mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX02498 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme D G a demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2019 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter sans délai le territoire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an.
Par un jugement n° 1901773 du 11 mars 2021, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2021, Mme G, représentée par Me Pialou, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 11 mars 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 26 septembre 2019 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois et, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le même délai, et, en tout état de cause, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de huit jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement est irrégulier en ce qu'il répond au moyen tiré de l'insuffisance de motivation pour l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté attaqué alors que ce moyen n'avait été soulevé qu'à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et de celle prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
- le jugement est irrégulier en ce qu'il ne se prononce pas sur les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en l'obligeant à quitter le territoire français et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire et du défaut d'examen particulier de sa situation à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire ;
- les décisions refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire ne sont pas suffisamment motivées ;
- la décision de refus de titre de séjour méconnait le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle est fondée ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire sur laquelle elle est fondée ;
- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation.
- la décision fixant le pays de destination méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience
Le rapport de Mme H A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D G née le 14 mars 1983, de nationalité haïtienne, qui déclare être entrée sur le territoire français le 17 mars 2015, a sollicité, le 3 janvier 2019, son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 septembre 2019, le préfet de la Guyane a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an. Mme G relève appel du jugement du 11 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
2. En premier lieu, en écartant les moyens tirés du défaut de motivation des décisions refusant à Mme G la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, qui n'étaient pas soulevés, le tribunal a statué d'office sur des moyens qui n'était pas d'ordre public. Toutefois, ces moyens ayant été écartés, cette circonstance n'a pas eu pour effet d'entacher d'irrégularité sur ce point le jugement attaqué, qui rejette les conclusions dirigées contre ces décisions.
3. En revanche, à l'appui de sa demande, Mme G soutenait notamment que la décision par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire n'était pas suffisamment motivée, que les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire étaient entachées d'une erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle et que le préfet n'avait pas procédé à un examen sérieux de sa situation avant de prononcer l'interdiction de retour sur le territoire. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur ces moyens, qui n'étaient pas inopérants. Par suite, son jugement doit être annulé en tant qu'il se prononce sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire et celle prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
4. Il y a lieu pour la cour de se prononcer immédiatement, par la voie de l'évocation, sur les conclusions présentées par Mme G devant le tribunal administratif de la Guyane tendant à l'annulation des décisions faisant obligation à Mme G de quitter le territoire, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, et de statuer par l'effet dévolutif de l'appel sur les autres conclusions de Mme G.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre et la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".
6. Mme G fait valoir qu'elle est entrée irrégulièrement en France en 2015 à l'âge de 32 ans et se prévaut d'une relation avec M. F, ressortissant français, depuis octobre 2015, avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité le 12 novembre 2018. Il ressort des pièces du dossier que Mme G réside au 22 lotissement Samuel à Matoury depuis septembre 2017, appartement loué par M. F depuis le 1er juillet 2017. Toutefois, les différentes pièces produites ne portent que le seul nom de Mme G alors que les bulletins de salaire de M. F mentionnent une autre adresse. Il ressort des documents produits que la communauté de vie de Mme G et de M. F n'est établie que depuis le mois d'août 2019. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la relation entre Mme G et M. F puisse être qualifiée de stable et ancienne à la date de la décision contestée du 26 septembre 2019. Dans ses conditions et alors même que sa fille Mme C I, de nationalité haïtienne, née le 18 mai 2000 d'une précédente union, réside en France, la décision par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de délivrer à Mme G un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de la décision. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
7. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. En produisant des articles de journaux sur la situation en Haïti, Mme G ne peut être regardée comme apportant suffisamment d'éléments permettant de tenir pour établi qu'elle aurait été, à la date de la décision contestée, exposée à des risques réels et personnels en cas de retour en Haïti. Par suite, la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision de refus de titre et de celle fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision obligeant Mme G à quitter sans délai le territoire français et de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
S'agissant du moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour :
10. M. B E, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, signataire de l'arrêté contesté, a reçu délégation de signature, par arrêté du préfet de la Guyane du 19 septembre 2019 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat n° 03-2019-177, à l'effet de signer notamment les décisions relatives aux titres de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
11. Compte tenu des circonstances exposées au point 6, Mme G n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
S'agissant des autres moyens :
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, la décision obligeant Mme G à quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'appelante.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder à Mme G un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () II. L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. () / Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : () / 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / d) Si l'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
15. Il ressort des termes de la décision contestée que, pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à Mme G, le préfet de la Guyane a indiqué que l'intéressée avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 janvier 2017 qu'elle n'avait pas exécutée. En outre, l'arrêté contesté vise les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application. Ainsi, la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et répond aux exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée des illégalités invoquées, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire national serait illégale à raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
17. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () III. L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
18. L'interdiction de retour vise le III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait état de l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont l'intéressée a fait l'objet le même jour, de la faible durée de sa présence en France, de sa situation personnelle et familiale et de ses liens avec la France et enfin de l'existence d'une mesure d'éloignement antérieure non respectée. L'énoncé de ces considérations de fait et de droit qui fondent la décision d'interdiction de retour, tant dans son principe que dans sa durée, est ainsi suffisamment complet et précis pour satisfaire aux exigences du premier alinéa du III de l'article L. 511-1 précité. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
19. Il ne ressort ni de la motivation de la décision contestée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Guyane n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'appelante avant de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an.
20. Il ressort des pièces du dossier que Mme G déclare être entrée irrégulièrement en France en 2015 et qu'elle a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 19 janvier 2017 qu'elle n'a pas exécutée. Si elle se prévaut d'une relation amoureuse avec un ressortissant français depuis octobre 2015, cette relation ne peut être qualifiée de stable et ancienne à la date de la décision contestée du 26 septembre 2019, ainsi qu'il a été indiqué au point 6. En outre, l'appelante ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française. Compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, rappelées ci-dessus, et alors même que sa présence en France ne représenterait pas une menace à l'ordre public, le préfet a pu, sans méconnaître des dispositions précitées, prendre à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
21. Il résulte des points 10 à 20 que Mme G n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions l'obligeant à quitter sans délai le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme G, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme G et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement n° 1901773 du 11 mars 2021 du tribunal administratif de la Guyane est annulé en tant qu'il se prononce sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions obligeant Mme G à quitter sans délai le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 2 : La demande présentée par Mme G devant le tribunal administratif de la Guyane tendant à l'annulation des décisions l'obligeant à quitter sans délai le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ainsi que le surplus de ses conclusions d'appel sont rejetés.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D G et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
Mme Nathalie Gay, première conseillère,
Mme Laury Michel, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
Nathalie ALa présidente,
Elisabeth Jayat
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
N° 21BX02298
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026