jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX01250 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CAZAMAJOUR & URBANLAW |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la délibération du 11 février 2019 par laquelle le conseil municipal de Mios a approuvé la révision du plan local d'urbanisme.
Par un jugement n° 1901725 du 27 janvier 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 mars 2021 et le 2 mai 2022, M. A, représenté par Me Fouchet, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 janvier 2021 ;
2°) d'annuler la délibération du conseil municipal de Mios du 11 février 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mios la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucun résumé non technique de l'évaluation environnementale n'a été mis à la disposition du public au stade de l'enquête publique, en méconnaissance de l'article R. 123-8 du code de l'environnement ;
- la délibération du 15 mars 2014 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'a pas été publiée dans un journal diffusé dans le département, en méconnaissance de l'article R.153-20 du code de l'urbanisme ;
- les conseillers municipaux ont été irrégulièrement convoqués aux délibérations prescrivant la révision du plan local d'urbanisme, donnant acte du débat sur le plan d'aménagement et de développement durables, arrêtant le projet de plan local d'urbanisme et approuvant le nouveau plan ; par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils auraient été destinataires d'une note de synthèse suffisante ;
- le dossier soumis à l'enquête publique était incomplet dès lors qu'il ne comprenait aucun schéma des réseaux existants ;
- la communauté de communes du bassin d'Arcachon n'a pas donné son avis sur le projet de plan local d'urbanisme, ce qui révèle une absence de collaboration, en méconnaissance de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme ;
- la note de neuf pages jointe par la commune au dossier d'enquête n'a pas pallié les insuffisances de l'évaluation environnementale et du rapport de présentation ;
- les modalités de concertation définies par le conseil municipal n'ont pas été respectées dès lors qu'aucun article n'a été publié sur le site internet de la commune et qu'aucune exposition publique au fur et à mesure de l'avancement des études n'a été mise en place ;
- les personnes publiques associées, et notamment la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers et la mission régionale de l'autorité environnementale, n'ont pas été de nouveau consultées, malgré les modifications intervenues postérieurement à l'enquête publique ;
- le classement de sa parcelle en zone N est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa parcelle constitue une dent creuse et que la partie ouest est complètement urbanisée ; par ailleurs, ce classement contredit manifestement l'objectif d'augmenter les marges de recul ;
- ce classement en zone N est incompatible avec les objectifs du plan d'aménagement et de développement durables dès lors qu'il paralyse toute possibilité de développement urbain au lieu-dit B, et qu'il rend impossible le respect de la distance de sécurité préconisée par le plan d'aménagement et de développement durables ; ce classement est également incompatible avec l'objectif de mixité sociale ;
- le classement de sa parcelle en zone N aura pour effet de placer les constructions voisines existantes en violation de la règle fixée par l'article U4-7 du règlement du plan local d'urbanisme, et méconnaît l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2022, la commune de Mios, représentée par la SELAS Cazamajour et UrbanLaw, demande à la cour :
1°) de rejeter la requête de M. A ;
2°) subsidiairement, de limiter les effets de l'annulation aux seules dispositions irrégulières du plan local d'urbanisme et de surseoir à statuer afin de permettre de régulariser ce document en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E C,
- les conclusions de M. Romain Roussel, rapporteur public,
- et les observations de Me Baudorre, représentant M. A, et les observations de Me Maginot, représentant la commune de Mios.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 11 février 2019, le conseil municipal de Mios a approuvé la révision du plan local d'urbanisme communal. M. A relève appel du jugement du 27 janvier 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette délibération.
Sur la légalité de la délibération du 11 février 2019 :
En ce qui concerne la convocation du conseil municipal :
S'agissant de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions posées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les conseillers municipaux ont été convoqués par le maire de Mios le 5 février 2019 à la réunion du conseil municipal du 11 février 2019 par un courriel contenant un lien permettant de télécharger le dossier de la séance, lequel comprenait la note explicative de synthèse concernant l'approbation du plan local d'urbanisme, ainsi que ses pièces annexes. D'ailleurs, les conseillers municipaux présents lors de cette réunion ont attesté de la réception de cette convocation et de ses annexes dans le délai de cinq jours francs prévu par l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le moyen tiré de ce que les conseillers municipaux ayant participé à la délibération du 11 février 2019 ont été irrégulièrement convoqués doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs () ".
5. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
6. Il ressort des pièces du dossier que la note explicative de synthèse jointe à la convocation mentionnée au point 3 rappelait les différentes étapes de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme, en précisant notamment le parti pris du plan d'aménagement et de développement durables, et indiquait que le commissaire-enquêteur avait produit un procès-verbal de synthèse, lequel était joint à la note explicative de synthèse ainsi que les réponses apportées par la mairie, et émis un avis favorable au projet. Cette note rappelait également le contexte législatif ainsi que les objectifs poursuivis par la commune, précisait que figurait dans son annexe la synthèse des différents avis émis sur le projet, et indiquait les modifications règlementaires et graphiques apportées au projet de plan local d'urbanisme arrêté, tout en soulignant que ces modifications restaient mineures et ne modifiaient pas l'économie générale du projet. Ainsi, cette note répondait aux exigences des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales citées ci-dessus, contrairement à ce que soutient M. A. Par suite, le moyen tiré de ce que la note explicative de synthèse était insuffisante doit être écarté.
S'agissant des autres délibérations :
7. Les moyens tirés de l'illégalité de la délibération prescrivant l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme laquelle porte, d'une part, sur les objectifs, au moins dans leurs grandes lignes, poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme et, d'autre part, sur les modalités de la concertation avec les habitants et les associations locales ne peuvent, eu égard à l'objet et à la portée d'une telle délibération, être utilement invoqués contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme.
8. Il en résulte que, d'une part, le moyen tiré de ce que la mention de l'affichage de la délibération du 15 mars 2014 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'aurait pas été insérée dans un journal diffusé dans le département en méconnaissance de l'article R. 153-21 du code de l'urbanisme est inopérant.
9. D'autre part, à supposer que la convocation des conseillers municipaux à la réunion ayant donné lieu à la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'ait pas été régulière, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération qui approuve le plan local d'urbanisme. Il en est de même en ce qui concerne la délibération prenant acte du débat sur le plan d'aménagement et de développement durables et celle arrêtant le projet de plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la convocation des conseillers municipaux aux réunions portant sur ces délibérations doit être écarté.
En ce qui concerne les modalités de la concertation :
10. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable en l'espèce : " I. - Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° L'élaboration ou la révision () du plan local d'urbanisme ; () / II. - Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont fixés par : () 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public (). Ces modalités doivent, pendant une durée suffisante au regard de l'importance du projet, permettre au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente ()/ III. - A l'issue de la concertation, l'autorité mentionnée au II en arrête le bilan ()/ IV. - Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I et II ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées () ".
11. La délibération du conseil municipal de Mios du 22 mars 2018, qui établit avec précision le bilan de la concertation, et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, mentionne la mise à disposition en mairie des documents de synthèse pendant toute la concertation de chaque phase au fur et à mesure, une information régulière sur le site internet de la commune, la publication d'articles dans trois numéros du bulletin municipal, la mise à disposition d'un registre et la tenue d'une permanence hebdomadaire de la conseillère municipale déléguée à la planification urbaine, ainsi que d'une réunion publique à la salle des fêtes, d'un rendez-vous citoyen, de deux séries d'ateliers participatifs sur la division parcellaire dans les quartiers et d'une exposition évolutive à la mairie aux horaires d'ouverture. D'une part, l'exposition évolutive installée au service d'urbanisme de la mairie étant accessible au public, cette modalité de la concertation a été respectée. D'autre part, si la délibération fixant les modalités de la concertation avait prévu que des " articles " seraient régulièrement publiés sur le site internet de la mairie, l'absence de telles publications ne peut être regardée comme ayant nui à l'information du public ni comme ayant privé cette concertation de portée effective dès lors qu'il est constant que des articles ont été publiés dans les bulletins municipaux et que certaines modalités de concertation qui n'étaient initialement pas prévues ont été réalisées, telles que la tenue de la permanence hebdomadaire ou la mise en place d'ateliers participatifs précédemment décrits.
