mardi 28 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX02739 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | GOMOT-PINARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A E épouse B et M. D B ont demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler les arrêtés du 15 février 2021 par lesquels le préfet de l'Indre refusé de délivrer un titre de séjour à Mme E épouse B, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n°s 2100426, 2100427 du 10 juin 2021, le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, Mme E épouse B et M. B, représentés par Me Gomot-Pinard, demandent à la cour :
1°) d'infirmer le jugement du tribunal administratif de Limoges du 10 juin 2021 ;
2°) d'annuler les arrêtés du préfet de l'Indre du 15 février 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de leur délivrer un titre de séjour, à titre principal, sur le fondement des articles L. 313-12 et L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de procéder à une nouvelle instruction de leur situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens lesquels seront recouvrés conformément à la loi sur l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés sont entachés d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen dès lors que le préfet a fait une mauvaise appréciation de leur situation personnelle en recourant à une motivation stéréotypée ;
- le préfet, en suivant l'avis médical de l'OFII alors que cet avis n'est que consultatif, n'a pas opéré sa propre appréciation au regard de la situation personnelle de l'intéressé ;
- l'avis de l'OFII n'est que très général et ne s'attache pas à ces questions ;
- le préfet a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi que l'enfant pourra accéder à des soins efficients dans son pays d'origine ; l'Algérie ne peut être comparée à la France en termes de structures de soins ; la méthode de traitement pour les jeunes enfants atteints d'un diabète de type 1 n'est pas disponible en Algérie ;
- les arrêtés méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2022, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- ce que l'arrêté concernant Mme B est entaché d'une méconnaissance du champ d'application des articles L. 311-12 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce que l'arrêté concernant M. B est entaché d'une méconnaissance du champ d'application du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour ;
- l'irrecevabilité des conclusions des requérants tendant au versement d'une somme au titre des frais liés à l'instance qui ne sont pas chiffrées.
Le préfet de l'Indre a présenté des observations en réponse aux moyens susceptibles d'être relevés d'office, enregistrées le 30 mai 2022.
Mme E épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/017220 du 29 juillet 2021.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/016262 du 29 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E épouse B, ressortissante algérienne née le 31 juillet 1996, et son époux, M. D B, ressortissant algérien né le 27 février 1980, sont entrés en France le 10 octobre 2019 accompagnés de leurs deux enfants. Mme E épouse B a sollicité le 21 août 2020 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'accompagnant d'un enfant malade à raison de l'état de santé de sa fille mineure. Par un arrêté du 15 février 2021, le préfet de l'Indre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du même jour, le préfet a fait obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi. Les époux B relèvent appel du jugement du 10 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la légalité des arrêtés du 15 février 2021 :
En ce qui concerne Mme E épouse B :
2. Aux termes de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, une autorisation provisoire de séjour est délivrée aux parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 () sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée () / L'autorisation provisoire de séjour mentionnée au premier alinéa, qui ne peut être d'une durée supérieure à six mois, est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues au 11° de l'article L. 313-11. () ". Aux termes de l'article L. 313-14 du même code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () "
3. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme E épouse B, le préfet de l'Indre s'est fondé, d'une part, sur les dispositions de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que l'état de santé de sa fille mineure ne remplissait pas les conditions du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ou du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, sur les dispositions de l'article L. 313-14 du même code en retenant que l'intéressée n'apportait aucun élément susceptible de constituer des circonstances humanitaires et ne faisait valoir aucun motif exceptionnel justifiant son admission exceptionnelle au séjour au regard de ces dispositions. Cependant, ni les dispositions de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au bénéfice des parents d'enfants dont l'état de santé répond aux conditions prévues par le 11° de l'article L. 313-11 du même code, ni les dispositions de l'article L. 313-14 du même code qui prévoient la délivrance d'une carte de séjour temporaire à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, ne sont applicables aux ressortissants algériens, dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le préfet de l'Indre a ainsi méconnu le champ d'application de la loi en faisant application des dispositions des articles L. 311-12 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'égard de Mme E épouse B.
4. Cependant, bien que l'accord franco-algérien ne prévoie pas de semblables modalités d'admission au séjour, il ne fait pas obstacle à ce que le préfet, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire, délivre à un ressortissant algérien un certificat de résidence pour l'accompagnement d'un enfant malade. Il appartient à cette autorité, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Or, en l'espèce, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté que le préfet de l'Indre aurait apprécié l'opportunité de régulariser la situation de Mme E épouse B dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire. Dans ces conditions, aucun des motifs retenus n'était de nature à justifier un refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade.
5. Par suite, la décision de refus de séjour litigieuse est entachée d'illégalité et doit être annulée. L'annulation de la décision portant refus de titre de séjour entraîne, par voie de conséquence, l'annulation de la décision faisant obligation à Mme E épouse B de quitter le territoire français et de celle fixant le pays de renvoi.
En ce qui concerne M. B :
6. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; () ". Ces dispositions ne permettent pas à l'administration de se saisir d'office du cas d'un étranger pour lui opposer un refus de titre de séjour assorti d'une décision portant obligation de quitter le territoire français.
7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté n'a pas été pris à la suite d'une demande de titre de séjour. Or, l'arrêté vise le 3 du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, alors qu'il mentionne que M. B " n'a sollicité aucun droit au séjour en France ", indique que l'intéressé ne remplit pas les conditions de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour en France en tant qu'accompagnant d'un enfant malade et qu'il ne peut davantage prétendre à une admission exceptionnelle au séjour au regard de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le préfet de l'Indre doit être regardé comme ayant opposé d'office un refus de titre de séjour à M. B. En prenant une telle décision et en l'assortissant d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet a méconnu le champ d'application des dispositions précitées de l'article L. 511-1 I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français fondée sur ce refus de titre de séjour se trouve ainsi entachée d'illégalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens de la requête, que Mme E épouse B et M. B sont fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. L'annulation de l'arrêté préfectoral du 15 février 2021 concernant Mme E épouse B pour le motif retenu ci-dessus, seul fondé en l'état de l'instruction, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de l'Indre de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt et de la munir, dans cette attente, du récépissé valant autorisation provisoire de séjour prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
10. En l'absence de demande de titre de séjour de la part de M. B, l'annulation de l'arrêté du 15 février 2021 le concernant n'implique pas la délivrance d'un titre de séjour. En revanche, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français entraîne l'obligation de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de délivrer sans délai à M. B une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. La présente instance ne comportant pas de dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent être rejetées.
12. A supposer que les requérants aient entendu formuler des conclusions tendant au remboursement des frais exposés par eux et non compris dans les dépens, de telles conclusions sont, faute d'être chiffrées, irrecevables.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Limoges du 10 juin 2021 et les arrêtés du préfet de l'Indre du 15 février 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Indre de procéder au réexamen de la demande de Mme E épouse B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt et de la munir, dans l'attente, du récépissé valant autorisation provisoire de séjour prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Indre de délivrer sans délai à M. B une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il statue à nouveau sur son cas.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A E épouse B, à M. D B, au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
Mme Nathalie Gay, première conseillère,
Mme Laury Michel, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2022.
La rapporteure,
Laury C
La présidente,
Elisabeth JayatLa greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026