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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX03211

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX03211

mardi 24 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX03211
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantSAINT-MARTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C F, a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour pendant une durée de deux ans.

M. A F a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour pendant une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2101578, 2101579 du 17 mai 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

I/ Par une requête n° 21BX03211, enregistrée le 20 juillet 2021, Mme F représentée par Me Saint-Martin demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 17 mai 2021 du tribunal administratif de Bordeaux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour retard à compter de la notification de la décision à rendre ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous les mêmes conditions et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ainsi que de procéder sans délai à l'effacement de son inscription au fichier Système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente ; la préfecture n'apporte aucun élément de nature à prouver que les personnes dont la compétence est déléguée à Mme B étaient absentes ou empêchées à la date de la signature ;

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en ce que la décision de refus de séjour, qui la fonde, est elle-même entachée d'illégalité ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui la fonde, est elle-même entachée d'illégalité ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

II/ Par une requête n° 21BX03212, enregistrée le 20 juillet 2021, M. F représenté par Me Saint-Martin demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 17 mai 2021 du tribunal administratif de Bordeaux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour retard à compter de la notification de la décision à rendre ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous les mêmes conditions et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ainsi que de procéder sans délai à l'effacement de son inscription au fichier Système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente ; la préfecture n'apporte aucun élément de nature à prouver que les personnes dont la compétence est déléguée à Mme B étaient absentes ou empêchées à la date de la signature ;

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en ce que la décision de refus de séjour, qui la fonde, est elle-même entachée d'illégalité ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui la fonde, est elle-même entachée d'illégalité ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnances du 9 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 avril 2022 à 12 heures.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 juillet 2021 du bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux.

M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 juillet 2021 du bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D E,

- et les observations de Me Saint-Martin, représentant M. F et Mme F.

Considérant ce qui suit :

1. M. F et Mme F, nés en 1977 et en 1990, de nationalité ukrainienne, déclarent être entrés en France en novembre 2017, accompagnés de leurs deux enfants. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 décembre 2018, confirmées par décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 28 juin 2019. Le 29 juillet 2019, ils ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, leur admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du 9 octobre 2019, la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire français. Le 6 octobre 2020, M. F et Mme F ont déposé des dossiers de réexamen de leurs demandes d'asile, qui ont été déclarées irrecevables par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 octobre 2020. Par deux arrêtés du 11 mars 2021, la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et leur a interdit le retour pendant une durée de deux ans. M. F et Mme F relèvent appel du jugement du 17 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les nos 21BX03211 et 21BX03212 sont relatives aux membres d'une même famille et présentent à juger des questions identiques. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés portant refus de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus()". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. Il ressort des pièces du dossier notamment des très nombreuses attestations produites en leur faveur et témoignant de leur capacité et de leur volonté d'insertion, qu'à la date des arrêtés attaqués, M. F et Mme F qui résidaient sur le territoire français avec leurs deux enfants depuis plus de trois ans, s'étaient particulièrement bien intégrés dans la société française notamment dans la commune où ils résident où ils ont noué de nombreuses relations amicales et personnelles, une association d'habitants s'étant d'ailleurs constituée en leur faveur. Il ressort également des pièces produites que les requérants sont particulièrement attentifs à la scolarité de leurs enfants lesquels sont normalement scolarisés depuis leur entrée en France. Au surplus, il ressort également des pièces produites que les requérants n'ont plus d'attache familiale en Ukraine, M. F étant orphelin et le père de Mme F étant décédé en 2019. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la formation et l'expérience professionnelles des intéressés leur permettraient une intégration professionnelle rapide notamment dans le secteur du bâtiment. Au regard de l'ensemble de ces éléments, dans les circonstances très particulières de l'espèce, alors au demeurant que l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe depuis le 24 février 2022 fait désormais obstacle à l'éloignement des ressortissants ukrainiens vers leur pays, les requérants sont fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer un titre de séjour, la préfète de la Gironde a porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises et a donc méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elles emportent sur la situation personnelle des requérants. Par voie de conséquence, les décisions les concernant portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et leur interdisant le retour pendant une durée de deux ans sont privées de base légale.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que M. F et Mme F sont fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

6. En premier lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait intervenu depuis l'édiction des arrêtés attaqués, la délivrance aux requérants d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de délivrer aux requérants une telle carte de séjour temporaire dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et dans l'attente, de les munir d'une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Selon l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. " ; qu'aux termes de cet article du décret : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription.() ".

8. Le présent arrêt, qui annule les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français, implique nécessairement l'effacement du signalement des requérants aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. F et Mme F sont ainsi fondés à demander qu'il soit enjoint sans délai à la préfète de la Gironde de saisir les services ayant procédé à leur signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, en vue de la mise à jour du fichier en tenant compte de cette annulation, laquelle constitue un motif d'extinction au sens de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 précité.

En ce qui concerne les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

9. Les requérants ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Saint-Martin, leur avocat, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Saint-Martin de la somme de 1 500 euros.

DECIDE :

Article 1er : Le jugement 2101578, 2101579 du 17 mai 2021 du tribunal administratif de Bordeaux est annulé.

Article 2 : Les arrêtés du 11 mars 2021 de la préfète de la Gironde sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de délivrer à M. F et Mme F un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et dans l'attente de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Article 4 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de faire procéder, sans délai, à la suppression du signalement de M. F et Mme F aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Article 5 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Me Saint-Martin, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. F et Mme F et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 19 avril 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Evelyne Balzamo, présidente,

M. Dominique Ferrari, président-assesseur,

M. Nicolas Normand, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2022.

Le rapporteur,

Nicolas E La présidente,

Evelyne Balzamo Le greffier,

Christophe Pelletier La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

2, 21BX0321

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