jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX01276 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CAZAMAJOUR & URBANLAW |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A et Mme D A ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la délibération du 11 février 2019 par laquelle le conseil municipal de Mios a approuvé la révision du plan local d'urbanisme communal.
Par un jugement n° 1901735 du 27 janvier 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la délibération du conseil municipal de Mios du 11 février 2019 en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section AP n° 172 en zone agricole.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 mars 2021 et le 2 mai 2022, M. et Mme A, représentés par Me Fouchet, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 janvier 2021 en tant qu'il a rejeté leur demande tendant à l'annulation totale de la délibération du conseil municipal de Mios du 11 février 2019 ;
2°) d'annuler la délibération du conseil municipal de Mios du 11 février 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mios la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- aucun résumé non technique de l'évaluation environnementale n'a été mis à la disposition du public au stade de l'enquête publique, en méconnaissance de l'article R. 123-8 du code de l'environnement ;
- la délibération du 15 mars 2014 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'a pas été publiée dans un journal diffusé dans le département, en méconnaissance de l'article R. 153-20 du code de l'urbanisme ;
- les conseillers municipaux ont été irrégulièrement convoqués aux délibérations prescrivant la révision du plan local d'urbanisme, donnant acte du débat sur le plan d'aménagement et de développement durables, arrêtant le projet de plan local d'urbanisme et approuvant le nouveau plan ; par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils auraient été destinataires d'une note de synthèse suffisante ;
- le dossier soumis à l'enquête publique était incomplet dès lors qu'il ne comprenait aucun schéma des réseaux existants ;
- la communauté de communes du bassin d'Arcachon n'a pas donné son avis sur le projet de plan local d'urbanisme, ce qui révèle une absence de collaboration, en méconnaissance de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme ;
- la note de neuf pages jointe par la commune au dossier d'enquête n'a pas pallié les insuffisances de l'évaluation environnementale et du rapport de présentation ;
- les modalités de concertation définies par le conseil municipal n'ont pas été respectées dès lors qu'aucun article n'a été publié sur le site internet de la commune et qu'aucune exposition publique au fur et à mesure de l'avancement des études n'a été mise en place ;
- les personnes publiques associées, et notamment la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers et la mission régionale de l'autorité environnementale, n'ont pas été de nouveau consultées, malgré les modifications intervenues postérieurement à l'enquête publique ;
- le classement de la parcelle cadastrée section AP n° 172 en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette parcelle est encastrée dans une zone urbaine UNC et qu'aucune rupture d'urbanisation n'existe entre ces deux zonages et qu'elle ne présente aucun potentiel agronomique, biologique ou écologique ;
- le classement de la parcelle cadastrée section AP n° 529 en zone naturelle et en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est entourée de parcelles construites ; en effet, son classement en zone naturelle n'est pas justifié par la présence d'un cours d'eau, alors qu'aucun risque n'est identifié ;
- le classement de ces deux parcelles n'est pas cohérent par rapport au projet d'aménagement et de développement durables dès lors que le secteur de Caze dans lequel elles se situent, proche du bourg et déjà urbanisé, constitue un secteur privilégié de densification de l'urbanisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2022, la commune de Mios, représentée par la SELAS Cazamajour et UrbanLaw, conteste le jugement en tant qu'il annule le classement de la parcelle cadastrée section AP n° 172 en zone agricole et demande à la cour de rejeter la requête de M. et Mme A, subsidiairement de limiter les effets de l'annulation aux seules dispositions irrégulières du plan local d'urbanisme et de surseoir à statuer afin de permettre de régulariser ce document en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et, enfin, de mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section AP n° 172 n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le principe de préservation et de valorisation du patrimoine défini par le plan d'aménagement et de développement durables justifie le classement en zone agricole des enclaves de prairie et que le règlement de la zone agricole justifie la création de telles zones en frange de zones urbaines ;
- les moyens de M. et Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire a été présenté par M. et Mme A, représentés par Me Fouchet, le 17 juin 2022 soit postérieurement à la clôture de l'instruction, intervenue le 2 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E B,
- les conclusions de M. Romain Roussel, rapporteur public,
- les observations de Me Baudorre, représentant M. et Mme A, et les observations de Me Maginot, représentant la commune de Mios.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 11 février 2019, le conseil municipal de Mios a approuvé la révision du plan local d'urbanisme communal. Par un jugement du 27 janvier 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé cette délibération en tant qu'elle classe en zone agricole la parcelle cadastrée section AP n° 172. M. et Mme A relèvent appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de leurs conclusions. La commune de Mios doit être regardée comme demandant, par la voie de l'appel incident, l'annulation de ce jugement en tant qu'il a partiellement annulé la délibération du 11 février 2019.
