mardi 14 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX02449 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MANDILE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Ses parents, Mme D C et M. B C, ont demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler les arrêtés du 26 janvier 2021 par lesquels le préfet des Pyrénées-Atlantiques leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par des jugements n°s 2100343, 2100344 et 2100345 du 29 avril 2021, la présidente du tribunal administratif de Pau a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête enregistrée le 7 juin 2021 sous le n° 21BX02449, M. A C, représenté par Me Mandile, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la présidente du tribunal administratif de Pau du 29 avril 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2021 du préfet des Pyrénées-Atlantiques ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige méconnaît ses droits à la défense dans la mesure où faisant l'objet de poursuites pénales, son éloignement ne lui permettrait pas de comparaître devant les juridictions répressives ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il encourt des risques en cas de retour en Albanie et qu'un de ses oncles et sa famille ont récemment obtenu le statut de réfugié.
II- Par une requête, enregistrée le 7 juin 2021 sous le n° 21BX02450, Mme D C et M. B C, représentés par Me Mandile, concluent, pour ce qui les concerne, aux mêmes fins que la requête 21BX02449 en reprenant les moyens tirés de ce que les arrêtés en litige méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme C et leur fils A, ressortissants albanais, déclarent être entrés en France le 26 juin 2019. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions du 3 septembre 2020 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, statuant en procédure accélérée. Par des arrêtés du 26 janvier 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Ils relèvent appel des jugements des 29 avril 2011 par lesquels la présidente du tribunal administratif de Pau a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés précités.
3. Les requêtes nos 21BX02449 et 21BX02450 concernent les membres d'une même famille et présentent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
4. En premier lieu, si M. A C, qui avait déjà été condamné pour des faits délictueux de transport, détention, offre et acquisition non autorisés de stupéfiants qui se sont déroulés de janvier à mai 2020, fait l'objet de nouvelles poursuites pénales, notamment pour des faits de violence avec arme et de complicité de meurtre commis le 20 mai 2020, la mesure d'éloignement prise à son encontre ne fait pas obstacle à ce qu'il se fasse représenter par un conseil s'il était invité à comparaître devant les juridictions pénales. Par suite, le moyen, invoqué pour la première fois en appel, tiré de la méconnaissance de ses " droits à la défense " et du non-respect du " droit à un procès équitable " doit être écarté.
5. En second lieu, M. et Mme C, ainsi que leur fils A, reprennent en appel, dans des termes similaires et sans critique utile des jugements, les moyens de première instance tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils n'apportent aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le premier juge a pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la présidente du tribunal administratif de Pau.
6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées ci-dessus du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes n° 21BX02449 et 21BX02450 sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme D C et à M. B C.
Une copie sera transmise pour information au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Bordeaux, le 14 juin 2022.
La présidente de la 1ère chambre
Marianne HARDY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 21BX02449, 21BX02450
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026