l'avocat s'est constitué plus de deux mois après la notification de la décision de rejet de la demande d'aide juridictionnelle de Mme C.
En ce qui concerne la liaison du contentieux envers la communauté urbaine Limoges Métropole :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () " Ces dispositions n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
5. Après avoir saisi le tribunal le 21 janvier 2017, Mme C a présenté à la commune de Couzeix une demande indemnitaire réceptionnée le 3 mai 2017, à une date à laquelle la compétence relative aux eaux pluviales pouvait avoir été transférée, au regard des faits évoqués au point 1, à la communauté urbaine Limoges Métropole, à laquelle la commune devait donc, le cas échéant, transmettre ce courrier. Dans ces conditions, la circonstance qu'une nouvelle demande indemnitaire n'a été adressée à la communauté urbaine qu'au cours de l'instance d'appel ne fait pas obstacle à ce que les demandes de Mme C à l'encontre de la communauté urbaine, si elle est venue aux droits de la commune, soient regardées comme recevables.
En ce qui concerne la motivation de la requête :
6. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. "
7. En indiquant que la commune de Couzeix " représentée par Limoges Métropole " déversait de l'eau sur son terrain, Mme C a sommairement et maladroitement,
mais suffisamment motivé sa requête, laquelle sollicite une expertise. Le moyen tiré de
ce qu'elle ne démontrerait pas que les désordres allégués auraient pour origine un ouvrage public relève du bien-fondé, et non de la recevabilité de la requête.
Sur le bien-fondé de la demande d'indemnisation :
8. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que
ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Il appartient toutefois au tiers, qui entend engager la responsabilité de la puissance publique sur
ce fondement, de rapporter la preuve du dommage dont il se plaint et du lien de causalité entre l'ouvrage public et ce dommage.
9. La commune de Couzeix ne conteste pas avoir posé sous le chemin des Coutures une buse déversant sur le terrain de Mme C les eaux découlant des fonds d'amont, laquelle doit être regardée comme un ouvrage public de collecte des eaux pluviales. Elle ne saurait se prévaloir d'une servitude l'y autorisant dont elle ne justifie pas l'existence, contestée par Mme C. Cette dernière produit en appel un premier constat d'huissier du 26 octobre 2020 mettant en évidence les écoulements d'eau en provenance de la buse, à l'origine d'une humidité permettant le développement de pousses de saules sur le terrain, et un second constat
du 4 juin 2021 relatif à l'arrivée d'eau, par le côté nord de la maison le plus proche de la buse, dans le vide sanitaire à usage de cave. En outre, le caractère récurrent de l'inondation de la cave est attesté par un plombier. Ces éléments apportent la preuve de l'existence de dommages en lien avec la buse, mais ne permettent pas à la cour de statuer sur le bien-fondé de la demande indemnitaire de Mme C. Par suite, et alors que la commune et la communauté urbaine ne sauraient se retrancher derrière une imprécision des transferts de compétence pour dénier toutes deux quelque responsabilité que ce soit, il y a lieu d'ordonner une expertise aux fins et dans les conditions précisées dans le dispositif du présent arrêt.
DÉCIDE :
Article 1er : Avant de statuer sur la demande de Mme C, il sera procédé à une expertise contradictoire, en présence de Mme C, de la commune de Couzeix et de la communauté urbaine Limoges Métropole.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1°) se faire communiquer par la commune de Couzeix les éléments relatifs aux divers travaux de pose de canalisations réalisés sous le chemin des Coutures et le long de cette voie, au goudronnage du chemin des Coutures, ainsi qu'à l'urbanisation du secteur dans lequel est situé le terrain de Mme C ; dater ces travaux et les décrire ;
2°) se faire communiquer par la commune de Couzeix et la communauté urbaine Limoges Métropole les éléments relatifs à l'exercice des compétences de gestion des eaux pluviales et des eaux usées, notamment le zonage des zones urbaines au sens de l'article L. 2226-1 du code général des collectivités territoriales ;
3°) décrire les désordres dont se plaint Mme C et en expliciter les causes, en distinguant le déversement d'eau par la buse de toute autre cause, et en indiquant, le cas échéant, la part de responsabilité de chaque cause ;
4°) préciser la nature et le coût des travaux à réaliser en vue, d'une part, de réparer les désordres constatés, et d'autre part, d'y mettre fin.
5°) apporter à la cour tout autre élément d'information qu'il estimera utile.
Article 3 : L'expert sera désigné par le président de la cour. Après avoir prêté serment,
il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code
de justice administrative, l'expert déposera son rapport sous forme dématérialisée dans le délai fixé par le président de la cour dans la décision le désignant. Il en notifiera une copie à chacune des parties intéressées. Avec l'accord de ces dernières, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué
par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B C, à la commune de Couzeix et à la communauté urbaine Limoges Métropole.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Catherine Girault, présidente,
Mme Anne Meyer, présidente-assesseure,
M. Olivier Cotte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La rapporteure,
Anne A
La présidente,
Catherine GiraultLa greffière,
Virginie Guillout
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026