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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX02663

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX02663

mardi 5 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX02663
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation5ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantJOUAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C E a demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler l'arrêté du 2 mai 2019 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 1900968 du 1er avril 2021, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 21BX02663, le 21 juin 2021, Mme E, représentée par Me Jouan, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 1er avril 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 2 mai 2019 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer dans l'attente de l'instruction de sa demande, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de procéder sans délai à l'effacement de l'inscription de l'appelante du fichier système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est insuffisamment motivée ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est privée de base légale en ce qu'elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire illégale ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et celle de ses enfants ;

- la décision est fondée à tort sur les dispositions du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire, enregistré le 17 décembre 2021, le préfet de la Guyane, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 29 juillet 2021.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 21BX03830, le 30 septembre 2021, Mme E, représentée par Me Jouan, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 1er avril 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 2 mai 2019 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer dans l'attente de l'instruction de sa demande, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de procéder sans délai à l'effacement de l'inscription de l'appelante du fichier système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est insuffisamment motivée ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire est privée de base légale en ce qu'elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire illégale ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et celle de ses enfants ;

- la décision est fondée à tort sur les dispositions du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience

Le rapport de Mme D A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E, née le 6 janvier 1972, de nationalité haïtienne, déclare être entrée irrégulièrement en France le 18 mai 2013 et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 janvier 2019, le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un arrêté du 2 mai 2019, le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a fixé le pays de renvoi. Mme E, par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre dès lors qu'elles présentent à juger les mêmes questions, relève appel du jugement du 1er avril 2021 par lequel le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ce dernier arrêté.

Sur la légalité de l'arrêté dans son ensemble :

2. Mme E reprend en appel, sans l'assortir d'arguments nouveaux ou de critique utile du jugement, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinents retenus par les premiers juges.

Sur la légalité de la décision prononçant à l'encontre de Mme E une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :

3. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. L'illégalité de l'arrêté du 22 janvier 2019 par lequel le préfet de la Guyane a obligé Mme E à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ne peut être invoquée, par voie d'exception, à l'appui de conclusions dirigées contre la décision du 2 mai 2019 par laquelle la préfète de la Guyane a édicté à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français qui n'a pas été prise pour son application, la mesure d'obligation de quitter le territoire ne constituant pas davantage la base légale de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire. En outre, la circonstance que, par une ordonnance du 14 mai 2019, le juge des référés a suspendu " l'exécution de l'obligation de quitter le territoire prononcée le 2 mai 2019 à l'encontre de Mme E " dès lors qu'elle n'offrait pas la possibilité à l'intéressée de repartir avec son fils mineur, n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision du 2 mai 2019 prononçant à l'encontre de Mme E une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté du 22 janvier 2019, qui est au surplus devenu définitif, est inopérant.

4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () III. L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. () / Lorsque l'étranger ne faisant pas l'objet d'une interdiction de retour s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative prononce une interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. () / La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

5. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

6. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

7. Pour prononcer à l'encontre de Mme E une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, le préfet de la Guyane a indiqué que l'intéressée qui déclare être entrée irrégulièrement en France en 2013, avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours par un arrêté du 22 janvier 2019 qu'elle n'avait pas exécutée et qu'elle s'était maintenue sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire. En outre, le préfet a précisé la situation personnelle de Mme E, qui est célibataire et mère de deux enfants, et a souligné l'absence de preuve d'une présence stable et ancienne sur le sol français et la faiblesse de ses liens avec la France. En outre, la décision vise les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la décision énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, et alors même que le préfet de la Guyane n'a pas précisé que l'intéressée ne présentait aucune menace pour l'ordre public, il n'a pas entaché sa décision d'insuffisance de motivation.

8. Mme E qui déclare être entrée en France le 18 mai 2013, se prévaut de la présence en France de son frère et de ses deux sœurs qui seraient en situation régulière sur le territoire français ainsi que de ses deux enfants nés le 4 décembre 1999 et le 15 décembre 2004. Toutefois, la seule production d'ordonnances, d'un courrier du centre de sécurité sociale et de résultats d'analyses médicales ne permet pas d'établir la présence permanente sur le territoire français de Mme E depuis 2013. En outre, l'appelante ne justifie pas avoir tissé des liens personnels ou familiaux intenses et stables en France et n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité de son insertion sociale et professionnelle sur le territoire français. Enfin, elle a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 22 janvier 2019 qu'elle n'a pas exécutée. Dans ces conditions, et alors même que la présence en France de Mme E ne représenterait pas une menace à l'ordre public, le préfet a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, prendre à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

9. Contrairement à ce que soutient Mme E, le préfet de la Guyane n'a pas fondé l'interdiction de retour sur le territoire sur les dispositions du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur le III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a fait référence au 3° du II de l'article L. 511-1 que pour caractériser un risque de fuite. Par suite, le moyen tiré de ce que ces dispositions ne pouvaient légalement fonder la décision contestée est inopérant.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Mme E déclare être entrée en France le 18 mai 2013 et se prévaut de la présence en France de son frère et de ses deux sœurs qui seraient en situation régulière sur le territoire français ainsi que de ses deux enfants nés le 4 décembre 1999 et le 15 décembre 2004. Toutefois, l'appelante ne justifie pas d'une insertion sociale et professionnelle particulière en France. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme E n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident selon ses déclarations ses parents et un frère et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 41 ans. En outre, rien ne faisait obstacle à la date de la décision contestée à ce que la cellule familiale composée de Mme E et de ses deux enfants, se reconstitue en Haïti, aucun élément du dossier ne permettant de retenir que l'enfant majeur de la requérante serait en situation régulière ni que l'état de santé du plus jeune des enfants imposerait des soins en France. Dans ces conditions, et compte tenu de ses conditions de séjour, la décision contestée n'a pas porté au droit de Mme E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, l'un des enfants de B E était majeur. Ainsi, Mme E ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de la convention internationale des droits de l'enfant qui définit l'enfant, au sein de son article 1er, comme " tout être humain âgé de moins de dix-huit ans ". Si Mme E fait valoir que son enfant mineur est scolarisé en France et qu'il serait atteint de troubles psychologiques, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce dernier ne pourrait poursuivre sa scolarité en Haïti et que son état de santé nécessiterait des soins qui ne pourraient être délivrés en Haïti. Dans ces conditions, la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire pour une période de deux ans ne méconnait pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 mai 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes de Mme E sont rejetées.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C E et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Elisabeth Jayat, présidente,

Mme Nathalie Gay, première conseillère,

Mme Laury Michel, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La rapporteure,

Nathalie ALa présidente,

Elisabeth Jayat

La greffière,

Virginie Santana

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

2, 21BX03830

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