En ce qui concerne la collaboration avec la communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Nord :
12. Aux termes de l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de l'établissement public de coopération intercommunale lorsqu'il est doté de la compétence en matière de plan local d'urbanisme, en collaboration avec les communes membres. () Dans les autres cas, le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de la commune, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre () ".
13. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que l'ont relevé les premiers juges, que la communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Nord a été consultée et a formulé des observations dans un courrier du 28 juin 2018. Contrairement à ce que soutient M. A, le commissaire-enquêteur n'a pas relevé une absence de collaboration entre la commune de Mios et la communauté d'agglomération dans son rapport mais a fait au contraire état de certaines des observations qu'a émise cette dernière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier soumis à l'enquête :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou, dans le cas prévu par le deuxième alinéa de l'article L. 123-6, le maire. Le dossier soumis à l'enquête comprend, en annexe, les avis recueillis en application des articles L. 121-5, L.123-8, L. 123-9, et, le cas échéant, du premier alinéa de l'article L. 123-6 () ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, dans sa version alors applicable : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique () ". Et aux termes de l'article R. 123-2-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le plan local d'urbanisme doit faire l'objet d'une évaluation environnementale conformément aux articles L. 121-10 et suivants, le rapport de présentation : () 2° Analyse l'état initial de l'environnement et les perspectives de son évolution en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Analyse les incidences notables prévisibles de la mise en œuvre du plan sur l'environnement et expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; () / 7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l'évaluation a été effectuée () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le résumé non technique de l'évaluation environnementale figure dans la partie 8 du rapport de présentation du plan local d'urbanisme, intitulée " Résumé non technique et méthode d'évaluation ". Contrairement à ce que soutient M. A, aucun texte n'impose que ce résumé non technique figure dans un document distinct de ce rapport, alors que l'article R. 123-1-2 cité ci-dessus précise justement que ce résumé est compris dans le rapport de présentation. Par ailleurs, si le commissaire-enquêteur a relevé dans son rapport que ce résumé non technique " aurait pu offrir un meilleur accès pédagogique et synthétique ", cette remarque à elle seule ne saurait révéler une insuffisance de l'information du public, M. A ne précisant d'ailleurs pas en quoi ce document serait lacunaire. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'un résumé non technique de l'évaluation environnementale au dossier soumis à l'enquête publique doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable : " Le projet de plan local d'urbanisme est soumis à l'enquête publique par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou par le maire dans les formes prévues par le chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement. () Le dossier est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et à l'article L. 123-10 du présent code. Il peut être complété par tout ou partie des documents mentionnés à l'article R. 121-1 () ". Aux termes de l'article R. 123-1 de ce code : " Le plan local d'urbanisme comprend : 1° Un rapport de présentation ; 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; 3° Des orientations d'aménagement et de programmation, dans les conditions prévues à l'article L. 123-1-4 ; 4° Un règlement ; () Le plan local d'urbanisme est accompagné d'annexes ". Aux termes de l'article R. 123-14 de ce code: " Les annexes comprennent à titre informatif également : () 3° Les schémas des réseaux d'eau et d'assainissement () ".
17. Le rapport de l'enquête publique qui s'est déroulée entre le 8 octobre et le 9 novembre 2018, établi par le commissaire-enquêteur le 11 décembre 2018, indique que le dossier comporte, dans sa partie " Annexes ", les " annexes sanitaires (eau, incendie, assainissement, hydraulique, plomb) ". Ainsi, le dossier soumis à enquête publique comprenait les schémas des réseaux existants, contrairement à ce que soutient M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les insuffisances du rapport de présentation :
18. Aux termes de l'article L. 121-11 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés à l'article précédent décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement. Il présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives. Il expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. Le rapport de présentation contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existant à la date à laquelle est élaboré ou révisé le document, de son contenu et de son degré de précision et, le cas échéant, de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou partie de la même zone géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur ".
19. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Mios a joint au dossier de l'enquête publique une note de neuf pages, qui a été mise à la disposition du public, en réponse à l'avis émis le 19 septembre 2018 par la mission régionale d'autorité environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine, ayant vocation à répondre point par point aux insuffisances du rapport de présentation relevées par cette autorité. Les requérants, qui se bornent à faire valoir que la mission régionale d'autorité environnementale " aurait pu persister " à considérer le dossier comme lacunaire postérieurement à l'adjonction de cette note, sans préciser quels éléments continueraient à être, en l'espèce, insuffisants, ne sont pas fondés à soutenir que l'évaluation environnementale du rapport de présentation présenterait des insuffisances.
En ce qui concerne les modifications du plan local d'urbanisme intervenues après l'enquête publique :
20. Aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () Après l'enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération du conseil municipal () ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan local d'urbanisme ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête.
21. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont modifié, postérieurement à l'enquête publique, le zonage des parcelles cadastrées AM n° 123, 125, 126, 128, 129 et 842 pour les classer en zone urbaine, pour tenir compte des observations du public, et ont accepté, notamment pour les mêmes motifs, de restaurer une constructibilité limitée sur les parcelles cadastrées AT n° 256 et 607, section AV n°138, 140p, 342, 344, 135, 136, 139, 132, 131, 130, 277, 276p, section AP n°8 et section AR n°409p initialement classées en zone naturelle et agricole. La circonstance que ces modifications ne seraient pas conformes à l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine du 19 septembre 2018 ne saurait révéler qu'elles ne procèderaient pas de l'enquête publique, contrairement à ce que soutient M. A. D'autre part, ces modifications ont pour effet de classer en zone urbaine des terrains initialement classés en zone naturelle, pour une surface de 5,1 hectares, et en zone agricole, pour une surface de 13 811 mètres carrés. Or, il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que les zones naturelles et forestières représentent 83,2 % de la surface du territoire communal, soit 11 238 hectares. Dans ces conditions, les modifications en cause, eu égard à leur faible portée à l'échelle du territoire, ne peuvent être regardées comme remettant en cause l'économie générale du projet. Par ailleurs, M. A n'invoque aucune disposition législative ou règlementaire qui aurait été méconnue et qui aurait justifié une nouvelle saisine des personnes publiques associées postérieurement aux modifications apportées après enquête. Enfin, l'ampleur de ces modifications ne justifiait pas davantage qu'une nouvelle enquête publique soit conduite. Par suite, ce moyen doit être écarté, en toutes ses branches.
En ce qui concerne le classement de la parcelle appartenant au requérant :
22. La parcelle cadastrée section BC n° 443 appartenant à M. A se situe au lieu-dit B. Cette parcelle, qui présente une surface très vaste, a été classée pour partie en zone U4 du plan local d'urbanisme de Mios, et pour partie en zone N de ce plan. M. A conteste le classement en zone N de la partie de sa parcelle qui était classée en zone U3 sous l'empire de l'ancien plan local d'urbanisme.