Sur la légalité de la délibération du 11 février 2019 :
En ce qui concerne la convocation du conseil municipal :
S'agissant de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme ;
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions posées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les conseillers municipaux ont été convoqués le 5 février 2019 par le maire de Mios à la réunion du conseil municipal du 11 février 2019 par un courriel contenant un lien permettant de télécharger le dossier de la séance, lequel comprenait la note explicative de synthèse concernant l'approbation du plan local d'urbanisme, ainsi que ses pièces annexes. D'ailleurs, les conseillers municipaux présents lors de cette réunion ont attesté de la réception de cette convocation et de ses annexes dans le délai de cinq jours francs prévu par l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le moyen tiré de ce que les conseillers municipaux ayant participé à la délibération du 11 février 2019 ont été irrégulièrement convoqués doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs () ".
5. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
6. Il ressort des pièces du dossier que la note explicative de synthèse jointe à la convocation mentionnée au point 3 rappelait les différentes étapes de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme, en précisant notamment le parti pris du plan d'aménagement et de développement durables, et indiquait que le commissaire-enquêteur avait produit un procès-verbal de synthèse, lequel était joint à la note explicative de synthèse ainsi que les réponses apportées par la mairie, et émis un avis favorable au projet. Cette note rappelait également le contexte législatif ainsi que les objectifs poursuivis par la commune, précisait que figurait dans son annexe la synthèse des différents avis émis sur le projet et indiquait les modifications règlementaires et graphiques apportées au projet de plan local d'urbanisme arrêté, tout en soulignant que ces modifications restaient mineures et ne modifiaient pas l'économie générale du projet. Ainsi, cette note répondait aux exigences des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales citées ci-dessus, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A. Par suite, le moyen tiré de ce que la note explicative de synthèse était insuffisante doit être écarté.
S'agissant des autres délibérations :
7. Les moyens tirés de l'illégalité de la délibération prescrivant l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme, laquelle porte, d'une part, sur les objectifs, au moins dans leurs grandes lignes, poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme et, d'autre part, sur les modalités de la concertation avec les habitants et les associations locales, ne peuvent, eu égard à l'objet et à la portée d'une telle délibération, être utilement invoqués contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme.
8. Il en résulte que, d'une part, le moyen tiré de ce que la mention de l'affichage de la délibération du 15 mars 2014 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'aurait pas été insérée dans un journal diffusé dans le département en méconnaissance de l'article R. 153-21 du code de l'urbanisme est inopérant.
9. D'autre part, à supposer que la convocation des conseillers municipaux à la réunion ayant donné lieu à la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'ait pas été régulière, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération qui approuve le plan local d'urbanisme. Il en est de même en ce qui concerne la délibération prenant acte du débat sur le plan d'aménagement et de développement durables et celle arrêtant le projet de plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la convocation des conseillers municipaux aux réunions portant sur ces délibérations doit être écarté.
En ce qui concerne les modalités de la concertation :
10. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable en l'espèce : " I. - Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° L'élaboration ou la révision () du plan local d'urbanisme ; () / II. - Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont fixés par : () 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public (). Ces modalités doivent, pendant une durée suffisante au regard de l'importance du projet, permettre au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente ()/ III. - A l'issue de la concertation, l'autorité mentionnée au II en arrête le bilan ()/ IV. - Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I et II ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées () ".
