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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-20BX03759

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-20BX03759

mardi 5 avril 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-20BX03759
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBOISSEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 25 août 2020 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a assigné à résidence pendant une durée de trois mois.

Par un jugement n° 2002115 du 22 octobre 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2020, M. B relève appel de ce jugement.

Par une décision n° 2020/019955 du 21 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une décision modificative du 28 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a désigné Me Boisseaux pour l'assister au titre de l'aide juridictionnelle.

Par lettre adressée le 11 février 2021, dont elle a accusé réception le 15 février 2021, Me Boisseaux a été mise en demeure de régulariser la requête de son client dans le délai d'un mois.

Par lettre adressée le 15 juillet 2021, dont il a accusé réception le 28 juillet 2021, M. B a été informé de la carence de son avocat et invité à régulariser sa requête en se rapprochant du bureau d'aide juridictionnelle aux fins de désignation d'un autre avocat pour le représenter ou en choisissant un autre mandataire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la recevabilité de la requête :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cours administratives d'appel () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 811-7 du même code : " Les appels ainsi que les mémoires déposés devant la cour administrative d'appel doivent être présentés, à peine d'irrecevabilité, par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 () Toutefois, sont dispensés de ministère d'avocat : 1º Les requêtes dirigées contre les décisions des tribunaux administratifs statuant sur les recours pour excès de pouvoir formés par les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que par les agents ou employés de la Banque de France contre les actes relatifs à leur situation personnelle ; 2º Les litiges en matière de contraventions de grande voirie mentionnés à l'article L. 774-8. Les demandes d'exécution d'un arrêt de la cour administrative d'appel ou d'un jugement rendu par un tribunal administratif situé dans le ressort de la cour et frappé d'appel devant celle-ci sont également dispensées de ministère d'avocat. " Aux termes de l'article R. 431-2 : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation () ". L'article R. 612-1 du même code précise que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ()".

3. M. B s'est vu attribuer le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 janvier 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux. Par une décision modificative du 28 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a désigné Me Boisseaux pour représenter les intérêts de M. B dans le cadre de cette instance. Me Boisseaux, bien que mis en demeure de régulariser la requête susvisée par un courrier du 11 février 2021, dont elle a reçu notification le 15 février 2021, n'a pas produit de mémoire. Par un courrier en date du 15 juillet 2021, dont il a reçu notification le 28 juillet 2021, le greffe de la cour a informé M. B C la carence de son avocat et l'a invité à saisir le bureau d'aide juridictionnelle aux fins de désignation d'un autre avocat pour le représenter dans un délai d'un mois. A la date de la présente ordonnance, M. B n'a pas régularisé sa requête en recourant au ministère d'un autre avocat ni sollicité le bureau d'aide juridictionnelle pour obtenir la désignation d'un nouveau conseil. Dès lors que cette requête n'est pas au nombre de celles qui sont dispensées de ministère d'avocat, elle doit donc être rejetée comme manifestement irrecevable.

Sur l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; () ". Selon les dispositions de l'article 51 de la même loi : " Le retrait de l'aide juridictionnelle () peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. Il peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. / Ce retrait est prononcé : / () 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° [de] l'article 50. ".

5. La présente requête d'appel de M. B étant manifestement irrecevable, il y a lieu, en application des dispositions combinées des articles 50 et 51 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, de prononcer le retrait de la décision du 21 janvier 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux lui accordant le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La décision n° 2020/019955 du 21 janvier 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux est retirée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera transmise à Me Boisseaux et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux.

Fait à Bordeaux, le 5 avril 2022.

Brigitte PHEMOLANT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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