23. En premier lieu, pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le plan d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le plan d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du plan d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
24. Le plan d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme fixe comme une de ses orientations principales d'encadrer le développement de l'habitat, avec un objectif de maîtrise de l'étalement urbain, notamment en limitant les enveloppes constructibles en extension de l'urbanisation existante. A cette fin, ce document prévoit la réduction, la modification et la suppression de certaines zones qui étaient jusqu'alors constructibles. Ainsi, et contrairement à ce que soutient M. A, le classement d'une partie son terrain, vierge de toute construction, en zone N, n'est pas incohérent avec cet objectif de maîtrise de l'étalement urbain, alors même que ledit terrain constituerait la zone constructible la plus importante du lieu-dit B. De même, ce classement ne saurait être regardé comme entraînant, par lui-même, un étalement urbain pour compenser la perte d'espace qui serait induite dès lors que rien ne fait obstacle à ce que la densification de l'urbanisation se réalise dans d'autres secteurs de la commune, M. A ne pouvant se prévaloir des préconisations du schéma de cohérence territoriale du Bassin d'Arcachon et du Val de l'Eyre, lequel a été annulé. Pour les mêmes motifs, le classement en cause ne peut être considéré comme incohérent avec l'objectif de mixité sociale fixé par le plan, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cet objectif ne pourrait être atteint par l'exploitation d'autres gisements fonciers que celui qu'aurait représenté la parcelle de M. A. Par ailleurs, le classement en zone naturelle de ce terrain, situé en bordure d'un vaste espace boisé, répond à l'orientation de préservation et de valorisation du patrimoine fixée par le plan d'aménagement et de développement durables, laquelle est décrite comme ayant pour objectif de " préserver les espaces forestiers pour leurs fonctions économiques, sociales, environnementales et paysagères ". A cet égard, s'il est indiqué dans ce plan que les distances minimales de recul doivent être de 25 mètres pour les quartiers périphériques en lisière de forêt, il y est également précisé que cette contrainte a vocation à s'appliquer aux seules nouvelles constructions. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que le classement de la partie de la parcelle en cause est incohérent avec cette préconisation du plan, alors même qu'il aurait pour effet de rapprocher les constructions existantes de terrains désormais classés en zone N. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence du classement en zone naturelle d'une partie de la parcelle cadastrée section BC n° 443 avec le plan d'aménagement et de développement durables doit être écarté.
25. En second lieu, aux termes R. 123-8 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : a) Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / b) Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / c) Soit de leur caractère d'espaces naturels () ".
26. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. A cet effet, ils peuvent être amenés à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
27. Il ressort des pièces du dossier que la partie de la parcelle de M. A désormais classée en zone naturelle ne comporte pas de bâti et est très largement boisée. Elle s'ouvre sur sa partie ouest sur un vaste espace boisé naturel, vierge de toute construction, et ne saurait ainsi être regardée comme constituant une " dent creuse " de l'urbanisation du lieu-dit B à Mios. Par ailleurs, ce classement en zone N répond aux objectifs fixés par le plan d'aménagement et de développement durables, qui reflète le parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan, de maîtrise de l'étalement urbain et de préservation des espaces forestiers du territoire de la commune. La circonstance que deux constructions aient été autorisées sur la partie situé au nord de la parcelle, au demeurant classée en zone U4, est sans aucune incidence sur le bien-fondé du classement contesté. En outre, le nouveau règlement du plan local d'urbanisme ayant vocation à s'appliquer aux seules constructions nouvelles, M. A ne peut utilement soutenir que le classement de son terrain en zone N entraînerait une méconnaissance des règles de recul fixées par ce nouveau règlement pour les constructions existantes voisines. D'ailleurs, et contrairement à ce que soutient M. A, le commissaire-enquêteur, dont les conclusions ne lient au demeurant pas les auteurs du plan local d'urbanisme, s'est borné à prendre acte de la réponse de la commune sur ce point, soulevé par l'intéressé lors de l'enquête publique, et à préciser que la prévention du risque d'incendie pouvait être assurée par le débroussaillage des terrains voisins. Par suite, le classement en zone N de la partie de la parcelle de M. A initialement classée en zone U3 n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. Ses conclusions tendant à l'annulation de ce jugement doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mios, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme 1 500 euros à verser à la commune de Mios, en application de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Mios une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. D A et à la commune de Mios.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Marianne Hardy, présidente,
Mme Fabienne Zuccarello, présidente-assesseure,
Mme Charlotte Isoard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Charlotte CLa présidente,
Marianne Hardy
La greffière,
Stéphanie Larrue
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026