11. La délibération du conseil municipal de Mios du 22 mars 2018, qui établit avec précision le bilan de la concertation, et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, mentionne la mise à disposition en mairie des documents de synthèse pendant toute la concertation de chaque phase au fur et à mesure, une information régulière sur le site internet de la commune, la publication d'articles dans trois numéros du bulletin municipal, la mise à disposition d'un registre et la tenue d'une permanence hebdomadaire de la conseillère municipale déléguée à la planification urbaine, ainsi que d'une réunion publique à la salle des fêtes, d'un rendez-vous citoyen, de deux séries d'ateliers participatifs sur la division parcellaire dans les quartiers et d'une exposition évolutive à la mairie aux horaires d'ouverture. D'une part, l'exposition évolutive installée au service d'urbanisme de la mairie étant accessible au public, cette modalité de la concertation a été respectée. D'autre part, si la délibération fixant les modalités de la concertation avait prévu que des " articles " seraient régulièrement publiés sur le site internet de la mairie, l'absence de telles publications ne peut être regardée comme ayant nui à l'information du public ni comme ayant privé cette concertation de portée effective dès lors qu'il est constant que des articles ont été publiés dans les bulletins municipaux et que certaines modalités de concertation qui n'étaient initialement pas prévues ont été réalisées, telles que la tenue de la permanence hebdomadaire ou la mise en place d'ateliers participatifs précédemment décrits.
En ce qui concerne la collaboration avec la communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Nord :
12. Aux termes de l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de l'établissement public de coopération intercommunale lorsqu'il est doté de la compétence en matière de plan local d'urbanisme, en collaboration avec les communes membres. () Dans les autres cas, le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de la commune, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre () ".
13. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que l'ont relevé les premiers juges, que la communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Nord a été consultée et a formulé des observations dans un courrier du 28 juin 2018. Contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A, le commissaire-enquêteur n'a pas relevé une absence de collaboration entre la commune de Mios et la communauté d'agglomération dans son rapport mais a fait au contraire état de certaines des observations qu'a émises cette dernière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier soumis à l'enquête :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou, dans le cas prévu par le deuxième alinéa de l'article L. 123-6, le maire. Le dossier soumis à l'enquête comprend, en annexe, les avis recueillis en application des articles L. 121-5, L. 123-8, L. 123-9, et, le cas échéant, du premier alinéa de l'article L. 123-6 () ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, dans sa version alors applicable : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique () ". Et aux termes de l'article R. 123-2-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le plan local d'urbanisme doit faire l'objet d'une évaluation environnementale conformément aux articles L. 121-10 et suivants, le rapport de présentation : () 2° Analyse l'état initial de l'environnement et les perspectives de son évolution en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Analyse les incidences notables prévisibles de la mise en œuvre du plan sur l'environnement et expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; () / 7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l'évaluation a été effectuée () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le résumé non technique de l'évaluation environnementale figure dans la partie 8 du rapport de présentation du plan local d'urbanisme, intitulée " Résumé non technique et méthode d'évaluation ". Contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A, aucun texte n'impose que ce résumé non technique figure dans un document distinct de ce rapport, alors que l'article R. 123-1-2 cité ci-dessus précise justement que ce résumé est compris dans le rapport de présentation. Par ailleurs, si le commissaire-enquêteur a relevé dans son rapport que ce résumé non technique " aurait pu offrir un meilleur accès pédagogique et synthétique ", cette remarque à elle seule ne saurait révéler une insuffisance de l'information du public, M. et Mme A ne précisant d'ailleurs pas en quoi ce document serait lacunaire. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'un résumé non technique de l'évaluation environnementale au dossier soumis à l'enquête publique doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le projet de plan local d'urbanisme est soumis à l'enquête publique par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou par le maire dans les formes prévues par le chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement. () Le dossier est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et à l'article L. 123-10 du présent code. Il peut être complété par tout ou partie des documents mentionnés à l'article R. 121-1 () ". Aux termes de l'article R. 123-1 de ce code : " Le plan local d'urbanisme comprend : 1° Un rapport de présentation ; 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; 3° Des orientations d'aménagement et de programmation, dans les conditions prévues à l'article L. 123-1-4 ; 4° Un règlement ; () Le plan local d'urbanisme est accompagné d'annexes ". Aux termes de l'article R. 123-14 de ce code: " Les annexes comprennent à titre informatif également : () 3° Les schémas des réseaux d'eau et d'assainissement () ".
17. Le rapport de l'enquête publique qui s'est déroulée entre le 8 octobre et le 9 novembre 2018, établi par le commissaire-enquêteur le 11 décembre 2018, indique que le dossier comporte, dans sa partie " Annexes ", les " annexes sanitaires (eau, incendie, assainissement, hydraulique, plomb) ". Ainsi, le dossier soumis à enquête publique comprenait les schémas des réseaux existants, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les insuffisances du rapport de présentation :
18. Aux termes de l'article L. 121-11 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés à l'article précédent décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement. Il présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives. Il expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. Le rapport de présentation contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existant à la date à laquelle est élaboré ou révisé le document, de son contenu et de son degré de précision et, le cas échéant, de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou partie de la même zone géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur ".
19. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Mios a joint au dossier de l'enquête publique une note de neuf pages, qui a été mise à la disposition du public, en réponse à l'avis émis le 19 septembre 2018 par la mission régionale d'autorité environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine, ayant vocation à répondre point par point aux insuffisances du rapport de présentation relevées par cette autorité. Les requérants, qui se bornent à faire valoir que la mission régionale d'autorité environnementale " aurait pu persister " à considérer le dossier comme lacunaire postérieurement à l'adjonction de cette note, sans préciser quels éléments continueraient à être, en l'espèce, insuffisants, ne sont pas fondés à soutenir que l'évaluation environnementale du rapport de présentation présenterait des insuffisances.
En ce qui concerne les modifications du plan local d'urbanisme intervenues après l'enquête publique :
20. Aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () Après l'enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération du conseil municipal () ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan local d'urbanisme ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête.
21. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont modifié, postérieurement à l'enquête publique, le zonage des parcelles cadastrées AM n° 123, 125, 126, 128, 129 et 842 pour les classer en zone urbaine, pour tenir compte des observations du public, et ont accepté, notamment pour les mêmes motifs, de restaurer une constructibilité limitée sur les parcelles cadastrées AT n° 256 et 607, section AV n°138, 140p, 342, 344, 135, 136, 139, 132, 131, 130, 277, 276p, section AP n°8 et section AR n°409p initialement classées en zone naturelle et agricole. La circonstance que ces modifications ne seraient pas conformes à l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine du 19 septembre 2018 ne saurait révéler qu'elles ne procèderaient pas de l'enquête publique, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A. D'autre part, ces modifications ont pour effet de classer en zone urbaine des terrains initialement classés en zone naturelle, pour une surface de 5,1 hectares, et en zone agricole, pour une surface de 13 811 mètres carrés. Or, il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que les zones naturelles et forestières représentent 83,2 % de la surface du territoire communal, soit 11 238 hectares. Dans ces conditions, les modifications en cause, eu égard à leur faible portée à l'échelle du territoire, ne peuvent être regardées comme remettant en cause l'économie générale du projet. Par ailleurs, M. et Mme A n'invoquent aucune disposition législative ou règlementaire qui aurait été méconnue et qui aurait justifié une nouvelle saisine des personnes publiques associées postérieurement aux modifications apportées après enquête. Enfin, l'ampleur de ces modifications ne justifiait pas davantage qu'une nouvelle enquête publique soit conduite. Par suite, ce moyen doit être écarté, en toutes ses branches.
En ce qui concerne le classement des parcelles appartenant aux requérants :
S'agissant de la partie de la parcelle cadastrée section AP n° 529 classée en zone N ;
22. En premier lieu, aux termes R. 123-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : a) Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / b) Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; /c) Soit de leur caractère d'espaces naturels () ".
23. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. A cet effet, ils peuvent être amenés à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation.
24. Il ressort des pièces du dossier que la portion de la parcelle cadastrée section AP n° 529 appartenant aux requérants et classée en zone NS, qui est vierge de toute construction, est partiellement boisée et est bordée au sud par un cours d'eau, le ruisseau de l'Ile. Elle est entourée, à l'est, à l'ouest et au sud, de parcelles naturelles et boisées, qui ont également fait l'objet d'un classement en zone NS, laquelle a vocation, selon le rapport de présentation du plan local d'urbanisme, à couvrir les secteurs de la commune qui présentent des enjeux écologiques forts, et qui comprend notamment certains abords de cours d'eau. Par ailleurs, alors que le projet d'aménagement et de développement durables, qui révèle le parti pris d'aménagement des auteurs du plan local d'urbanisme, souligne la volonté de préserver les corridors écologiques de la commune, M. et Mme A ne contestent pas que cette parcelle se situe dans un corridor écologique. En outre, au regard de sa situation et de ses caractéristiques, elle ne peut être regardée comme étant intégrée au bourg de Mios, dont elle est séparée à l'est par un ensemble de terrains boisés. Par suite, en considérant qu'elle présentait le caractère d'un espace naturel, alors même qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une exploitation forestière, et en classant la majeure partie de cette parcelle en zone NS, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. A cet égard, la circonstance qu'elle serait bordée au nord de jardins d'agréments n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de son classement en zone naturelle.
