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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX00531

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX00531

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX00531
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation1ère chambre - formation à 3
Avocat requérantSELARL RAYNAL - DASSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler la décision du 2 mai 2019 par laquelle la rectrice de l'académie de Limoges lui a infligé la sanction disciplinaire du blâme et de condamner l'Etat au versement d'une somme de 15 000 euros à titre de dommages et intérêts pour le préjudice qu'il estime avoir subi.

Par un jugement n° 1901919 du 16 décembre 2020, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2021, M. A, représenté par Me Raynal, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Limoges du 16 décembre 2020 ;

2°) d'annuler la décision du 2 mai 2019 de la rectrice de l'académie de Limoges et de condamner l'Etat au versement d'une somme de 15 000 euros à titre de dommages et intérêts pour le préjudice qu'il estime avoir subi ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement n'est pas suffisamment motivé ;

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- la rectrice de l'académie de Limoges a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle alors qu'il a toujours eu d'excellentes notations et appréciations ;

- il est fondé à demander l'indemnisation du préjudice qu'il a subi du fait de la procédure disciplinaire engagée à son égard et du comportement de l'administration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2021, la rectrice de l'académie de Limoges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C D,

- les conclusions de M. Romain Roussel, rapporteur public,

- et les observations de Me Centime, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, professeur en génie industriel au lycée professionnel Edouard Vaillant à Saint-Junien, a fait l'objet d'une sanction disciplinaire de blâme par une décision du 2 mai 2019 de la rectrice de l'académie de Limoges. M. A a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler cette décision, d'annuler la décision implicite de rejet née à la suite de son recours hiérarchique du 27 juin 2019 et de condamner l'administration à l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de cette sanction. Il relève appel du jugement du 16 décembre 2020 par lequel ce tribunal a rejeté sa demande.

Sur la régularité du jugement contesté :

2. Le premier juge, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments du requérant, a suffisamment répondu au moyen tiré de ce que la décision prononçant la sanction du blâme à l'encontre de M. A était insuffisamment motivée. Dès lors, le jugement contesté n'est pas entaché d'irrégularité sur ce point.

Sur le bien-fondé du jugement :

3. En premier lieu, l'arrêté du 2 mai 2019 de la rectrice prononçant un blâme à l'encontre de M. A énonce les faits reprochés à l'intéressé, vise les rapports établis en octobre 2017 et en novembre 2018 par le proviseur du lycée et contient les considérations de droit applicables. Contrairement à ce que soutient M. A, l'administration n'était pas tenue de faire figurer dans cette décision les circonstances de temps et de lieu relatifs aux faits reprochés dès lors que ces précisions étaient contenues dans les éléments visés par cette décision et notamment dans les rapports établis en 2018 par le proviseur, dont M. A avait connaissance. Par suite, les indications contenues dans la décision attaquée, qui ont permis à M. A de comprendre et de contester la mesure prise à son encontre, étaient suffisantes et le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté du 2 mai 2019 de la rectrice de l'académie de Limoges doit être écarté.

4. En deuxième lieu, pour lui infliger la sanction du blâme, la rectrice a estimé que M. A n'était pas attentif aux consignes de sécurité et au protocole de soins destinés à protéger les élèves, qu'il avait demandé une participation financière aux élèves pour l'achat de matière d'œuvre pour la réalisation d'un objet confectionné sans l'autorisation de sa hiérarchie et qu'il avait utilisé une machine alors même qu'était apposé dessus un cadenas du fait de sa dangerosité. Ces faits sont établis par le compte rendu de l'enquête administrative réalisée le 8 novembre 2018, et par les rapports du proviseur du lycée établis en octobre 2017 et en novembre 2018. Si M. A conteste certains faits et précise qu'il a lui-même soigné un élève victime d'une brûlure car l'infirmière était absente, il ne conteste pas que ces faits se sont produits à deux reprises et ne présente aucune explication pour l'un de ces deux faits. En outre, s'il soutient qu'il était dans l'ignorance de l'interdiction d'utiliser une machine nécessitant une réparation dès lors qu'il n'avait pas été destinataire du courriel d'information sur cet évènement, il ne conteste pas davantage avoir forcé le cadenas qui l'enserrait et avoir procédé à l'apposition d'un nouveau cadenas en remplacement. Enfin, s'il fait valoir que les " coups d'arc " électriques subis par des élèves sont fréquents et inhérents à leur apprentissage, les autres faits reprochés étaient à eux seuls de nature à justifier la sanction disciplinaire de blâme qui lui a été infligée, alors même qu'il avait fait l'objet de notations et d'appréciations de très bon niveau durant sa carrière. Par suite, la rectrice de l'académie de Limoges n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant un blâme à l'encontre de M. A.

5. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que la décision du 2 mai 2019 n'est pas entachée d'une illégalité fautive. Par suite, la responsabilité de l'Etat n'est pas engagée à l'égard de M. A du fait de l'intervention de cette décision. Dès lors ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

6. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement contesté, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Limoges.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Marianne Hardy, présidente,

Mme Fabienne Zuccarello, présidente-assesseure,

Mme Charlotte Isoard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juillet 2022.

La rapporteure,

Fabienne D La présidente,

Marianne HardyLa greffière,

Stéphanie Larrue

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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