25. En second lieu, pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le plan d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le plan d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du plan d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
26. Il ressort du plan d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de Mios que l'un des axes définis par ce document est de " maîtriser l'étalement urbain résidentiel en limitant les secteurs en extension urbaine pour l'habitat ". Pour ce faire, ce plan envisage de " limiter les enveloppes constructibles à long terme en extension de l'urbanisation existante ", ce qui implique la réduction, voire la suppression, de certaines zones qui étaient auparavant constructibles. Par ailleurs, l'axe 5 de ce plan fixe comme objectif de " préserver et valoriser le patrimoine " en prévoyant une protection renforcée pour les sites les plus sensibles, parmi lesquels les cours d'eau et leurs abords, en préservant les corridors écologiques à l'échelle du territoire. Au regard des caractéristiques de la partie de la parcelle cadastrée AP n° 529 classée en zone N, et alors même qu'elle se situerait dans le secteur de Caze, qui est proche du bourg de Mios, elle ne peut être regardée comme étant située dans un secteur privilégié de densification de l'urbanisation existante, contrairement à ce que soutiennent les requérants. Par suite, son classement en zone N, qui répond d'ailleurs précisément aux orientations décrites dans l'axe 5 du plan d'aménagement et de développement durables, n'est pas incohérent avec les objectifs de ce document.
S'agissant de la parcelle cadastrée section AP n° 172 et de la portion de la parcelle cadastrée section AP n° 529 classée en zone A :
27. Aux termes de l'article R. 123-7 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles () ". Une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
28. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AP n° 172 appartenant aux requérants, qui comporte une construction au sud et est desservie par les réseaux, est entourée de parcelles classées en zone UNc à l'ouest, au nord et à l'est, dont certaines sont densément construites. Elle fait en outre partie d'un ensemble très réduit de terrains classés en zone agricole. Si la commune fait valoir que le plan d'aménagement et de développement durables prévoit la protection des " enclaves de prairies ", lesquelles sont entremêlées dans le tissu urbain, elle reconnaît elle-même que le terrain en cause n'est pas propice à l'activité agricole. Ainsi, au regard de sa situation, de ses caractéristiques et du secteur classé en A particulièrement restreint au sein duquel cette parcelle s'insère, qui constitue une " dent creuse " dans un secteur à vocation principale d'habitat, les auteurs du plan local d'urbanisme ont commis une erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle AP n° 172 en zone A. Il en est de même concernant le classement en zone A de la portion nord de la parcelle cadastrée AP n° 529, dont M. et A demandent l'annulation pour la première fois en appel, qui présente une localisation et une situation identiques.
29. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen concernant le classement en zone A de la parcelle cadastrée section AP n° 172 et de la portion de la parcelle cadastrée section AP n° 529 n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, susceptible de fonder l'annulation de ce classement.
30. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont seulement fondés à demander l'annulation de la délibération du 11 février 2019 en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section AP n° 172 et la partie nord de la parcelle cadastrée section AP n° 529 en zone agricole, et par suite, à demander la réformation du jugement attaqué dans cette mesure.
31. Par ailleurs, la commune n'est pas fondée à demander, par la voie de l'appel incident, la réformation de ce jugement en tant qu'il a annulé cette délibération en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section AP n° 172 en zone A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
Sur les frais liés au litige :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mios, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel du litige de la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme 1 500 euros à verser à la commune de Mios, en application de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La délibération du 11 février 2019 est annulée en tant qu'elle classe en zone agricole la parcelle cadastrée section AP n° 172 et la partie nord de la parcelle cadastrée section AP n° 529.
Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 janvier 2021 est réformé en tant qu'il est contraire à l'article 1er.
Article 3 : M. et Mme A verseront à la commune de Mios une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.
Article 5 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Mios est rejeté.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A, Mme D A et à la commune de Mios.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Marianne Hardy, présidente,
Mme Fabienne Zuccarello, présidente-assesseure,
Mme Charlotte Isoard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Charlotte BLa présidente,
Marianne Hardy
La greffière,
Stéphanie Larrue
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026